samedi 19 décembre 2009

Chronique de Guy Corneau - La part du soi 2


Chronique de Guy Corneau - Sur le site: Les repères de Languirand

LA PART DU SOI - Accepter et soutenir la tension intérieure induite par le Moi

http://www.repere.tv/?p=3016

Bonne écoute,

Michelle

dimanche 6 décembre 2009

Chaque humain est un livre

"Le trésor du géant" a été écrit par mon grand-père, J.H.H. Lapointe et publié en 1929

"Chaque être humain est aussi un livre, un livre qu'il a lui-même écrit... Mais souvent, quel charabia, quelle cacophonie! Toutes les anomalies et les aberrations sont là. Quand deux de ces livres se rencontrent et s'amourachent l'un de l'autre,ils sont occupés jour et nuit à se lire mutuellement, mais qu'apprennent-ils? L'enfer. Car les humains n'ont pas encore commencé à écrire consciemment leur propre livre... Mais le jour où il seront conscients de la nécessité d'écrire enfin leur propre livre, quand ils se rencontreront, ils seront émerveillés de pouvoir lire les uns sur les autres des signes sublimes: les qualités, les vertus, les dons que chacun aura travaillé à développer en lui-même."
Omraam Mikhaël Aïvanhov - La pédagogie initiatique tome II

samedi 5 décembre 2009

Des yeux vrais


Du jour où tu regardes avec des yeux vrais, il n'est pas une seule chose au monde qui ne soit pleine de sens et n'apporte son message, pas une. C'est comme si tout se liguait pour nous obliger à comprendre.

Le Destin n'est pas fait pour nous écraser ni pour nous punir... il est fait pour nous contraindre à grandir...

Satprem - Par le corps de la terre

dimanche 29 novembre 2009

A la recherche du trésor

Mircea Eliade et Carl Jung - Ascona - 1952
"Le vrai trésor, celui qui met fin à notre misère et à nos épreuves, n'est jamais bien loin, il ne faut pas le chercher dans un pays éloigné, il gît enseveli dans les retraits les plus intimes de notre propre maison, c'est-à-dire de notre propre être. Il est derrière le poêle, le centre donneur de vie et de chaleur qui commande notre existence, le coeur de notre coeur, si seulement nous savions creuser." Heinrich Zimmer

Extrait du livre "Mythes, rêves et mystères", de Mircea Eliade

Mes commentaires: Cette citation fait suite à la narration d'un conte tiré d'un livre de Martin Buber. Ce conte ressemble à l'histoire de "L'alchimiste". Un rabbin fait trois fois un rêve où il trouve sur un pont, très loin de chez lui, un trésor. Il se rend à l'endroit en question et là, interrogé par un soldat, il lui dit le sujet de sa visite. L'autre en rit et lui dit: "Moi j'ai rêvé que je m'étais rendu chez un rabbin du nom de Eisik et chez lui, sous un tas de poussière, derrière le poêle, j'ai trouvé un trésor." C'était là le nom du rabbin en question qui se hâta de revenir chez lui... où il trouva le trésor à l'endroit indiqué par l'étranger. La richesse en Soi! Derrière le poêle, dans la poussière, elle était bien présente mais cachée. Le vieil homme ne l'a trouvée qu'après avoir été confronté à la recherche extérieure et par une action extérieure, alors que bien sûr le trésor niche derrière le poêle, chaleureux coeur de la maison qui effectue la cuisson du pain de vie.

Michelle
14 septembre 1997

dimanche 15 novembre 2009

Chronique de Guy Corneau - La part du soi 1


Première chronique de Guy Corneau sur le site "Les repères de Languirand"
LA PART DU SOI - La psychologie et la quête spirituelle. A la recherche du Soi.
Je suis toujours charmée par la simplicité et la gentillesse de ce thérapeute jungien.

http://www.repere.tv/?p=2207

Bon visionnement,
Michelle

samedi 14 novembre 2009

Ignorance


La plus grande menace qui pèse sur la vie

tant animale qu'humaine

est l'ignorance.

Romain Gary

Et j'ajouterais que l'ignorance de soi est la pire des calamités. Si chaque être humain voulait arrêter de se mentir et de projeter allègrement, inconsciemment, sur le monde extérieur ce qu'il ignore de lui-même, ce serait déjà un bon départ vers un monde plus éclairé et vivant. Je sais que ça ne va pas de soi... quelle curieuse expression! Mais oui, ça va de Soi, ça vient de Soi et le premier pas est simplement de le vouloir sincèrement. Chacun porte en lui sa propre vérité, qu'il est le seul à pouvoir connaître, sa vérité intérieure. Et cette Vérité est reliée harmonieusement avec l'univers.

Michelle

dimanche 8 novembre 2009

Labyrinthe

Labyrinthe de la Cathédrale de Chartres
Extraits à propos du symbole du labyrinthe - Le dictionnaire Marabout des symboles
"Lieu où il est facile de s'égarer, de se décourager, le labyrinthe évoque le désespoir de ceux qui errent sans avoir entendu l'appel intérieur vers la spiritualité ou privés de doctrine extérieure. Il représente aussi la complication, les difficultés et épreuves du parcours initiatique que tout individu doit suivre dans la recherche du Soi, le centre de sa personnalité où s'effectue la seconde naissance. Traditionnellement, le labyrinthe comptait 3 chemins, l'un n'aboutissant nulle part, symbole de l'errance du Fou du Tarot, de l'inconscience; le second comportant de nombreux détours où l'on s'égare, symbole des fardeaux superflus dont nous nous chargeons; et enfin le troisième, conduisant directement à l'extérieur, symbole de la Connaissance directe."

"Sur le plan individuel, le Minotaure du labyrinthe représente les aspects néfastes de notre personnalité, les instincts réprimés et refoulés devenus des complexes paralysants, les scrupules... Tout ce magma épuisant doit être détruit (mis à mort) si l'on veut retrouver ce troisième chemin pavé d'espoir, menant à la liberté et à la réalisation totale. Il suffit de suivre le fil d'Ariane (suivant le mythe, Ariane permet au héros, Thésée, de sortir du labyrinthe après avoir tué le monstre, en lui remettant un écheveau de fil de lin) symbole de l'imagination. Là où nous pensions tuer l'autre, c'est notre propre ego que nous sacrifierons; là où nous pensions cheminer vers un monde extérieur, nous atteindrons le centre de notre propre existence; là où nous pensions être seuls, nous serons avec le monde tout entier."

"Nous rejoignons ici l'idée de la spirale, du mandala, diagramme élaboré autour d'un centre, celui atteint par l'initié."

La sorcière de Portobello - Synchronicité


"Je crois qu’il y a en ce moment un grand conflit entre les personnes qui nient complètement la possibilité de quelque chose au-dessus d’elles, et celles qui croient ; et parmi les personnes qui croient, il existe un conflit encore plus grave, il y a celles qui veulent simplement se rendre à une manifestation religieuse au sens classique de la religion, et celles qui vont à une manifestation spirituelle, et là, finalement, un choc se produit, tout le monde voulant reporter sa responsabilité sur la religion et oubliant sa responsabilité, tandis que l’être humain présent à ce moment-là est responsable de ce monde. Alors c’est ce côté spirituel qui est le fil conducteur de « La Sorcière de Portobello », ou leurs propres conflits dans la quête de ce côté spirituel, et je crois que c’est le mode central du livre."
Ainsi s'exprime Paolo Coelho dans une entrevue au sujet de son livre "La sorcière de Portobello", livre que j'ai lu dernièrement.

Vous trouverez l'entrevue au complet ici: http://www.lasorcieredeportobello.fr/interview_portobello.php

Il m'est arrivé une synchronicité alors que je lisais "La sorcière de Portobello". Ce livre parle d'une femme qui découvre peu à peu ses capacités d'entrer en contact avec la Grand Mère. Sa façon d'entrer en contact est d'agir de façon contraire à son impulsion naturelle. Elle se découvre des dons de guérisseuse, de medium, elle anime des réunions qui deviennent très populaires. Un révérend d'une secte très traditionnelle porte plainte contre elle et ses disciples, disant qu'elle répand des pratiques diaboliques.

Je venais de lire ça, j'étais assise dans le métro, et je me disais que ce sujet rejoignait un texte sur Dieu que je venais d'écrire, quand tout à coup un jeune homme s'asseoit à côté de moi avec une bible des Mormons dans les mains. Il s'adresse à un autre jeune homme qui est assis juste à côté, le salue, et se met à lui parler de Dieu. (J'étais entre les deux, l'un assis à ma droite et l'autre juste en face de moi "de travers"). Le jeune homme l'arrête tout de suite et lui dit qu'il ne croit pas en Dieu. L'autre insiste... poliment son interlocuteur l'arrête. Le Mormon se lève et s'en va. Je n'avais pu m'empêcher de m'exclamer que je lisais justement à propos d'affrontements entre personnes de croyances différentes. Alors le jeune homme m'a parlé un peu après le départ de l'autre, m'a dit que c'était quelque chose, quand même, de pouvoir faire ça, en plein métro, s'adresser à un pur inconnu pour lui parler de Dieu. Il m'a dit que notre vision de Dieu est subjective. C'est bien vrai. Inutile de vouloir convaincre qui que ce soit que c'est notre vision qui est "la bonne". Ce qui est important c'est d'être soi-même, de suivre son intuition et sa propre évolution vers un mieux-être individuel... et collectif!

jeudi 29 octobre 2009

N'a vie que tout

Magie des lanternes, jardin botanique de Montréal, 21 septembre 2009

Le 10 septembre, un mot m'est venu en tête: "Naviktout". J'ai trouvé qu'il ressemblait à un mot en langage Inuit. En le décomposant selon l'usage de la langue des oiseaux, j'ai obtenu ceci: "N'a vie que tout". Et cette phrase, je l'ai comprise ainsi: Rien n'a de vie sans faire partie du tout. N'a vie que le tout, un élément isolé ne pouvant être viable. Et c'est vrai sur tous les plans, tout étant en interaction constamment.

