vendredi 24 décembre 2010

Joyeuses fêtes


Merci à tous ceux et celles qui sont venus me rendre visite
sur mon blog
et merci pour vos commentaires.
Ça fait du bien de sortir de l'isolement pour s'exprimer,
mais surtout ce blog m'a permis de rejoindre d'autres personnes
qui tout comme moi sont sur le chemin de l'individuation.
Joyeux Noël, que la vie soit douce avec vous tous!
Michelle
24 décembre 2010

mardi 14 décembre 2010

Mystérieux messages

Je parle ici d'images, de paroles, d'idées qui me sont venues à l'esprit récemment, dans ces moments où l'esprit se trouve dans un état intermédiaire entre le sommeil et le réveil.

7 novembre:

"Avant c'est..." ("c'est" prononcé à la québécoise: "cé"), ensuite j'entends "Avancez". Paradoxe entre le passé et le verbe "avancer". Avant c'est... du passé, inutile d'y revenir, sauf pour en tirer des leçons ou des souvenirs. Vaut mieux avancer pas à pas dans le présent et ne rien ressasser inutilement.

24 novembre:

Un homme dit: "J'ai travaillé, et fort."
Une jeune femme asiatique rétorque: "Et dans ce cas-là, pourquoi es-tu ici?"

L'animus, d'après Jung, émet des opinions sans fondement et les prend pour des vérités. Je n'ai jamais pensé qu'il pouvait s'agir d'opinions sur moi-même. Je pense avoir travaillé fort. A vrai dire, je n'ai jamais travaillé fort sur moi-même. Je suis plutôt paresseuse et ne fais pas d'efforts ou très peu. Par contre je suis tenace et au fil du temps, j'ai quand même obtenu de bons résultats. Trop penser à ce qui est déjà résolu peut entraver mon cheminement... rien de pire pour rester bloquée. Le mot "ici", allusion à un stade auquel je me suis arrêtée: pas plus avancée que ça? Une femme asiatique, orientale, d'une culture très différente de la mienne et axée sur la spiritualité: elle représente l'inconscient, qui parle une langue très particulière, qui nous est étrangère.

7 décembre:

Une idée spontanée. Comparaison de mon évolution avec une famille à deux étages, c'est à dire des enfants maintenant adultes et un ou des jeunes enfants dans une même famille (de la même mère ou de deux mères différentes). Une partie de moi a mûri, mais une autre est encore au stade de l'enfance. Il reste du travail à faire.

Le même matin:

Un personnage (homme, il me semble) résiste à la mort qui veut l'emporter (je vois la mort aussi comme un personnage). Résistance à la mort, qui représente symboliquement bien sûr un changement, stade de flottement entre deux étapes, où on abandonne derrière soi quelque chose qui doit "mourir".

Après j'entends "Promue" que je sépare en syllabes: "Pro-mue", donc en faveur d'un changement, ce qui représente un paradoxe avec l'image précédente. Et bien sûr, une promotion, c'est l'accession à un nouveau stade.

Le même matin aussi, je vois ma biographie, événements et dates, écrite en espagnol. Langue latine, bien plus près de ma langue maternelle qu'une langue orientale. (Ce n'est qu'un "flash" bien sûr mais je sais qu'il s'agit de ma biographie)

10 décembre:

Un point brillant, pas très clair, là-haut. Il devient plus clair et tout rond et je m'aperçois qu'il s'agit d'un petit trou qui laisse filtrer la lumière et le fait très bien, après ajustement, même s'il est petit. Il ne s'agit pas de briller de sa propre lumière mais d'être ouverte à "La" lumière, comme la petite ouverture à travers laquelle surgit un rayon laser.

14 décembre:

"J'ai ma foi". La voix qui disait ces mots venait, curieusement et littéralement, de mon for intérieur, de ma cage thoracique. Elle avait la bizarrerie de la voix d'E.T. (le petit extra-terrestre) - Il ne s'agit pas de croyance religieuse mais de foi en ce que la Vie m'amène et en ma capacité de l'utiliser pour faire la lumière en moi. (J'ai entendu deux ou trois jours après Joseph Delteil dire dans une entrevue: "J'ai la foi... MA foi", il entendait par là une foi qui n'a rien à voir avec une croyance extérieure, mais qui est toute intérieure!)

