dimanche 21 juin 2009

Les éléphants

Parmi tous les symboles qui m'habitent, il y en a un qui revient constamment, c'est l'éléphant. Quand j'étais enfant, j'avais parmi mes jouets un petit éléphant jaune que j'affectionnais particulièrement. Je l'ai encore!
Un de mes premiers dessins montre la tête d'une fillette coiffée d'un bonnet orné d'une trompe d'éléphant.

Au début des années 80, j'ai vécu une synchronicité toute une journée: J'ai d'abord rêvé à un éléphant tout rabougri et triste, dans mon salon obscur aux rideaux fermés. Au cours de la journée, au C.L.S.C. où je travaille, je vois deux enfants, séparément, ouvrir un cahier à colorier et se mettre à colorier un éléphant. Je vois aussi un poster avec un éléphant. Enfin, le soir venu, je raconte à mon chum, Michel, mon histoire d'éléphants. Nous regardons un film, dans la soirée. Un camion transporte quelque chose vers la frontière. Le conducteur et celui qui l'accompagne, après des kilomètres sans savoir ce qu'ils transportent, ouvrent les portes... c'est un éléphant femelle qui vient de donner naissance à un éléphanteau. Et pendant ce film, deux annonces publicitaires, dans l'une un éléphant, dans l'autre, sa trompe. Je vois encore quelques éléphants les jours suivants. Puis un matin, une image dans ma tête, un éléphant, venant des Etats-Unis, doit passer la frontière, pour entrer au Québec. Mais l'entreprise paraît très compliquée. Ça m'intrigue de plus en plus, cette histoire d'éléphants.

Alors, je pense à tout ça: les Etats-Unis, un pays dont j'ai juste frôlé la frontière et les côtes, c'est l'inconscient? Le Québec, mon pays, c'est ma conscience. Une masse énorme doit traverser la frontière, énorme et pesante, presque impossible à bouger. Une énergie intérieure serait-elle en passe de devenir active? Dans mes dessins, souvent revenaient des personnages sans bouche, sont-ils donc incapables de communiquer? Ce que j'étais presque incapable de partager pour le moment, c'était ma créativité: mes dessins, mes textes, mon travail dans mon coin, sans autres yeux et oreilles que ceux de mes amis, pas toujours très présents. Depuis quelque temps, je commençais à m'intégrer à un groupe d'entr'aide, ressource alternative en psychiatrie. Peu à peu, je me fais une place à moi, mais j'ai très souvent peur du jugement des autres, de mon incapacité, de mes coups de tête, suivis de chutes dans l'ennui! Enfin s'est présentée, sans que je l'aie préméditée, une occasion de participer plus activement à la vie du groupe: l'animation d'un atelier d'écriture. Ce fut un tremplin merveilleux, les idées de thèmes se sont mises à affluer, mon enthousiasme débordait, wow, quelle belle montée d'énergie. Cette expérience, en plus de me permettre de partager ma créativité et attiser celle des autres, m'a apporté bien plus; elle m'a permis de mieux connaître mes possibilités et mes limites, de me sentir utile et appréciée.

Et puis, au fil des années, j'ai continué à rencontrer régulièrement, en rêves, en images psychiques, en synchronicités, des éléphants ou des parties d'éléphants. Tous ces éléphants sont bien différents les uns des autres, chacun reflétant un aspect différent de moi, l'éléphant du moment présent!

Dans son livre "Le test de l'arche de Noé" (que je vous recommande chaudement), Georges Romey nous parle ainsi de l'éléphant:
"Dans l'éléphant, nous reconnaissons à la fois notre force et notre prison." "Ceux qui font surgir l'éléphant dans leur test * sont sans doute ceux qui, dotés d'élans plus intensifs que d'autres, peut-être d'une sensibilité plus aiguë, ressentent plus cruellement aussi les limitations de leurs possibilités d'expression." "Lorsqu'il veut évoquer le cas d'une personne hypersensible, le langage usuel dira qu'elle a "les nerfs à fleur de peau". Aussi l'éléphant va-t-il présenter à celui qui souffre d'une sensibilité trop vive, l'image de l'état d'apaisement dont il rêve... Quelle promesse pour celui ou celle qui vibre à la moindre excitation du monde extérieur que cette épaisse cuirasse à l'abri de laquelle doit se tenir la paix... A l'inverse il pourra signer l'état d'une mentalité lente, peu excitable et se servant du pachyderme pour expliciter sa pesanteur. Il va sans dire que le choix entre ces deux hypothèses est facile lorsqu'on a un contact - même bref - avec la personne en cause." "L'éléphant va traduire la situation d'une psychologie gênée par un complexe mais peut-être plus encore la conscience de cette gêne. Il désigne d'abord une mentalité qui souffre de ne pouvoir déployer toute l'adresse, toute l'agilité qui pourrait être la sienne." "Capable de beaucoup de délicatesse mais contenant tous les risques de catastrophes, l'éléphant symbolise bien l'état d'une mentalité complexée: dotée d'une grande richesse d'élans, toujours sur le qui-vive pour ne pas dépasser l'impact désiré, inquiète d'occuper une place trop grande dans l'attention de l'entourage... facilement blessée."