La vie est un TOUT dont rien ne peut être soustrait

et qui est relié en énergie, formant une formidable cohésion:

inséparable vie qui se recrée continuellement!

Michelle

29 octobre 2009

dimanche 25 octobre 2009

Chercheur de vérité


Le vrai chercheur de la vérité
ne cherche jamais la vérité.
Au contraire, il essaie de se nettoyer
de tout ce qui est faux, inauthentique, pas sincère,
et quand son cœur est prêt, purifié,
tout arrive.

Dharmapa

jeudi 22 octobre 2009

Vers la simplicité


"L'homme a plusieurs peaux en lui, couvrant les profondeurs de son coeur. L'Homme sait beaucoup de choses mais il ne se connait pas lui-même. Trente ou quarante épaisseurs de peau aussi dures que celle du boeuf ou de l'ours couvrent son âme. Plonge-toi en toi-même et apprends-y à te connaître." Maître Eckart

Ces paroles de Maitre Eckart me font penser à un rêve que j'ai fait en 1979, alors que mon cheminement venait juste de commencer: Je voulais prendre une douche avant de partir pour le travail. Je commençais à me déshabiller; j'enlevais un vêtement, il y en avait encore un dessous, j'enlevais l'autre, il y en avait encore un, j'enlevais mes bas, il y avait une autre paire dessous; je pensais arriver au bout, et j'avais encore et toujours quelque chose sur le dos. J'avais peur d'arriver en retard au travail, et soudain je me retrouve sur mon lieu de travail, épuisée, incapable de travailler. Un patron vient me demander si je veux aller à l'hôpital. Je dis non. J'ai peur qu'il m'y envoie quand même. Une compagne de travail et amie vient me voir, elle compatit à mon sort et me fait asseoir sur un banc de bois. Des collègues qui m'aiment forment une ronde autour de moi. Je suis un peu gênée et émue. A la fin de la ronde, une petite fille blonde s'avance vers moi, elle dit: "Michelle" et vient me faire un câlin.

Quelques années plus tard, j'ai écrit cette phrase qui résume le sens de mon cheminement: "Ce que je cherche, c'est la simplicité cachée sous la complexité des choses!" Cette simplicité est naturellement celle de l'enfant en nous, qui ne s'embarrasse pas de théories et spontanément s'ouvre à la vie. Mais comme le dit Carl Jung: "La simplicité est ce qu'il y a de plus difficile".

Pourquoi difficile? Comme l'alchimiste de Paolo Coelho, nous cherchons aux antipodes le trésor qui se trouve en nous, dans notre maison; nous encombrons notre vie de méthodes, de principes et de raisonnements, alors qu'il nous suffit d'écouter la petite voix intérieure accordée à notre coeur, qui ne se trompe jamais.

Etienne Perrot écrit: "Cette voie est accessible à tous, riches et pauvres, savants et illettrés, mais pour y entrer il faut abdiquer la rigidité superbe de la raison et de la satisfaction de soi. Jung attestait que les patients qui lui avaient donné le plus de mal appartenaient à la catégorie dite des "intellectuels" pour qui toute expérience, toute donnée vitale peut être convertie, par un tour de passe-passe, en matière de discours et de discussion. Ce à quoi je vous convie est un bain de naïveté, de légèreté, de poésie. Le chant de l'âme profonde est poème."

"L'homme accompli n'est pas pour le monde un roi ou un puissant: il ressemble par plus d'un trait à la violette et au coquelicot." Tendre à la simplicité des fleurs des champs, rien n'est plus efficace pour se rapprocher de soi-même et des autres.

Michelle

P.S. Les citations d'Etienne Perrot sont tirées du livre "La voie de la transformation d'après C.G. Jung et l'Alchimie".

dimanche 18 octobre 2009

Le grand mandala

Un mandala est en train de se tisser, lentement mais sûrement, en nous et entre nous. Il grandit en beauté et en force chaque jour, et bien que jusqu'à maintenant on le voie parfois sous un jour défavorable, en le regardant sous un certain angle, les jours de cafard, je vous assure que, sous tous ses angles, il se construit. Tours sur tours, matière sur matière spirituelle, les bouts manquants se retissent, se refont, aux angles de la vie meurtrie, et chacun tisse avec amour et sans le savoir une petite partie très particulière, un bout de Soi, qui est relié subtilement aux autres vies, formant ce tapis géant sous l'océan.
Je dis tapis, mais vous comprendrez qu'il s'agit d'un "tapis" en trois dimensions, vivant et grandissant, qui est tissé par le présent, sans relâche. Oeuvre vivante qui se crée et se recrée dans un même mouvement familier, et sous des couleurs multiples, dont l'organisation et l'action se faufile dans la trame des émotions. Ce tapis, léger dans toutes ses belles parties, est plus lourd et presque délavé dans certains de ses quartiers. C'est que l'esprit n'y habite plus comme avant, et ce sont ces parties avilies qui rendent tout le tapis lourd et gris, du moins aux yeux aigris, qui portent en permanence des lunettes noircies.
Et la joie, comme un feu de l'esprit, vient s'insinuer dans les replis; c'est elle qui anime le beau mandala-tapis et lui rend son brillant, sa gaité, ses couleurs hardies. Bien plus, la joie imbibe d'une liqueur délicate et savoureuse toutes les fibres du grandiose ouvrage de la vie. C'est sans doute pourquoi, parfois, on se sent libéré comme un oiseau qui se sert du vent comme allié.
Car bien que prisonniers de ce grand mandala qui nous habite, son dessein collectif passionnant et captivant, son but qui ne sera atteint que lorsque chacun aura trouvé le sien, et sa parure qui prend toutes nos couleurs à mesure qu'on grandit, bien que prisonniers, en vérité, je vous le dis, c'est au sein de cet hétéroclite tapis qu'on peut sans contredit jouir de la vie, et libérer en nous tout un monde jadis figé et rabougri.
Allumez chacun la petite lumière de votre vie, pour éclairer la trame collective, l'histoire de nos milliers de vies réunies par un même appel: l'appel d'un vaste mouvement qui sans répit se construit dans la matière animée par l'esprit.
Ce mandala dont je rêve aujourd'hui, il devient visible petit à petit, il embellit, il s'ajuste, il se libère des noeuds dont il était rempli, et il se charge chaque jour de multiples connections qui le rendent plus léger et finement tissé dans les matériaux les plus subtils. L'oeuvre embellit de jour en jour, pendant qu'on le polit et le repolit, ensemble, lui faisant prendre un beau pli vers un destin béni, aux rebondissements infinis!
Michelle
1er janvier 1996

mercredi 23 septembre 2009

Temps vertical

J'ai commencé à composer ce texte à cet endroit que j'aime, au jardin botanique de Montréal

Gaston Bachelard écrit: "Le poète détruit la continuité simple du temps enchaîné. En tout vrai poème, on peut alors trouver les éléments d'un temps que nous appellerons vertical pour le distinguer du temps commun qui fuit horizontalement avec l'eau du fleuve, avec le vent qui passe."

Cette notion de temps vertical me séduit. Spontanément, je l'emprunte pour exprimer la richesse des moments où on goûte la réalité vivante du temps qui passe, l'intensité de chaque instant; un temps qui cesse d'être monotone.

Certains livres nous font ainsi ressentir mot à mot une telle plénitude. Ils sont rares. "L'enchanteur" de René Barjavel a été pour moi un de ceux-là. Savourer page après page et avoir envie que ça n'ait pas de fin.

Tous nos sens nous invitent à vivre le présent, à condition qu'on leur prête attention: regarder (et non seulement voir), écouter (et non seulement entendre), humer, goûter, toucher, nous connecte à la vie qui passe.

Dans la nature, le temps s'arrête, c'est si doux, si bon, si serein, parce qu'enfin, on en fait partie de ce grand oeuvre qui ne se vit qu'au présent et nous touche en profondeur. Ce bien-être, on peut le retrouver aussi dans le quotidien, en se connectant à notre environnement. Arrêter de penser de temps en temps, pour être tout simplement.

Dans la communication avec les humains aussi, parfois, le temps suspend son cours: moments de complicité, quand soudain tout devient si facile, si transparent, ou si intense, si intéressant! Je pense à la première rencontre de Carl Jung et de Sigmund Freud, ils ont parlé pendant treize heures d'affilée sans voir le temps passer, tant ils avaient de choses à se dire.

On peut arriver à ressentir de plus en plus souvent un sentiment de plénitude, dans nos contacts humains quotidiens. On peut le cultiver, en étant présent aux autres, et à l'ambiance. Par exemple, on fait la file, on s'énerve et puis... on se parle à soi-même: "Voyons, calme-toi, observe, et profite de cet arrêt pour être, n'est-ce pas même agréable d'être là, tranquille, en suspens." Le temps devient différent tout à coup, il devient vertical, il passe en prenant son temps. Sinon, au lieu de passer doucement, il nous pousse, nous tire et on ne le vit pas, on le subit!

Quand j'écris, le temps devient vertical. Je ne peux avoir l'esprit ailleurs que sur la page où mon crayon écrit au présent. Des idées viennent, je les couche sur le papier un peu au hasard. Après, je reprends tout autrement. Je biffe, je remplace, je replace, je peaufine, jusqu'au résultat. Une création ne peut se faire qu'au présent!