Et je triche un peu avec l'ordre chronologique en vous rapportant cette image, qui est elle aussi du 7 décembre (un matin prolifique!)

J'ai vu une coupe à cocktail conique contenant un liquide et une personne non visible y ajoutait un autre liquide, changeant la chimie de son contenu. J'ai alors écrit à mon chum, André: je crois que tu es cet ingrédient qui fait une différence dans ma vie. Après, en séparant le mot cocktail, selon la langue des oiseaux: cock-tail, j'ai ri en découvrant la coquinerie de l'inconscient. Quels mots typiquement masculins, alors que la coupe est bien sûr un symbole très féminin. Cet ajout discret à ma propre chimie me fait penser à une autre image mentale dont je vous ai parlé dans "La femme en blanc". Un élément rouge, actif, joyeux, pour stimuler un peu tout ce blanc:
Et enfin, hier matin, j'ai vu une croix ansée égyptienne, comme sur l'image qui illustre cet article: l'ankh. Je lis sur Wikipedia qu'il s'agit d'un hiéroglyphe qui signifie "Vie". Dans mon dictionnaire Laffont des symboles, je lis ceci: "Croix ou noeud magique appelé Le Vivant très fréquemment employée dans l'iconographie des contraires... On l'interprète le plus souvent comme un signe exprimant la conciliation des contraires, ou l'intégration des principes actif et passif, ce que paraît bien confirmer le fait qu'elle représente, couchée, les doubles attributs sexuels". Ce n'est qu'une petite partie de la définition du dictionnaire, bien sûr. Et cette interprétation vient rejoindre le symbolisme de ma coupe à cocktail...
Je lève cette coupe à votre santé, et vous souhaite de très joyeuses fêtes!
Michelle
18 décembre 2010
(Commencé le 14 décembre)
P.S. La rencontre de deux personnes ressemble à une réaction chimique. Une réaction qui transforme les deux éléments.
Carl Gustav Jung

mardi 26 octobre 2010

Relié à un centre


"A partir du moment où je sais que je suis relié à un centre qui me dépasse et dont j'ai appris l'intelligence et la sagesse, j'accepte avec gratitude, avec amour, ce lien. J'accepte de me dépouiller du fardeau, de mes soucis propres, de mes doutes, de mes recherches tâtonnantes du bien et de ce qui est juste, j'épouse ce qui m'est montré, ce qui m'est dit, j'y vais de tout mon cœur, que ce soit joyeux, que ce soit douloureux, je suis, pourrait-on dire, porteur dans cet acte, de toute l'énergie de l'univers puisque cette énergie qui m'anime vient du centre de moi au delà de moi, qui est comme le centre du monde. Je suis doté ainsi de la liberté qui est celle de l'unité et qui est celle du Tout. Le Tout, l'univers dans sa réalité, est libre, puisqu'il n'est limité que par lui-même. Eh bien j'épouse sa liberté. On a donc le sentiment d'une totale dépendance, qui apparaît concrètement comme une totale liberté et c'est encore, une de ces rencontres des contraires dont est faite cette œuvre intérieure."

Etienne PERROT
Extrait cahier 21, 1983

Texte et photo trouvés sur le blog de Patricia: Etienne Perrot... son oeuvre

samedi 23 octobre 2010

Apprendre la vérité


« Le public commet l’erreur fondamentale de croire qu’il existe des réponses déter­minées, des “solutions” ou des conceptions qu’il suffirait d’exprimer pour répandre la clarté nécessaire. Mais la plus belle vérité ne sert à rien – comme l’histoire l’a mille fois montré –, tant qu’elle n’est pas devenue l’ex­périence première, profonde de l’individu. Toute réponse univoque, celle que l’on dit “claire”, reste cependant toujours fixée dans la tête, et il est extrêmement rare qu’elle pénètre jusqu’au cœur. Ce dont nous avons be­soin, ce n’est pas de “savoir” la vérité, mais de l’apprendre. Non pas d’avoir une conception intellectuelle, mais de trouver le chemin qui conduit à l’expérience intérieure irrationnelle et peut-être inexprimable en mots. Voilà le grand problème. Rien n'est plus stérile que parler à propos de comment les choses doivent ou devraient être et rien n'est plus important que de trouver le chemin vers ces buts éloignés. »

Carl Jung - L'âme et la vie

jeudi 14 octobre 2010

L'homme à la découverte de son âme - Extraits


‎"Il est vrai que l'on va se demander quel profit le rêveur en obtiendra, puisque, à coup sûr, il ne saurait comprendre son rêve. En guise de réponse, faisons remarquer que la compréhension n'est pas un phénomène purement intellectuel ; l'expérience montre qu'une infinité de choses, incomprises intellectuellement parlant, peuvent influencer, voire convaincre et orienter l'homme de façon décisive."