Dans le Dictionnaire des symboles, de Laffont, on trouve ceci à propos de Ganesha, le dieu hindou à tête d'éléphant: "Fils de Civa, Ganesha (ou Ganesh) exprime le principe de la manifestation avec tous ses aventures dans le monde mouvant et illogique des apparences ou des réalités éphémères. Il évoque toutes les possibilités de la vie et toutes ses expressions jusqu'aux plus burlesques, dans le temps et dans l'espace."

Sur un site internet intitulé "Ganesh, dieu de l'Inde, symbole et présence", j'ai trouvé ceci: "Les qualités attribuées à Ganesh telles que la capacité à écarter les obstacles, sont celles de l'éléphant. C'est en effet le seul animal de la création capable de balayer de sa masse énorme les obstacles qui entravent sa marche et, brisant à l'aide de sa trompe branches et racines ou déracinant les arbres, se fraie un chemin au creux des fourrés les plus épais, comme dans les forêts les plus impénétrables."

Durant ces derniers mois, à propos d'éléphants, j'ai vu deux fois en l'espace de quelques jours une image de la partie se situant entre les deux yeux, en-haut de la trompe. Je constatais que la peau y était particulièrement épaisse. Mes préoccupations tournaient autour de ma difficulté à méditer, à lâcher prise, alors j'ai compris que l'image me montrait l'endroit où se trouve le troisième oeil, et la peau y était particulièrement coriace, difficile à percer pour atteindre cette région de la conscience transcendantale.

Le 6 mars, une image: Vu d'en-haut, au milieu d'un endroit désertique, un petit village, une oasis entourée de murs. Un garçon et un éléphant debout comme un humain viennent tout juste d'en sortir; ils sont à la porte. L'éléphant a l'air très joyeux, il trépigne d'excitation à l'idée de vivre une nouvelle aventure. J'entends le mot "Blamsara".

Le 16 mars, je rêve que je suis dans un pays étranger (pays d'Afrique) et on me donne une gâterie en forme d'éléphant dans un petit sac transparent.

Et puis, quelques jours après avoir créé ce blog, j'ai rêvé que je marchais sur un sentier, et un petit éléphant marchait quelques pas devant moi, un bébé éléphant tout blanc. Je le regardais marcher, tout mignon et alerte, et je lui demandais d'où il venait (sans attendre de réponse, comme on parle aux animaux ou aux bébés). J'espérais le rejoindre. Un bébé représente toujours le début de quelque chose qui est appelé à grandir, un projet, une idée. Il était blanc comme ces pages blanches m'invitant à m'exprimer à ma façon!

Longue vie à ce jeune éléphant!...

Michelle
21 juin 2009

* A propos du livre "Le test de l'arche de Noé", en voici le résumé:
"L'homme a toujours été fasciné par les animaux. La diversité des morphologies et des comportements qui les caractérise a inscrit dans l'inconscient humain, de façon indélébile, un monde de symboles, reflets de ses propres instincts. L'interprétation des attirances et des répulsions envers tel ou tel animal peut nous renseigner sur nos dispositions caractérielles, notre agressivité, notre originalité, notre réalisme. Pourrait-on aller jusqu'à dire: "Dis moi ceux que tu aimes et je te dirai qui tu es"?
"Le symbolisme thériomorphique a été souvent traité, mais les interprétations restent dispersées dans des oeuvres où le symbolisme des animaux n'est abordé que de façon incomplète et occasionnelle. L'auteur tente ici une synthèse et il propose un test, un jeu, que tous pourront, après lecture, interpréter pour eux et pour leurs proches."

2 commentaires:

  1. je suis très intéressée par les phénomènes de synchonicité et ton thème synchronistique de l'éléphant m'a semblé très riche. A bientôt.

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  2. Mystérieux tout ça pour moi mais fort intéressant !
    ■ paumier

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