Créer, ressentir, communiquer, se recueillir, méditer, regarder, écouter, aimer. Au beau milieu du temps, l'esprit s'épanouit quand il est branché sur la vie, sur le moment qui respire maintenant, et se conjugue au présent!

Michelle
23 septembre 2009

samedi 19 septembre 2009

Nos idéaux... nos guides

Photo de la voie lactée, prise par mon frère Gilles le 13 mai 1986

Nos idéaux sont comme les étoiles pour les marins.
Nous ne les atteignons jamais, mais ils nous guident!

Proverbe terreneuvien


samedi 12 septembre 2009

Perfecto mundo


Recherche d'un monde parfait! J'ai d'abord découvert cette expression, "perfecto mundo", dans un livre intitulé "La saison du concours"; un père professeur de kabbale, un fils qui cherche une voie spirituelle hors de la religion juive, une fillette, Elisa, personnage central du livre, qui découvre par son père et ses livres sacrés la vie cachée des lettres et des mots et vit à travers eux une expérience transcendante, et enfin la mère, secrète, effacée, qui au fil des ans, élément par élément, a élaboré à partir d'une foule d'objets subtilisés, un monde étrange et ordonné où elle fuit la réalité, son "perfecto mundo".

Dernièrement, j'ai retrouvé cette expression dans un autre livre: "L'étrange Odd Thomas", de Dean Koontz. Encore une fois, il s'agit d'une mère, une femme fragile qui ne peut supporter les problèmes; elle se réfugie dans son jardin de roses, à l'abri de toutes les vicissitudes, son "perfecto mundo". Elle habite au centre de la vieille ville de "Pico Mundo" (petit monde), où habite aussi son fils Odd, qui dit de sa mère: "Elle ne voulait pas d'amour, ni le mien, ni celui de personne. Elle n'en avait pas à donner en retour. Ma mère ne croit pas en l'amour. L'amour lui fait trop peur, à cause de ce qu'il exige. Elle voulait le bon et l'agréable, des relations légères qui se contentaient de parler de la pluie et du beau temps. Son monde parfait ne comptait qu'une seule habitante!"

Qui n'a jamais rêvé d'un monde où tout se conjugue dans une parfaite harmonie, une paix sans mélange. J'y ai rêvé pendant bien des années! J'aurais voulu éviter tous les problèmes, écarter magiquement les difficultés, tout ce qui m'embarrassait et me faisait peur. J'ai aussi longtemps rêvé qu'un jour, j'arriverais à me sentir toujours à l'aise, jour après jour, sereine, comme il m'est arrivé de le ressentir pendant quelques jours ou quelques semaines, dans un "perfecto mundo" (périodes que Jung appelle inflation). Quel soulagement, quand on se sent complètement à l'abri en Soi, en parfaite harmonie avec la vie!

Mais cette attente de la délivrance nous fige dans le temps, comme l'attente d'un éventuel recommencement du monde, d'un événement ou d'un Être venant nous sauver, d'une aide extérieure, de la date magique où notre monde sera délivré! J'ai fait un rêve un jour où je voyais beaucoup de gens en attente de quelque chose. Leur bagage à côté d'eux, ils étaient prêts, ils attendaient, dans un paysage sombre. Et une jeune fille que je connaissais, Lilia, me demandait: Mais qu'est-ce qu'ils attendent? Je ne lui ai pas répondu, dans le rêve... mais j'ai compris en y repensant, puisque moi-même, comme beaucoup d'autres, j'attendais!

Chacun de nous porte à l'intérieur de soi la clé pour transformer son "pico mundo". Chacun de nous est un petit monde qui ne peut être délivré que par lui-même. Nous aspirons au bonheur, à un monde sans douleur, sans souffrance, un "perfecto mundo", un monde de paix. Si nous voulons le voir éclore un jour, chacun de nous, dans son "pico mundo", a quelque chose d'unique à développer; un petit morceau du grand "puzzle" de l'anima mundi, à découvrir et puis à insérer dans le Tout. Nous seuls pouvons arriver à délivrer cette parcelle de vie unique et originale.

Chacun de nous a pour mission de délivrer son âme des tourments qui l'affligent, avec l'aide de l'anima mundi, Âme du monde, immanente en toute chose. Pour cela, plusieurs moyens sont à notre portée, mais chacun exige une implication personnelle: méditation, travail sur les rêves, écriture, prise de conscience des signes qui jalonnent notre vie, etc. Chacun de nous doit se sauver lui-même, pour qu'au bout du compte l'anima mundi, peu à peu, soit délivrée des maux qui l'enchaînent au coeur de l'humanité. Sur la table d'Emeraude, on peut lire: "Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas". Le macrocosme est comme le microcosme. On ne peut pas changer le Monde, mais on peut changer son petit monde, le libérer, le rajeunir, ce qui aura pour effet de nous rapprocher petit à petit de ce "Perfecto mundo" tant convoité.

Michelle
12 sept. 2009

N.B. Le livre de Myla Goldberg, "La saison du concours", a été adapté au cinéma dans un film intitulé "Les mots retrouvés"
http://www.poesie-amour.com/article957.html

lundi 7 septembre 2009

Bienfaisant silence

Aujourd'hui, j'ai été assaillie par le bruit. Je cherchais un peu de tranquillité, de silence, pour écrire. Pour moi, le silence est précieux, bien plus que la musique. Et voilà que justement, même chez moi, je n'ai pu en jouir comme j'aurais voulu. Je me suis évadée à l'Ile Sainte-Hélène, mais j'ai été envahie par une musique techno qui pollue l'île tous les dimanches (aujourd'hui lundi, c'est la fête du Travail, donc congé au Québec... et cette musique syncopée régnait encore). Dans deux autobus, la radio était forte, et en m'en revenant, en bus encore, une conversation sur cellulaire, la cerise sur le sundae. Je voulais justement écrire pour mon blog... mais je me résigne à vous présenter plutôt un texte qui vient du site d'Ariaga, et que j'ai trouvé il y a deux jours (il n'y a pas de hasard) sur un autre blog. J'haïs le bruit!...

Michelle

http://ariaga.hautetfort.com/archive/2008/06/17/le-bruit-pollution-mentale.html

"Dans une lettre de Septembre 1957, adressée à un professeur de droit qui avait fondé une “ligue contre le bruit” C.G.Jung, âgé de 82 ans, parle de la véritable pollution mentale que représente , pour lui, le bruit. J’ai été frappée par le côté actuel de ses propos, assez virulents, et dont j’aimerais vous donner ici la substance.

Le bruit trouble la concentration psychique nécessaire au travail intellectuel et, pour faire abstraction de ce bruit, on doit faire un effort supplémentaire. Le pire c’est qu’on s’y habitue, comme à l’alcool ou à une drogue et on peut souffrir de cirrhose ou de dépendance mentale. Les enfants sont les premiers touchés. Ils reçoivent trop d’incitation à la dispersion. Ils travaillent dans un bruit subi ou choisi et reçoivent quantité de sollicitations extérieures, ce qui les empêche de réfléchir et de se concentrer pour trouver eux-mêmes des solutions aux questions qui leur sont posées. Pour Jung, et j’ai tendance à croire qu’il a raison, l’homme s’est mis à aimer le bruit parce que le monde est de plus en plus angoissant et que le bruit “empêche cette angoisse de se faire entendre”. Autrefois, les primitifs faisaient du bruit pour chasser les démons. De nos jours, le bruit, comme la foule donne à pas mal de gens un sentiment de sécurité et protège contre les désagréments d’un silence qui pourrait conduire à la réflexion et aussi laisser remonter à la conscience ce qui est enfoui dans l’inconscient. N’importe quel bruit est alors préférable au silence. Comme l’écrit Jung, “Dans ce que l’on appelle de façon significative, “un silence de mort”, on se sent mal à l’aise”. On craint ce qui pourrait venir de l’intérieur et on le combat de l’extérieur. Jung est assez pessimiste sur l’issue de la lutte que mène son correspondant contre la pollution sonore. Voici ce qu’il écrit :

“Avec la lutte si nécessaire contre le bruit, vous vous êtes chargé d’une tâche difficile : certes il serait souhaitable de réduire l’excès de bruit , mais plus vous vous en prenez au bruit, plus vous vous engagez sur le terrain interdit du silence, objet de tant de crainte. Vous ôtez aussi à ceux qui sont sans importance et dont on n'entend jamais la voix l’unique joie de leur existence, et l’incomparable satisfaction qu’ils éprouvent à crever le silence de la nuit avec la pétarade de leur moteur, ce qui leur permet de troubler par un vacarme d’enfer le sommeil de leur prochain. A ce moment-là, ils sont quelque chose dont il faut tenir compte. Le bruit est pour eux une raison d’être et une confirmation de leur existence. Il y a beaucoup plus de gens qu’on ne le soupçonne qui ne sont pas dérangés par le bruit, car ils n’ont rien en quoi ils pourraient l’être ; au contraire, le bruit leur apporte quelque chose.”

Quand je lis cette lettre de Jung je me dis que la vie est mouvement et que nous devons peut-être nous adapter à l’époque dans laquelle nous vivons. Mais dans le cas du bruit, s’agit-il d’une nécessaire adaptation, librement consentie, ou d’une pollution qui est une agression et que nous subissons sans réagir ?"

Ariaga

dimanche 16 août 2009

Citation de Bouddha


Ne crois rien sur l'autorité des maîtres ou des prêtres.
Mais ce qui s'accordera avec ton expérience
et après une étude approfondie satisfera ta raison
et tendra vers ton bien,
cela tu pourras l'accepter comme vrai
et y conformer ta vie.