Jung, L'homme à la découverte de son âme, p.208

"On ne se sent pas tout à fait à son aise tant qu'on ne s'est pas rencontré avec soi-même, tant qu'on ne s'est pas heurté à soi-même ; si l'on n'a pas été en butte à des difficultés intérieures, on demeure à sa propre surface; lorsqu'un être entre en collision avec lui-même, il en éprouve après coup, une impression salutaire qui lui procure du bien-être."

Jung, L'homme à la découverte de son âme, p.309

"...les vieux prêtres-médecins (...) utilisaient ces images archétypiques comme moyen de guérison. Ils faisaient entrevoir à leurs malades ces images consolatrices qui leur découvraient, dans leur isolement et dans leur abandon, que l'humanité entière, depuis toujours, avait participé à leurs douleurs. Ces évocations nous émeuvent et font vibrer quelque chose en nous, qui nous dit que réellement nous ne sommes plus seuls. La philosophie japonaise exprime un aspect de cette idée en disant : "Lorsque tu es seul et que tu crois pouvoir faire ce que tu veux, n'oublie pas le vieux sage qui habite en ton coeur." Ce vieux sage est l'incarnation vivante en nous des images archétypiques. C'est l'homme vieux comme le monde qui, durant deux millions d'années, a vécu la vie humaine avec toutes ses souffrances et toutes ses joies, qui a emmagasiné en lui les images fondamentales de l'existence et qui, au nom de son expérience éternelle, délègue une image qui fait communier avec le fond humain toute situation individuelle, unique en apparence."

Jung, L'homme à la découverte de son âme, p.322
"Comment puis-je aimer autrui si je ne m'aime pas moi-même? Comment être altruiste si on se maltraite soi-même? Lorsque nous traitons notre personne avec la dignité qui lui revient, lorsque nous nous aimons, nous allons de découverte en découverte, nous comprenons ce que nous sommes et ce qu'il importe que nous aimions."

Jung, L'homme à la découverte de son âme, p.330
Merci à Delphine Durand sur Facebook

samedi 4 septembre 2010

Lettre de Carl Jung à Mme R.



28 juin 1958 (Carl Jung avait alors 82 ans)

A Mme R.,
Suisse

"Chère Madame,

Si vous pensez qu'une expérience de la totalité (ein Erlebnis dei Ganzheit) équivaut à une "irruption dynamique de l'inconscient collectif", vous êtes indiscutablement dans l'erreur. L'expérience de la totalité est au contraire une occasion tout à fait simple de se sentir en accord avec l'intérieur et avec l'extérieur. Si vous arrivez à une telle simplicité, vous ne vous laissez plus perturber par les comportements désagréables de votre fils en famille ou par le fait d'avoir perdu votre "partition". Vos racines ne se trouvent pas dans cette partition, et vous n'êtes pas non plus votre fils, lequel doit vivre et vivra sa propre vie, même si votre participation à sa vie vous accroche à lui. Tout ce qui s'impose doit être vécu, si du moins vous voulez trouver votre propre position et supporter ce qui se présente sans rechigner. Il vous faut toujours vous dire: les choses sont ainsi, et je n'y peux rien. Tout ce qui se produit ou doit se produire arrive sans que vous y soyez pour quelque chose, et vous n'avez qu'à soutenir votre propre existence pour traverser les obscurités de l'existence humaine. Une participation trop forte à l'extérieur et une conception trop dynamique de l'intérieur relèvent en fait de votre désir, de vos intentions et de votre volonté, que vous devriez tenir un peu à l'arrière-plan au profit de ce qui vraiment importe, c'est-à-dire la façon dont vous vous affirmez dans le chaos du monde.

Avec mes meilleurs voeux,
votre dévoué"
(C.G. Jung)

C.G. Jung - Correspondance 1958-1961

mercredi 4 août 2010

Tours et détours

Jardin de Louise - 21 juillet 2010 - Enfin arrivée à bon port!