Bouddha

samedi 15 août 2009

Le 5e règne


Je viens de terminer la lecture d'un livre de Maxime Chattam, "Le 5e règne". C'est un "thriller" qui m'a captivée, je le conseille... à ceux qui aiment ce genre de littérature. Un groupe d'adolescents découvrent un vieux grimoire de magie contenant des informations qui pourraient s'avérer extrêmement dévastatrices si elles tombaient dans de mauvaises mains. Ces ados rencontrent un vieux druide qui les mets au courant de l'histoire du livre et des dangers qu'ils courent... ainsi que l'humanité.

Ce qui m'a intéressée surtout est ce que le vieux druide appelle l'Ora, équivalent du Tao: "Le monde, et l'univers devrais-je dire, sont liés par une énergie extrêmement puissante qui donne sa force vitale à toute chose, son électricité en quelque sorte. Ce fluide immatériel, les druides l'appelèrent l'Ora. L'Ora transite par toute chose, vous connaissez les grands règnes terrestres? L'animal - entendons par là les bêtes -, le végétal, minéral et l'humain. Bien que cette classification ne s'emploie plus beaucoup aujourd'hui je la trouve très juste, très proche de l'Ora. L'Ora est le cinquième règne, celui qui les lie tous entre eux. La force équilibrante et toute puissante de l'univers."

Je crois en cette énergie qui relie toute chose. Un petit pourcentage de personnes sur terre sont assez conscientes pour pouvoir utiliser cette énergie, par exemple se servir de facultés dites para-normales, comme la télépathie pour nommer la plus reconnue et utiliser la pensée comme un outil pour influencer les événements ou les autres humains, par exemple. Dans de bonnes mains, cette énergie est un bienfait, mais dans de mauvaises mains, elle peut devenir une "arme" destructrice incroyable: pensons au révérend Jones par exemple, et au génocide qu'il a suscité, pensons à Hitler... et à tous les énergumènes qui influencent par la force de leur esprit des foules de gens qui les idolâtrent presque.

Nous avons tous accès à cette énergie, plus ou moins selon les personnes et leur degré d'évolution; pas seulement les croyants, pas seulement les mediums, tous nous pouvons arriver à devenir assez conscients (d'abord de soi-même) pour accéder à une plus grande harmonie avec ce que j'appellerai ici le Tao, par souci d'universaliser cette notion en ne la teintant pas de religion. Bien sûr, il faut d'abord y croire, du moins croire que l'univers est beaucoup plus complexe et mystérieux que ce qui est visible à nos yeux, et croire que notre esprit est beaucoup plus que ce dont nous sommes conscients. Là est la pierre d'achoppement de bien des humains dans leur recherche d'un mieux-être: croire en la possibilité d'évoluer, de prendre conscience, croire en des forces de cohésion qui nous surpassent et peuvent nous aider. D'où le besoin de croire en un Dieu, ou en des dieux. Mais ce n'est pas essentiel. Ces forces existent en tout et pour tous!

"Prendre conscience c'est transformer le voile qui recouvre la lumière en miroir."
Tao Te King

Michelle
15 août 2009

dimanche 9 août 2009

Entrée au cosmos


Il y a deux jours, tôt le matin, juste après mon réveil, j'ai entendu ceci: "Entrée au cosmos" et puis m'est venue une image de ce qui m'a semblé être une petite prise de courant. Quelques minutes plus tard, j'ai entendu: "Hop!", une incitation à activer mes neurones pour comprendre? D'abord, je me suis dit que le "au" aurait pu être remplacé par "du", "Entrée du cosmos", mais l'inconscient est toujours précis dans ce qu'il dit alors ... vaut mieux ne pas argumenter, mais plutôt comprendre la nuance. "Entrée AU cosmos" implique l'action d'entrer, contrairement à "Entrée DU cosmos", plus statique. Alors passons... ou plutôt entrons!...
Une prise de courant... le conscient qui se branche. Elle me paraît tellement anodine, cette prise de courant! Elle est blanche, très primaire, sans fioritures, fonctionnelle: humilité, simplicité, ouverture: telles sont les qualités de base qui permettent d'entrer en contact avec le Soi (cosmos), et d'en tirer les bénéfices escomptés. Ça semble minime... oh, c'est bien plus difficile qu'on le croit! Nous avons tous ce qu'il faut pour être branchés sur le Soi, nous sommes tous tout à fait fonctionnels. Ce qui empêche le contact, ou plutôt d'en être conscients, c'est plutôt ce qu'on a en trop. Un travail d'élaguage s'impose alors, vers une plus grande simplicité, une plus grande humilité. Il faut passer par là pour se brancher, donc entrer en contact, prendre conscience.
Cette petite prise de courant toute simple est l'équivalent de l'aiguille rocheuse dont parle Jésus dans la Bible, disant qu'il est plus aisé à un chameau de passer par cette aiguille que pour un riche d'entrer dans le royaume des cieux (royaume qui est en nous, il va sans dire). Le riche en esprit est celui qui traîne avec lui un lourd bagage mental, émotionnel, dont il ne peut se départir, et/ou plusieurs couches d'orgueil et de suffisance qui le confinent à son propre univers.
Donc l'entrée est réduite à sa plus simple anatomie. C'est plutôt rassurant, non? Ce n'est pas compliqué! Et après qu'on soit entré dans cette prise de courant, qu'est-ce qui se passera? Ah ça, le chemin au-delà est différent pour chacun et chacune, à nous de le découvrir à mesure et, pas à pas, d'explorer notre cosmos intérieur et revenir chez Soi.
Michelle
9 août 2009

samedi 8 août 2009

Reflet


J'ai pris cette photo il y a environ trente ans. J'étais en promenade dans la région des Laurentides avec mon ami Steve, qui conduisait, ma soeur Louise et son ami. Je voyais tout au long de la route des paysages se refléter dans l'eau des lacs et j'aurais voulu m'arrêter pour prendre des photos de ces magnifiques reflets. Pas moyen de s'arrêter sur l'autoroute... Grrr, que j'étais frustrée!
Et puis, nous nous sommes arrêtés à une halte routière, pour manger un peu et nous reposer. Il y avait plein de "bibites" qui nous harcelaient. Par dépit, j'attrape mon appareil-photos et je prends un cliché de la végétation se reflétant dans une eau marécageuse bordant la halte... Quelle surprise quand j'ai regardé mes photos par la suite! (ce n'était pas un appareil numérique, j'ai dû les faire développer et attendre une couple de jours). J'y ai découvert un paysage surréaliste que je n'avais pas du tout vu dans cette eau sale.
Voilà à quoi me fait penser cette photo (que je regarde toujours à l'envers, comme elle apparaît ici). Une berge touffue, où on ne distingue qu'un amas de branches, de feuilles, difficile à "démêler" et un ciel blanc. Et pourtant son reflet dans l'eau montre des éléments isolés, bien distincts, et un ciel mauve étrange. La berge: le conscient, son reflet: le Soi. Et l'eau, qui permet au conscient de se mirer: l'inconscient. La plupart du temps, les éléments les plus révélateurs, qui nous permettent d'évoluer quand on en prend conscience, sont de prime abord plutôt rebutants, négatifs. Mais ils recèlent des clés qui donnent accès à nos intimes profondeurs. J'aurais voulu photographier des paysages qui se reflétaient fidèlement dans l'eau calme des lacs: des paysages statiques qui sont magnifiques mais n'apportent aucune surprise. Au lieu de cela, j'ai photographié une eau pas très attirante qui m'a révélé un paysage inattendu, comme sait le faire l'inconscient qui nous révèle les mystères du Soi.
Michelle
8 août 2009

jeudi 6 août 2009

Messages d'espoir

Ce passage du livre d'Etienne Perrot "La voie de la transformation d'après C.G. Jung et l'Alchimie" a été pour moi un constant réconfort sur le chemin de l'individuation.

"Tandis que des êtres mûs par le désir louable de s'affirmer à l'extérieur rencontrent obstacles et revers, on en voit d'autres, paralysés, captivés par l'intérieur et réduits à l'impuissance totale, passer comme par miracle au travers de grosses difficultés, réussir des examens après avoir accepté d'échouer pour se consacrer à ce que leur demandait l'oeuvre, voir leur situation extérieure se stabiliser, s'affermir au prix de hasards incroyables. Si je tiens ce langage, ce n'est évidemment pas pour encourager à la paresse ou à la négligence des devoirs, mais pour rappeler à ceux qui sont engagés dans le labyrinthe et qui en connaissent l'angoisse que des présences secrètes et puissantes veillent sur leur entreprise, car elle importe davantage à l'avenir de l'humanité que l'édification d'une fortune, d'une oeuvre artistique ou littéraire, d'un Empire."

Les paroles de cette chanson de Jacques Michel m'ont aussi accompagnée et aidée à garder espoir:

"Il est long, long, très long, le chemin que j'ai choisi
Il est long, long, si long, qu'il se fond dans l'infini
Il est long, long, très long, le chemin que j'ai franchi
Il est long, long, si long, qu'ils se confond dans l'oubli
Il est long, long, très long, le chemin à parcourir
Il est long, long, si long, qu'il ne semble pas finir
Si je marche depuis longtemps
C'est qu'au bout la joie m'attend
Il est beau, beau, très beau, le soleil qui m'apparaît
Il est beau, beau, si beau que j'avance sans arrêt."
Jacques Michel

dimanche 2 août 2009

Le fil d'Ariane - Projections

"La véritable origine de l'alchimie doit être cherchée moins dans les doctrines philosophiques que dans les expériences que les chercheurs isolés ont faites de la projection. J'entends par là que, pendant qu'il travaillait à ses expériences chimiques, l'adepte vivait certaines expériences psychiques qui lui apparaissaient comme le déroulement propre au processus chimique. Comme il s'agissait de projections, l'alchimiste était naturellement inconscient du fait que l'expérience n'avait rien à voir avec la matière elle-même (ou plutôt avec la matière telle que nous le connaissons aujourd'hui). Il vivait sa projection comme une propriété de la matière. Mais ce qu'il vivait était, en réalité, son propre inconscient. A cet égard, il répétait l'histoire de la connaissance de la nature. Comme nous le savons tous, la science commença par les étoiles et l'humanité découvrit en elles les dominantes de l'inconscient, les "dieux", ainsi que les singulières qualités psychologiques du zodiaque: projection d'une doctrine complète du caractère humain. L'astrologie est une expérience primordiale semblable à l'alchimie. De telles projections se répètent partout où l'homme tente d'explorer un vide obscur qu'il remplit involontairement d'une forme vivante."
Carl Jung, Psychologie et Alchimie

Les humains ont cette formidable faculté de projeter constamment sur le monde extérieur ce qui les habite inconsciemment. Ils l'ont toujours fait, et l'homme moderne n'y échappe pas. Ce qu'il y a de formidable dans la projection, c'est bien sûr la possibilité que nous avons d'en prendre conscience, ce qui nous permet d'intégrer consciemment ces contenus inconscients, ce qui n'est pas chose facile. Maints éléments qui ne pourraient autrement être portés à notre connaissance nous sont ainsi rendus accessibles de différentes façons: par le rêve, bien sûr, qui est une projection de notre monde intérieur sur notre écran psychique. Mais aussi, de mille et une autres façons, dans notre vie quotidienne. Il s'agit de bien observer les liens qui nous relient à notre environnement, et de détecter les indices subtils qui nous mettront la puce à l'oreille. Il s'agit souvent d'une incongruité: par exemple, un préjugé tenace et sans fondement pour un animal en particulier, ou certaines personnalités. Ensuite, il nous reste à explorer ces indices de la manière qui nous convient le mieux. Pour ma part, le média qui m'a permis maintes fois de voir plus loin est l'écriture. Je ne sais pourquoi mais, mon crayon en main, je m'aventure toujours un peu plus loin. Par exemple, quand j'écris un rêve, je pense à des détails et des explications qui ne me viendraient jamais par la pensée seulement. Je ne sais pourquoi, mais je l'ai constaté encore et encore. Je vais vous donner maintenant quelques exemples tirés de ma propre expérience.

Quand j'étais enfant, dans un manuel scolaire sur la bienséance, une image montrait une mère en train d'essuyer le pied d'une fillette. Cette image me mettait mal à l'aise, parce que le pied de cette enfant me paraissait en partie manquant. C'était juste la serviette qui en cachait un bout mais je ne pouvais m'empêcher d'y voir un handicap. Bien des années plus tard, j'ai compris qu'il s'agissait là d'une projection de sentiments d'impuissance, de castration. Les pieds: démarches, avancer dans la vie. De plus, c'est la mère qui tenait la serviette, donc la mère avait un rôle à jouer dans ce problème. Ma mère était une très bonne mère. Elle ressentait ma terreur quand il s'agissait de faire des démarches, de m'expliquer, et très souvent, pour m'éviter cette anxiété, elle le faisait à ma place. Jusqu'au jour où elle m'a dit: Tu es assez grande, tu peux le faire toi-même. Je me souviens encore de mon désarroi! Voilà donc un exemple de l'irruption de l'inconscient dans notre environnement.

Bien sûr, il y a aussi l'animus, complexe autonome correspondant à l'archétype masculin dans la femme. Tant que ce complexe est inconscient, il est projeté soit dans le tempérament de la femme, par exemple par des opinions toutes faites, rigides et non fondées, qu'on clame avec entêtement... Ou encore cet animus est projeté allègrement sur un homme. Et c'est ainsi qu'on "tombe en amour" avec un être qui nous paraît dégager la quintessence de ce qu'on recherche chez un amoureux... sentiment qui se révèle par la suite être une grande illusion, quand la réalité reprend ses droits. Tout ça parce que l'animus, cette dimension masculine si fascinante qui n'a pas trouvé moyen de s'exprimer en soi, est projeté inconsciemment sur un homme qui reflète comme dans un miroir ces qualités qui nous font défaut.

Dans mon cas, j'ai connu ce genre d'amour une fois. Il était sûr et fier de lui, il avait des opinions sur la politique, c'était un beau parleur et, je l'ai compris par la suite, il jouait de son charme pour mieux profiter de ses partenaires. J'ai tout de suite succombé à ce charme, il est venu s'installer chez moi. Au bout de deux semaines environ, je suis tombée de mon nuage, notre vie est devenue un enfer de confrontations sans fin, jusqu'à ce que je monte dans une phase d'inflation: soudain sûre de moi, je lui faisais face ... il s'est sauvé (je ne le blâme pas, il n'est pas le seul à avoir réagi négativement dans ces conditions-là!) et je ne l'ai pas revu pendant plusieurs mois. Quand je l'ai revu, il est revenu s'installer chez moi... mais nous avions peu de contacts, très indépendants. Il ne payait pas sa part. Quand j'ai eu une proposition de co-location avec une amie, j'ai mis mon grand copain à la porte. Il est parti s'établir dans une autre province, alors je ne l'ai vu que deux fois après ce départ.

Malgré moi et malgré son éloignement, j'étais restée sous le charme de cet homme. C'était plus fort que moi. Et ce n'est qu'en 1998, lors d'une visite surprise et alors que je vivais une période très intense dans mon cheminement (une autre période d'inflation mais cette fois-ci beaucoup plus ancrée dans la réalité), que cette projection de mon animus a cessé complètement. Son charme n'opérait plus du tout, au contraire, et il a eu beau me faire des beaux yeux, il ne restait plus rien de la magie du passé. Au cours de mon cheminement, j'avais peu à peu intégré mon animus, j'avais pris confiance en moi, je m'étais fait des opinions solides et bien ancrées, voilà pourquoi j'ai pu finalement me dégager de cette influence.

Je parlais tout à l'heure de préjugés envers certains animaux. Au printemps 96, un matin, en attendant mon autobus, je remarque un oiseau dans un arbre. J'ai toujours eu en quelque sorte un préjugé vis-à-vis des oiseaux. J'avais remarqué en moi une certaine indifférence à leur égard. Dans un zoo, je n'avais pas envie de m'approcher de la section des oiseaux, pourtant je sais qu'il y en a de très beaux. Je ne comprenais pas qu'une personne ait envie d'avoir un oiseau chez elle. Et pourtant j'aime les animaux en général. Alors, ce matin-là, je regarde cet oiseau en me mettant à sa place mentalement, et je ressens son constant frémissement, sa nervosité extrême et je comprends alors que ces défauts qui m'ont tourmentée depuis toujours, la peur, l'anxiété, c'est ce qui me fait voir l'oiseau comme ça; ce n'est qu'une projection qui m'en éloigne. Quelques jours plus tard, j'attends mon autobus avec impatience. En attendant, je vois des petits oiseaux dans l'arbre (le même arbre, juste à côté de l'arrêt d'autobus). Je me dis que ça me donnera le temps de les regarder! C'est ce que j'ai fait. Et à l'autre bout de mon trajet, j'arrivais à pied près du CLSC où je travaille, et, au coin d'une église, juste au carrefour, dans la poussière de la rue, près du trottoir, je trouve un oiseau découpé et très bien dessiné (par une institutrice probablement, c'était près d'une école) un oiseau blanc en papier, un peu sali de poussière. Je le ramasse et je le colle à côté de moi sur mon bureau. En le trouvant, j'ai fait le lien avec les petits oiseaux auxquels j'avais consacré un peu d'attention. La veille, une infirmière qui travaillait avec moi m'avait apporté un T-shirt à elle pour me le donner. Un oiseau et sa cabane sont imprimés dessus. Et en y repensant, je me suis dit que les oiseaux et moi nous avions en commun deux choses positives au moins: le goût du chant... et de s'envoler!

J'ai ressenti pendant un bout de temps un autre préjugé étrange, c'était envers les bébés. Au risque de passer pour quelqu'un de très bizarre, je vous dirai que l'univers des bébés me paraissait démodé et chargé d'odeurs pas très agréables. Je me souviens avoir été interloquée par ces sentiments, dont je ne pouvais me départir. Je n'avais aucune attirance pour ces petits êtres. Et naturellement, il était hors de question que je devienne mère. Peu à peu, ces sentiments négatifs se sont estompés. Mais j'ai gardé le souvenir de cette période où j'avais un préjugé contre les bébés. Et à peu près dans la même période de ma vie où j'ai compris mon préjugé envers les oiseaux, j'ai repensé à ça et me suis exprimée par écrit à ce sujet. J'ai même placé dans mon arbre de Noël, chargé de symboles de toutes sortes, une petite poupée nue, qui venait je ne sais d'où, pour conscientiser ce symbole de bébé. Il m'est alors revenu en tête une fillette de ma famille que je trouvais "bébé", je pensais qu'elle était braillarde, et ne l'aimais pas pour ça. Et comble de malheur, on disait qu'elle me ressemblait! En y repensant, je me suis souvenue de jeux de cartes, où je piquais des rages et pleurais quand mon jeu était dévoilé. Alors j'ai compris le pourquoi de mon préjugé! Le bébé, c'était moi, moi, moi. J'ai toujours été "bébé". J'ai toujours eu des peurs enfantines, j'ai eu beaucoup de difficultés à couper le cordon qui me reliait à ma mère, je me suis sentie plus souvent qu'à mon tour comme une toute petite fille, perdue sans sa maman. Et je n'acceptais pas d'être une enfant, voilà!... Au début des années 2000, je me suis fait dire en rêve: "Comment ça se fait que tu as encore 5 ans!" Maintenant, je l'assume, j'accepte d'être une enfant, avec tout ce que ça comporte: les peurs, la fragilité, mais aussi la joie de vivre, la créativité (au fait, j'ai lu sur un site internet, que ce mot aurait été créé par Carl Jung!!!).