Je devais prendre le train pour me rendre chez ma soeur Louise, enfiler ensuite la rue Aurora (joli nom) à Pointe Claire jusqu'à l'avenue de la "Vallée du soleil". Je suis déjà rendue sur le quai 30 minutes d'avance. Je dois prendre le train vers Rigaud-Dorion. On annonce que le train pour Vaudreuil arrivera sur le quai No 1 plutôt que le No 2. On m'a mise en garde (d'abord Louise et aussi une pancarte sur le quai) de ne pas me tromper de train, il en passe plus d'un. Donc je ne bouge pas! Bizarre tout de même, deux trains à la même heure: c'était le même, et je le manque. Grrrr! (Un récent changement d'itinéraire, ce train ne va plus aussi loin qu'avant, mais les indications ne sont pas encore au point.)

Il me reste deux solutions: revenir 2 ou 3 stations avant et prendre l'autobus, et rendue à Pointe Claire descendre à la rue St-Jean. J'ai peur de manquer l'arrêt, de me tromper. Je me dis que le plus simple est plutôt de prendre un taxi pour me rendre directement. J'aurais dû réfléchir plus longuement... Bien mal m'en prit!

Donc j'ai pris un taxi, sans penser qu'un chauffeur de taxi de Montréal ne connait pas les dédales des autres villes. Il était asiatique. Il m'a demandé quel chemin prendre. Mon ton de voix montait: "Je ne sais pas, je ne sais pas". Il savait comment se rendre, voulait me donner le choix... "Je ne sais pas". Je lui dis que j'ai raté mon train, je veux lui expliquer... Il prend la parole, me disant qu'il ne veut entendre que de courtes phrases, très courtes... Re-grrr! C'est parti et mal parti. Son attitude, ses commentaires, me tombent sur les nerfs tout au long du trajet. Je vois le compteur monter, monter... et voilà qu'il veut savoir où je veux me rendre exactement, ça je sais, mais comment: "Je ne sais pas!..." On arrive à Pointe Claire, je trouve que ça m'a coûté assez cher comme ça, je ne veux pas "zigoner" dans la ville. Il me propose de sortir de l'autoroute à la rue Saint-Jean. Je mentionne la rue Aurora: connait pas. Il insiste, sortie Saint-Jean. Je lui demande de me faire descendre juste là, près d'un centre d'achats. La course me coûte 40 dollars, incluant le pourboire, généreux. Il dit "Merci, merci, merci".

Donc pour m'éviter un inconvénient mineur, facilement contournable, je me suis plongée dans une situation pénible et onéreuse pour en arriver au même point. Ce qui me fait penser à cette citation qui dit grosso modo: soit tu vas dans le sens du courant, soit il t'entraîne malgré toi. Pour moi, ce chauffeur oriental, il représente le Soi, qui nous paraît toujours étrange dans son langage et sa façon de nous interpeller. Le chiffre 40 est souvent employé dans un contexte d'attente et/ou d'épreuve: quarantaine, 40 jours de déluge, 40 jours dans le désert, etc. etc.

J'ai eu peur de manquer l'arrêt si je prenais l'autobus, moyen de transport collectif qui oblige à une part d'autonomie (il m'est arrivé un jour, justement dans ce carrefour, de me tromper de direction). J'ai pris un taxi dans l'idée de remettre la responsabilité au chauffeur pour me rendre à bon port. Il m'est arrivé souvent dans la vie de vouloir éviter l'anxiété, le flottement, que provoquent en moi beaucoup de situations. Je réalise bien pourtant à chaque fois que, tout compte fait, il y a toujours quelque chose de positif à retirer de ces événements. J'y trouve mon compte et ça me grandit chaque fois d'un iota.