Depuis une couple d'années, j'ai réalisé que quand cet aspect de moi surgit, ce côté bébé, je ressens dans mon visage automatiquement un changement subtil, la résurgence d'une mimique enfantine à peine esquissée, mais que je sais maintenant reconnaître.

Il s'agit de quelques exemples parmi beaucoup d'autres, ceux que je garde en mémoire, qui me reviennent à l'esprit parce qu'ils ont été importants pour moi. Quelle chance d'avoir à notre portée ces indices qui nous permettent de nous reconnaître dans les mille et une facettes du monde qui nous entoure; ce monde dans lequel l'esprit se regarde et peut ainsi réfléchir sur Soi.

Comme le dit Victor Hugo: « Chose inouïe, c’est au-dedans de soi qu’il faut regarder le dehors - le profond miroir sombre est au-dedans de l’homme - là est le clair-obscur terrible... en nous penchant sur ce puits, nous y apercevons à une distance d’abîme, dans un cercle étroit, le monde immense... »

Michelle
2 août 2009

P.S. Au sujet de l'astrologie, j'ai trouvé un article très intéressant:
Science et Astrologie : Une approche Transdisciplinaire par Alain Nègre
http://cura.free.fr/quinq/01negre.html

vendredi 31 juillet 2009

Ti-Jean et le Nifé

Ti-Jean en avait assez de caresser son chat toute la journée; cette vie oisive lui pesait. Il pensa qu’il était temps pour lui de vivre une aventure, advienne que pourra. C’est ainsi qu’un bon matin, il partit sans regret, emmenant le petit animal, qui trotta derrière lui un bout de temps, et un goûter assez consistant qu’il pourrait partager le cas échéant. Ça fait toujours plaisir de donner et ça revient de toute façon, d’une manière ou d’une autre.

Ti-Jean chemina ainsi vers l’ouest, tout droit, traversant des ruisseaux, de belles clairières, mais presque toujours sous les frondaisons de la forêt. Donc, il n’avait pas d’idée, au bout de quelques heures, de l’endroit où il venait d’arriver. Une surprise l’attendait... eh oui! Il rencontra un puits dans cet étrange lieu. Un puits ici? Mais comment est-ce possible? La margelle composait un mur très bas; à vrai dire ce puits semblait servir à des enfants, ou à des nains (ceux de Blanche-Neige peut-être?)

Ti-Jean s’arrêta et s’assit au bord du puits, qui tînt bon malgré son grand âge. Ça faisait très longtemps que le puits attendait Ti-Jean. Il ne pouvait pas le laisser repartir comme ça, alors il lui parla. Il serait plus vrai de dire qu’il s’adressa à ce coeur conscient qui habitait en lui, très profondément. Ti-Jean restait assis, écoutant les rumeurs qui bouillonnaient en lui : Qu’y a t’il donc dans ce puits? En regardant tout en bas, tout ce que je vois, et très loin, ma foi, c’est un petit point rouge éclatant. Mais qu’est-ce que c’est que ce puits aux eaux incandescentes?

Ecoutant son courage, sa volonté et sa grande curiosité, il se mit à descendre : là en-dessous tout en bas, le petit point devint un petit lac. Ti-Jean, tranquillement, descendait. C’était facile, mais très long, ça prenait des précautions. Pas besoin d’échelle, ce puits semblait vivant et des branches portant même quelques feuilles le garnissaient; ses pierres, de différentes grosseurs et disposées judicieusement, permettaient une descente et une ascension sans trop de frictions ni de surfaces trop lisses. Ti-Jean sortit de sa poche une petite lampe, quand il ne vit plus que l’eau rouge tout au fond. Les murs du puits redevinrent visibles, rassurants, avec leurs petites feuilles devenues rouges à cette profondeur.

Quelques heures plus tard, il parvint à un endroit beaucoup plus vaste, creusé dans le roc; le lac rouge était au centre de cette clairière rocheuse étrange, immense, qui l’entourait. Quand ses pieds touchèrent terre, Ti-Jean s’aperçut que sa lampe ne fonctionnait plus. Pourtant, il parvenait à distinguer tous les détails de cette grotte qui semblait lumineuse, d’une coloration fluorescente; différentes teintes se côtoyaient et donnaient à cet endroit une apparence très étrange d’antre de quelques entités surnaturelles. Aucun son, si bien qu’il entendait son propre coeur battre très fort, enfermé mais très vivant, à cet instant. Un étourdissement soudain! L’air est rare ici, tout en bas. Ti-Jean essaie de ne pas avoir peur. Après tout, cet endroit si différent doit avoir des ressources aussi différentes. « Je voulais changer ma routine en aventure, eh bien, voilà!, j’y suis, que faire? En attendant, au bord de l’eau, je m’étends. »

La pierre lui sembla chaude sous son corps fatigué. Ça le surprit d’abord, mais il se dit ensuite qu’il avait descendu si longtemps qu’au lieu de la froideur attendue, il avait trouvé un endroit où la chaleur, doucement diffusée, provenait d’un noyau dont on lui avait parlé à l’école: le coeur de la terre en somme, le centre rougeoyant et en fusion de cette bonne vieille terre qui nous porte sur ses formes rondes. Ce coeur ardent composé de nickel et de fer, on l’a appelé « NIFE » (Ni-Fe).

Qand il comprit cela, Ti-Jean fut très surpris. Il s’endormit doucement dans la chaleur du ventre de la terre qui le portait avec précaution, cet être jeune et si vivant, profondément endormi, détendu et charmant, qu’elle tenait enfin entre ses flancs!

Ti-Jean dormit pendant longtemps. Il rêva d’abstraites formes qui le berçaient et, changeant constamment, lui révélaient des principes inconnus jusqu’à maintenant. Une lourdeur soudaine s’emparait de lui et il sentit l’approche parmi ces formes d’une vague grossissant peu à peu et mugissant dans ses oreilles, une vague très chaude, qui emplit toutes ces formes de son bouillonnement bruyant. Puis cette vague se retira, laissant là de drôles de vibrations, provenant de l’eau qui, passant par là, avait changé les abstraites équations, en formant de nouvelles harmonisations.

Ti-Jean se réveilla rempli d’un sentiment de satisfaction. Les aventures de la nuit sont parallèles à celles du jour, elles suivent la même trace d’une autre façon. Et ce rêve lui donnait l’espoir d’un changement profond. Il bailla. Il chanta quelques notes qui se répercutèrent et lui revinrent comme s’amplifiant d’elles-mêmes plusieurs fois avant de s’éteindre. Ti-Jean s’est dit qu’on pouvait composer ici les plus belles mélodies, simplement en improvisant quelques accords et en attendant la symphonie, composée par la grotte sans nom.

Ti-Jean pensa qu’il devrait lui trouver un nom... puis il pensa qu’il avait grand faim. Et il sortit de sa besace un morceau de pain, du fromage et des fruits, et un bon morceau de chocolat avec ça. Il mangea avec un bel appétit.
Puis il prit le temps de se recueillir en lui-même, cherchant comment conclure cette aventure. La grotte le fascinait, elle était si grande et mystérieuse, mais le lac était ce qui l’attirait le plus. Et sans attendre, il y plongea et vit que ce lac était comme un immense entonnoir. Sans hésiter et sans penser à la mort qui le guettait peut-être, il se dirigea en nageant tout au fond et s’engagea dans un tunnel très étroit. Il avait peur, il pensait que sa situation était celle d’un enfant qui s’apprête à naître. Et dans un dernier effort pour sortir de ce terrible endroit, il se propulsa malgré la chaleur accablante encore plus loin. Un étau se resserre, « Ah, mon Dieu! Aidez-moi ». Puis c’est l’aveuglement total, Ti-Jean perd pied, un tourbillon l’emporte avec frénésie toujours plus bas. AH!.......................... ». Sa conscience perd le fil et c’est très bien comme ça. Enfin, il est coupé, ce fil qui nous relie à notre réalité, celle d’où l’on ne peut pas se réveiller. En se propulsant au coeur de la terre, Ti-Jean, rempli de chaleur et de bonnes intentions, a laissé une longue trace de vie tout au long des artères, s’introduisant, prolongeant l’intrusion dans le NIFE, qui se trouve imprégné de la substance si essentielle qu’on trouve au fin fond de tous les humains, cette essence de vie qui surgit au-delà des murs qu’on se construit.

Ce fut un enfantement, pas celui de Ti-Jean, mais celui de la terre. Dans la nuit, l’occasion lui a été fournie de lier son coeur à celui de la terre. Ce fut un beau délire où la terre et Ti-Jean ont joui d’être unis, leurs deux coeurs battant avec fracas, en recomposant la vie et le temps autrement!

Michelle 10 septembre 1994

jeudi 23 juillet 2009

Le fil d'Ariane - Synchronicités

Ma vie a été parsemée de synchronicités, ces coincidences porteuses de sens, petits clins d'oeil de la vie, magie souvent teintée d'humour et de sagesse. Ça vaut la peine de s'y arrêter pour en jouir ou réfléchir... En voici quelques-unes qui me sont arrivées comme autant de petits messages d'espoir!

En 1979 probablement, j'avais un calendrier où s'inscrivait une citation sur chaque page, qui durait deux semaines. Un jour, j'ai voulu voir d'avance la phrase sur la prochaine page, ce qui n'était pas dans mes habitudes. Alors, un peu avant, j'ai ouvert sournoisement la page pour découvrir ceci: "Prends exemple sur la nature, son secret est la patience."

Quand en 1981 je suis tombée en amour avec Michel, que je connaissais depuis plusieurs années, j'étais un peu ambivalente tout de même, je venais de vivre une séparation. Nous allons faire l'épicerie ensemble, et Michel voit une petite roulette tranchante qui sert à couper la pizza. Il se met à insister pour que je l'achète... je ne comprends pas pourquoi, alors je lui dis "non" tout en me demandant ce qui lui prend. Je me dis que quand on achète une pizza, elle nous arrive déjà coupée! Mais le soir même, je me commande une pizza: elle n'était pas coupée, celle-là. Pour moi, cette synchronicité a été un signe qui a tranché mon ambivalence.
De plus, pas longtemps après, Michel et moi nous avons fait un rêve sur le même thème: le Titanic. Le lendemain, le vieux film du Titanic passait à la télévision, c'est alors que moi et Michel nous sommes exclamés: J'ai rêvé à ça, j'ai rêvé au Titanic. Vous me direz que cette fois ce n'était pas un très bon présage... en effet, ce "voyage" a dû tourner court, puisqu'au bout de 21 ans de vie commune, Michel a été obligé de partir de la maison. Il n'est pas loin mais il ne peut plus habiter avec moi, et ça lui brise le coeur.

M'apprêtant à laver mon plancher après avoir beaucoup attendu, je balaie sous la table et trouve un petit papier où est écrite cette citation: "L'oisiveté est comme la rouille, elle use plus que le travail." (J'ai collectionné ces petits papiers pendant un temps, ce n'est donc pas surprenant que j'en aie trouvé un par terre, mais le message...!) - J'échappe une "can" de conserve à terre; c'était bruyant. Sur le journal, le mot Vazimolo me saute aux yeux!

Un jour, j'ai trouvé sur le plancher d'un train de métro une brochure salie et déchirée à propos de l'arche de Noé, que j'ai ramassée et rafistolée. Le samedi suivant, je veux lire dans la bible certains détails de cette histoire de Noé qui m'intriguent, à propos d'ivresse. Je m'installe à ma table de cuisine. Le soleil, derrière moi, sort soudain d'un nuage et passant à travers un appliqué dans ma fenêtre représentant l'oiseau à la branche d'olivier et l'arc-en-ciel de l'histoire de Noé, justement, est venu projeter sur ma page, juste à côté des paroles de Dieu au moment où je lisais: "Ceci est l'arc de l'alliance...", des couleurs d'arc-en-ciel. Stupéfaite et emballée, j'y ai vu un beau symbole d'espoir.

En novembre 99, durant un dîner sur mon lieu de travail, un médecin a parlé de la Vierge Marie et de la question de sa virginité, et un autre médecin a répondu que si on pouvait rester vierge, comme la légende le dit, en concevant, il était impossible de le rester en donnant naissance. Le lendemain, j'entends le prénom Virginia deux fois en trois minutes, coup sur coup. Et le surlendemain, je vois une affiche sur le programme "Virginie", et à la télé passe l'ouverture de l'émission Bonanza où on peut voir sur une carte les mots "Virginia city" avant qu'elle brûle. Ça fait beaucoup de vierges en peu de temps, alors ça m'intrigue, et je regarde dans mon dictionnaire de symboles. En voici quelques extraits: "L'état virginal signifie le non-manifesté, le non-révélé" "La Sagesse fait allusion à l'oiseau survolant les eaux primordiales. Il s'agit du tohu-bohu qui ne signifie pas le désordre mais l'absence de forme. Ces eaux virginales deviendront fécondes, c'est à dire pourvues de vie, grâce à cet oiseau (Esprit-Saint, Sagesse, Vierge) qui semble les couver, les révéler, les manifester."

Quelques jours plus tard, j'entends le nom "Washington". Intriguée, je regarde dans le Larousse: (Je manque de connaissances en histoire)

"George Washington: (Comté de Westmoreland 1732, Virginie (Revoilà la virginité) - Mount Vernon 1799) Homme politique américain. Riche propriétaire, représentant de la Virginie aux Congrès de Philadelphie..."

Les connaissances de l'inconscient collectif sont étonnantes! Voilà pourquoi, quand j'entends un mot ou un nom qui ne me dit rien au premier abord, je fouille toujours un peu plus loin, et souvent j'apprends quelque chose d'intéressant et/ou qui alimente ma réflexion.


Quand j'achète un cahier d'écriture, je le choisis avec soin, ou s'il est de couleur unie, sans image sur la couverture, je le décore moi-même. En juin 1999, j'ai collé sur un nouveau cahier un globe, genre de biosphère avec les mots "Un monde à explorer", et aussi Saturne et autres objets célestes. Et tout au long de ce cahier, il m'est arrivé des synchronicités et des images mentales à propos du soleil, de la terre (globes terrestres), de la lune (en juillet, je parle de l'anniversaire de 30 ans depuis que l'homme a marché sur la lune), des étoiles, d'une comète. Ce cahier m'a fait faire un tour d'univers.

Le 24 février 2009, je venais de prendre connaissance la veille d'un subpoena qui nous inculpait, Michel et moi, et nous demandait une somme astronomique en dommages et intérêts. Nous étions hors-la-loi, et le bras de la justice venait de trancher. Voici ce qui m'est venu à l'esprit - je cite textuellement ce que j'ai écrit dans mon cahier à ce moment-là:
"J'ai vu un grand rocher et/ou une montagne. Le haut de cette montagne était un indien. Je voyais sa silhouette avec deux tresses, en-haut de la masse, qui se déplaçait. Déplacer les montagnes!.. Et une voix a dit: "Les lois elles-mêmes". - Les lois elles-mêmes peuvent être déplacées? - A propos du rocher-indien, les indiens d'Amérique ont justement d'autres lois que les nôtres. Mais ils ont été obligés de se limiter à ce que les blancs leur ont attribué comme territoire. Par contre, ils sont "outlaw" par rapport à nous, ne paient pas de taxes. Ils ont leurs propres lois." Le jour même où j'ai vu cette image et entendu ces mots, dans la salle à manger au CLSC où je travaille, je trouve sur une table un signet où était écrit ceci: "La foi - Jésus dit: "Je vous le déclare, c'est la vérité: si vous aviez de la foi gros comme un grain de moutarde, vous diriez à cette colline: "Déplace-toi d'ici à là-bas", et elle se déplacerait. Rien ne vous serait impossible." Matthieu 17.20b Et je commente ainsi: "Quelle belle synchronicité, remplie d'espoir."

Quelque temps après, nous sommes en attente après que Michel ait fait une demande de révision. Je perds ma passe mensuelle d'autobus à la station Berri (qui est une station de métro centrale à Montréal). Comme elle coûte environ $100.00, je m'en mords les doigts. J'ai inscrit mon téléphone derrière la carte. Je reçois un appel d'un monsieur qui m'annonce que sa fille a trouvé ma carte à Berri. Ouf! Je m'informe de l'endroit où ils habitent, c'est dans le quartier où je travaille. Et puis, quand je lui dis que je travaille au CLSC, il me dit: "Attendez, je pense que ma fille doit justement aller au CLSC demain matin pour des prises de sang!"... Il s'informe et c'était vrai! Wow, quelle chance! Le lendemain la jeune fille, toute timide, est venue me porter ma carte, je lui ai donné une chandelle parfumée et une carte la remerciant d'avoir été un ange sur mon chemin. Cette synchronicité, doublée de celle du rocher-indien, m'a donné espoir que la vie et le temps arrangent bien les choses. Et c'est bien ce qui s'est passé... Nous avons eu une rencontre de conciliation, ça s'est très bien passé, et le montant de la dette a considérablement diminué... assez pour que je n'aie pas de crainte pour l'avenir.

Et comme dessert, voici une synchronicité qui m'est arrivée le 19 juillet dernier. J'ai regardé comme je le fais presque tous les jours les Ephémérides d'Alcide, pour savoir les événements qui étaient arrivés un 19 juillet. Il disait que la Pierre de Rosette avait été trouvée le 19 juillet 1799. Je ne connaissais pas cette pierre. Le même jour, dans mon livre de science-fiction "Le triangle à quatre côtés" de William Temple, on parle aussi de cette Pierre: Rosetta Stone. Alors, j'ai cherché sur Internet, et j'ai découvert que sur cette pierre est gravé le même texte en trois langues: en hiéroglyphes (langue des dieux en Egypte), en démotique (langue populaire) et en grec. Elle permit à Champollion, en 1822, de déchiffrer le langage des hiéroglyphes, qui ressemble au principe de la langue des oiseaux. Les dessins forment parfois des rébus dont le sens devient clair quand on prononce les mots correspondants.
http://www.radio-canada.ca/actualite/decouverte/reportages/2004/05-2004/16rosette.html

Je vous invite aussi à lire deux articles de mon blog qui parlent d'autres synchronicités qui me sont arrivées:
http://le-chemin-au-dela.blogspot.com/2009/06/les-elephants.html
http://le-chemin-au-dela.blogspot.com/2009/05/synchronicite-et-dialogue-entre-le-bien.html

La vie réserve de bien belles surprises à celui qui entreprend la plus belle aventure qui soit, un chemin à nul autre pareil, jalonné de points de repères pour celui qui a l'esprit ouvert!


Michelle
23 juillet 2009


P.S. Suite de la dernière synchronicité mentionnée ici: Aujourd'hui 24 juillet, je suis en train de lire "K-Pax"; dans l'épilogue on parle d'un texte de Hamlet traduit en Pax-o (langage fictif de la planète K-Pax) qui a servi de Pierre de Rosette pour déchiffrer le rapport de "prot" à propos de la Terre.