J'ai lu justement récemment dans la correspondance de Carl Jung: "... l'on peut aisément faire un pas dans une fausse direction... On peut alors se voir incité, sans trop de douceur, à changer d'attitude." Sans trop de douceur, en effet. Dans les jours qui ont suivi, il m'est arrivé une fois d'employer une expression qui ne m'est pourtant pas familière: "De Charybde en Scylla" et dans un livre de Robert Silverberg, j'ai eu peu de temps après l'explication de l'origine de cette expression. J'ai trouvé l'équivalent sur internet:
http://www.expressio.fr/expressions/tomber-de-charybde-en-scylla.php

Une synchronicité qui collait très bien avec cet événement que je venais de vivre! En voulant éviter un danger, se précipiter dans un autre plus grand. Ici, on parlera plutôt de désagrément, bien sûr. Mais ce désagrément prend pour moi valeur de leçon pour la vie en général. Le mot-clé, celui qui me paralyse trop souvent: autonomie. Le Soi nous incite toujours à une rectification de notre attitude consciente quand elle n'est pas adéquate. Le Soi est toujours présent, j'ai la chance d'en avoir des preuves constamment et ça me rassure grandement. Mais chacun de nous est unique et défriche à mesure son chemin à nul autre pareil. Ne dit-on pas très justement: Aide-toi et le ciel t'aidera!

Un grand merci à ce chauffeur de taxi exaspérant qui m'a fait réfléchir à tout ça!

Michelle

mardi 27 juillet 2010

Si un jour...


Si un jour tu vois

Qu'une pierre te sourit,

Iras-tu le dire?


Guillevic

mercredi 14 juillet 2010

Les rêves d'abondance


Bonjour,
Je vous invite à écouter une chronique de Guy Corneau sur le site "Les repères de Languirand". Cette chronique fait suite à la précédente sur "La loi d'attraction" et la complète. Une très intéressante réflexion: à la recherche des vraies valeurs!


Amicalement,

Michelle

mardi 29 juin 2010

Le grand lama et le petit être noir


La semaine dernière, deux personnages sont venus me visiter en esprit. Le premier, d'après son apparence était un moine, un lama: crâne rasé, vêtement blanc ou crème, ample et sobre. Il était très, très grand. Et très, très pâle. Et très réservé malgré, peut-être même à cause de son envergure. Mal à l'aise, il s'est heurté la tête au plafond semble-t-il (je n'ai pas vu ce plafond) et a fait une grimace. Il était question d'opération. Il a tenté de dire le mot "chirurgic..." et s'est enfargé dedans.

Après j'ai vu André (mon nouvel amoureux) avec une fillette et une flaque de "kool aid" sur le plancher. Tout de suite après, je vois un lit d'enfant drapé de noir. Un être sombre surgit brusquement du coin supérieur gauche du lit, visiblement piqué au vif.

Ces deux êtres si contraires m'ont interloquée, alors j'ai écrit, ce qui m'aide grandement à réfléchir. De toute évidence, ce lama c'est moi, je me reconnais en lui. Très intérieure, j'attache une grande importance à la spiritualité. Introvertie bien que sociable, je me sens toujours un peu mal à l'aise dans l'expression de ce qui me tient à coeur. J'ai besoin de dire ce qui m'habite, mais me cogne à mes limites (réelles?).

Il m'arrive pourtant de m'épancher. Voyez: le lama se cogne, blessure, sang? Et tout de suite après, une fillette a renversé du "kool aid": Aide cool. Epanchement: ce n'est pas ma spécialité. C'est plutôt celle d'André, très coloré et qui s'exprime spontanément. Je suis toujours un peu gênée de m'exprimer, je ne le fais pas d'emblée. Et ici surgit du petit lit noir (inconscient) le petit être noir. C'est lui qui m'intrigue le plus. Il a l'air très contrarié. Alors, je lui ai parlé (eh oui, c'est la meilleure façon d'entrer en contact). Je l'ai interrogé et voilà ce que j'ai appris (j'ai un peu condensé ici):

Moi: Que fais-tu là? Qui es-tu?

Lui: Je bondis. Qui je suis? Sais pas, ... suis pas, suis suie et énergie concentrée là et endormie au creux de cette noirceur bénie. Energie en suspens. Ce soir, je t'ai fait peur, tu n'as rien vu en fait. Comme quand ta soeur te lisait un livre en ajoutant un loup dans les coins noirs, tout droit sorti de son imagination.

Moi: Je vois... je ne te vois pas vraiment, petit être condensé, pas maléfique malgré les apparences!