Ephémérides d'Alcide: http://www.lessignets.com/signetsdiane/calendrier/index.htm

Graine de soleil


Enveloppée dans une graine

la substance vivante et puissante du soleil

au-delà de l'ennui

dort d'un sommeil subtil

l'oeil grand ouvert au milieu du coeur.



Michelle

Juin 1984

dimanche 19 juillet 2009

Narcisse réhabilité

Extraits du dictionnaire des symboles, de Laffont

NARCISSE

"Les philosophes (L. Lavelle, G. Bachelard), les poètes (Paul Valéry) ont longuement étudié ce mythe, interprété généralement de façon un peu simple. L'eau sert de miroir, mais un miroir ouvert sur les profondeurs du moi: le reflet du moi qu'on y regarde trahit une tendance à l'idéalisation. Devant l'eau qui réfléchit son image, Narcisse sent que sa beauté continue, qu'elle n'est pas achevée, qu'il faut l'achever. Les miroirs de verre, dans la vive lumière de la chambre, donnent une image trop stable. Ils deviendront vivants et naturels quand on pourra les comparer à une eau vivante et naturelle, quand l'imagination renaturalisée pourra recevoir la participation des spectacles de la source et de la rivière.

G. Bachelard insiste sur le rôle de ce narcisse idéalisant. Cela nous semble d'autant plus nécessaire, écrit-il, que la psychanalise classique paraît sous-estimer le rôle de cette idéalisation. En effet, le narcissisme n'est pas toujours névrosant. Il joue aussi un rôle positif dans l'oeuvre esthétique (notamment)... Elle peut être une sublimation pour un idéal. Cette idéalisation se lie à une espérance, d'une telle fragilité qu'elle s'efface au plus léger souffle."

"Le moindre soupir
Que j'exhalerais
Me viendrait ravir
Ce que j'adorais
Sur l'eau bleue et blonde
Et cieux et forêts
Et rose de l'onde."
Paul Valéry, Narcisse

"A partir de ces vers et de l'étude de Joachim Gasquet, G. Bachelard découvre également un narcissisme cosmique: c'est la forêt, le ciel qui se mirent dans l'eau avec Narcisse. Il n'est plus seul, l'univers se reflète avec lui et l'enveloppe en retour, il s'anime de l'âme même de Narcisse. Et comme le dit J. Gasquet: Le monde est un immense Narcisse en train de se penser. Où se penserait-il mieux que dans ses images? demande G. Bachelard. Dans le cristal des fontaines, un geste trouble les images, un repos les restitue. Le monde reflété est la conquête du calme."

Locomotives et trains

Beaucoup de symboles m'ont suivie tout au long de ma vie, me parlant différemment suivant les événements. Comme par exemple les trains, et particulièrement les locomotives: symbole de l'énergie dynamique qui nous entraîne dans l'évolution de notre vie. Le train est plutôt un symbole de notre vie sociale, alors que l'automobile et surtout la bicyclette, moyens de transport individuels, représentent l'autonomie.

A l'école, à la fin de ma 1ère année (donc à l'âge de 7 ans), je me souviens avoir écrit le mot "locomotive" dans mon cahier, en l'étirant exprès pour essayer de rejoindre l'autre côté de la page. Quand j'étais enfant, nous avions un disque (vinyle bien sûr) de "Puff'n Toot", c'était l'histoire d'une petite locomotive qui rencontrait sur son chemin des obstacles, entre autres une vache couchée sur la voie, et surtout une montagne qu'elle a réussi à franchir après beaucoup de ténacité et d'efforts. J'aimais beaucoup cette histoire, qui me parlait symboliquement.

Devenue adolescente, j'ai souvent fait le même cauchemar: J'essayais de traverser une voie ferrée qui se trouvait sur une butte (c'était un endroit familier près de chez moi, parfois difficile à traverser l'hiver, à cause de la glace). C'était la nuit, et je restais figée sur la voie ferrée, incapable de bouger de là. Et je voyais de loin venir vers moi la grosse lumière d'une locomotive. J'étais terrorisée! Je pense que cette peur représentait en partie ma peur de la sexualité, donc des garçons, mais probablement aussi de ma libido en général, ma propre énergie. Dans le même temps, je rêvais aussi que je me mariais, et que j'avais peur de la nuit de noces...
Je n'écrivais pas mes rêves dans ce temps-là, alors je n'ai pas de moyen de réviser mes souvenirs.

Ces cauchemars peu à peu se sont transformés en rêves plus sereins. J'arrivais à m'échapper de la voie et je regardais passer le train juste à côté de moi. Puis un jour je suis montée à bord de ce train... Et quand à l'âge de 20 ans, j'ai quitté le domicile familial pour habiter en appartement et commencer une vie plus autonome, j'ai fait ce rêve encourageant: J'étais dans un train qui roulait, dans la locomotive, plus précisément. Je m'aperçois qu'il n'y a pas de conducteur. Je m'approche du tableau de bord et réalise que les instructions sont très simples. Alors, je conduis la locomotive. Et ensuite, je vois plusieurs images de suite où un ruisseau devient plus large, puis devient rivière, et fleuve... l'eau remplit ensuite entièrement l'écran de mon rêve. Quel bel encouragement pour l'avenir!

Michelle

P.S. Fait intéressant et cocasse, j'ai su dernièrement que le train qui passait sur cette voie ferrée et qui me faisait si peur quand je le voyais se diriger vers moi, transportait des jeunes garçons qui le prenaient pour se rendre à l'école des garçons, située pas loin de l'école des filles que je fréquentais. Et mon "chum" Michel, mon amoureux fidèle, voyageait dans ce train. Donc, il y avait beaucoup de libido là-dedans, des adolescents fringuants!

vendredi 17 juillet 2009

Individu - individualité - individuation

Extraits du livre "Types psychologiques" de Carl G. Jung - Dernier chapitre: Définitions

INDIVIDU

L’individu est l’être pris à part; l’individu psychologique est caractérisé par sa psychologie singulière et, jusqu’à un certain point, unique en son genre. L’originalité de la psyché individuelle se reconnaît moins à ses éléments qu’à ses productions complexes. L’individu, l’individualité psychologique, existe inconsciemment a priori; elle n’existe consciemment que dans la mesure où le sujet a conscience de son originalité, c’est-à-dire de ce qui le distingue d’autrui. L’individualité psychique est une donnée corrélative de l’individualité physique; mais, comme je l’ai déjà dit, elle est tout d’abord inconsciente. Un processus conscient de différenciation, l’individuation, est nécessaire pour rendre consciente l’individualité, autrement dit, pour la faire ressortir de l’identité à l’objet. L’identité à l’objet équivaut pour l’individualité à l’inconscience; or tant qu’elle est inconsciente, il n’y a point d’individu psychologique mais une simple psychologie collective du conscient. L’individualité inconsciente est alors identique à l’objet, elle est projetée sur lui; par suite, l’objet a une valeur exagérée et son influence déterminante est trop puissante.

(J'ajouterais que ce processus d'individuation est un processus naturel, et je pense que pour certaines personnes cette conscience d'eux-mêmes est innée; je pense notamment aux enfants Indigo. Michelle)

INDIVIDUALITÉ

C’est l’originalité et la particularité de l’individu sous tous les rapports psychologiques. Est individuel tout ce qui n’est point collectif, ce qui n’appartient qu’à un seul et non à un groupe. On ne saurait parler de l’individualité des éléments psychologiques, mais seulement de celle de leur groupement, ou d’une combinaison d’éléments originale et unique en son genre.

INDIVIDUATION

Le concept d’individuation est particulièrement important en psychologie analytique. Généralement parlant, c’est le processus de formation et de particularisation de l’individu ; plus spécialement de l’individu psychologique comme être distinct de l’ensemble, de la psychologie collective. L’individuation est donc un processus de différenciation qui a pour but de développer la personnalité individuelle. Cette individuation est une nécessité naturelle, puisque l’entraver par des réglementations rigides ou même exclusives, selon des normes collectives, porterait un grave préjudice à l’activité vitale de l’individu. Or l’individualité est déjà donnée physiquement et physiologiquement ; de là découle son expression psychologique correspondante ; entraver son développement équivaut à estropier artificiellement le sujet. Or un groupe social composé d’unités estropiées ne pourrait être une institution sainte ni viable ; seule la société qui peut à la fois conserver sa cohésion intime, ses valeurs collectives et accorder à l’individu la plus grande liberté possible peut espérer une vitalité durable ; l’individu n’est pas seulement unité, son existence même présuppose des rapports collectifs ; aussi le processus d’individuation ne mène-t-il pas à l’isolement, mais à une cohésion collective plus intensive et plus universelle.

Le processus psychologique d’individuation est étroitement lié à la fonction dite transcendante qui détermine les lignes individuelles de développement que l’on ne saurait atteindre par la seule voie des normes collectives...

L’individuation est toujours plus ou moins en opposition avec la norme collective, puisqu’elle est séparation et différenciation de l’ensemble, formation de l’originalité, non d’une originalité recherchée, mais de celle qui est donnée à priori dans la disposition du sujet. Cependant son opposition à la norme collective n’est qu’apparente : à y regarder de plus près, on remarque que le point de vue individuel n’est pas opposé à la norme collective ; il a simplement une autre orientation. D’ailleurs, une voie individuelle ne peut à vrai dire jamais s’opposer à la norme collective ; seule une autre norme pourrait le faire. Or une voie individuelle n’est jamais une norme ; celle-ci est toujours le résultat de l’ensemble des voies