Lui: Tu me demandes ce que je fais là (il se gratte la tête). Tu m'as appelé, il me semble. Je dormais et soudain il y avait cette flaque sucrée. Grrr! Débordement. J'ai débordé. Débordé de la tranquillité de cette intimité. Pas sereine cette intimité, toujours inquiète, aux aguets, oui, inquiète cette enfant, inquiet ce lit, pourtant refuge, abri, "fort" intérieur.

Moi: Hum, un loup qui n'y est pas vraiment. Loup, y es-tu?

Lui: Je ne suis pas un loup. Je suis suie noire et énergie. Je suis ce qu'on fera de moi au fil du temps. J'ai la vivacité de l'écho dans les montagnes. Je réponds aux cris de l'esprit quel qu'il soit. Je suis "présent" forcément.

Moi: Connais-tu le lama?

Lui: Je le connais bien. Il m'appelle depuis longtemps. Il m'entend, il m'écoute. C'est un bon gars, écho lui aussi. Echo des autres, si souvent. Echo de la nature aussi. J'aimerais qu'il teigne ses vêtements de vives couleurs, pour que je puisse répondre à son chant bruissant devenu puissant! Demain peut-être? quand il sera... plus grand? Ah, ah!

Michelle
29 juin 2010

P.S. A propos de vêtements pâles et de flaque rouge, je vous invite à relire cet article de mon blog où je racontais une autre image de mon esprit, survenue aux tout débuts de ma relation avec André. http://le-chemin-au-dela.blogspot.com/2010/04/la-femme-en-blanc.html

dimanche 20 juin 2010

La loi d'attraction

Chronique de Guy Corneau sur le site "Les repères de Languirand"

La part du soi - La loi d'attraction - Ce qu'on est vs ce qu'on attire à soi, une loi naturelle en action, la synchronicité!

http://www.repere.tv/?p=7179

Amicalement,

Michelle

samedi 12 juin 2010

Dans ton jardin

Jardin de Louise et Reg - Pointe-Claire -Août 2009
Dédié à ma soeur Louise
J'ai rêvé, il y a bien des années, que tu me prenais par la main, ma soeur, pour me guider dans un bois. Cette fois tu m'emmènes parcourir ton jardin (votre jardin, à Reg et à toi). Par une torride journée d'été, tu m'as invitée dans cet oasis tranquille. En y pénétrant, tout de suite je constate que l'air y est plus frais qu'ailleurs. Ici on peut respirer à l'aise. Et le temps ralentit dans cet espace tranquille.
Peu à peu, mes sens émus s'éveillent. C'est rempli de multiples couleurs, de sons, d'odeurs, d'une vie intense, riche, paisible. Tu me montres tous les recoins, tu m'incites à humer, à toucher parfois, à écouter le chant des oiseaux, des cigales, à admirer ton potager. Vivacité, fragilité, force, vigueur, odeurs douces, ténues, épicées. C'est chez toi!

Un lieu bien ordonné, mais avec un aspect un peu sauvage qui me surprend. Des tiges s'élancent plus haut que moi. Tu m'expliques: après avoir bien pensé, organisé, choisi, semé avec amour, la nature prend la relève et vous réserve quelques surprises au fil des jours. Je pense aux enfants. On les éduque, on les guide, on les "élève", et puis peu à peu, ils s'éveillent à leur propre nature et un beau matin, voilà, ils vous dépassent en hauteur, déploient leur originalité!

Les plantes ont besoin pour grandir d'une bonne terre, d'eau, de soleil et de beaucoup de patience et de soins. La graine contient en elle toute la plante, encore faut-il lui donner ce qu'il faut pour croître. Comme la vie qui se déploie en chacun de nous a besoin de soins et d'expériences, de patience et d'attention. Et parfois elle nous surprend. On sème, on cultive, on récolte ce qu'on a semé, avec quelques surprises à la clé.

Notre jardin, enfin, on peut en jouir et ce dans la mesure où on a pu le découvrir et l'aimer assez pour continuer toujours à le cultiver.

Michelle
12 juin 2010

dimanche 23 mai 2010

L'être individué


Extraits d'une lettre de Carl Jung au Pr. Henry A. Murray

"Vos questions sur l'individuation et l'individu sont hautement philosophiques et retiennent l'attention. C'est tout à fait juste: je n'ai jamais décrit un "être individué", pour cette simple raison que personne ne comprendrait pourquoi je le décris, et que la plupart des lecteurs s'ennuieraient à mourir. Je ne suis pas non plus assez bon écrivain pour pouvoir en dessiner une image réellement satisfaisante. Un génie comme Goethe ou Shakespeare serait peut-être en mesure de décrire l'éclat, la beauté et la complétude divine d'un vieux chêne individué ou la bizarrerie d'un cactus à nul autre semblable. Mais si un homme de science s'y aventurait, personne ne le comprendrait ni ne lui en saurait gré. La science s'occupe seulement de représenter un chêne ou un cheval ou un homme dans ce qu'ils ont de conforme à la moyenne, et non pas dans leur unicité."
"L'être individué est un être tout ordinaire, et pour cette raison presque invisible. Tous les critères de l'individuation sont nécessairement subjectifs et étrangers aux finalités de la science. Vous demandez quels sont les sentiments de l’être individué, son système de valeurs, ses pensées, ses activités et ses rapports au monde environnant. Eh bien, ses sentiments, ses pensées, etc., sont les sentiments, les pensées, etc., de tout le monde: tout à fait ordinaires et sans intérêt, sauf si le hasard fait qu'on s'intéresse particulièrement à lui et à son confort. S'il peut s'accomplir tel qu'il était dès le départ, il est comme il doit être. Il ne doit pas alors exagérer ou simuler, être névrosé ou de quelque autre façon désagréable. Il vit "dans une modeste harmonie avec la nature". Comme dit le bouddhisme zen: au début, les montagnes étaient des montagnes et la mer était la mer. Puis les montagnes ont cessé d'être des montagnes et la mer d'être la mer, et à la fin les montagnes seront de nouveau des montagnes et la mer sera de nouveau la mer. Nul ne peut avoir une vision sans être transformé par elle. D'abord il n'a pas de vision, et il est l'être A; ensuite il est lui-même plus une vision = l'être B; il peut arriver alors - s'il n'est pas complètement obtus - que la vision influence sa vie, et cela donne l'être C. Ce qui compte, ce n'est pas que les gens pensent ou ne pensent pas qu'ils sont individués; ils sont exactement ce qu'ils sont: dans l'un des cas, un être humain plus une caractéristique désagréable dont il est inconscient et qui le tourmente, ou sans cette caractéristique - quoi qu'il en soit, inconscient de lui-même; dans l'autre cas, conscient. Le critère, c'est si l'on est conscient ou pas.

L'être qui a une névrose et qui sait qu'il est névrosé est plus individué que celui qui n'a pas cette conscience. L'être qui est un satané fléau pour son entourage et le sait est plus individué que celui qui reste dans l'inconscience béate de sa nature, etc. Le point de vue scientifique est pertinent pour beaucoup de choses, mais concernant la tournure décisive que prend l'individuation, sa contribution est absolument nulle; il a tout au plus une certaine importance secondaire. Si l’être humain est en désaccord avec lui-même et ne le sait pas, il a des illusions; mais s'il sait qu'il est en désaccord avec lui-même, alors il est individué. Selon Schopenhauer, l'humour est la seule qualité divine en l'homme. Si le pape a de l'humour, ou si Albert Schweitzer sait qu'il a pris la fuite devant le problème européen ou Winston Churchill quel insupportable "bully" il peut être, alors ils sont, en ce sens, individués. Mais pour sûr nul ne s'intéresse à ces finesses très hautement subjectives, sauf s'il est psychologue ou quelqu'un qui en a assez d'être inconscient."
C.G. Jung - Correspondance 1955-1957

dimanche 16 mai 2010

Premier anniversaire


Aujourd'hui, en ce 16 mai 2010, j'ai le plaisir de souligner le premier anniversaire de mon blog. Au tout début de sa création, j'ai vu en rêve un petit éléphant blanc qui trottinait devant moi. Je lui demandais où il s'en allait comme ça! Au fil du temps, je l'ai nourri, il est devenu un peu plus consistant et il a pris peu à peu les couleurs de mon âme et de ma vie.
Je profite de cette occasion pour vous dire un grand MERCI, à tous ceux et celles qui m'ont laissé un commentaire en passant, qui m'ont encouragée et/ou critiquée, et un MERCI tout spécial aux 17 membres qui se sont inscrits sur mon blog.

Ce que j'ai voulu communiquer dans ce blog, en résumé, c'est que chacun de nous a la responsabilité de développer sa valeur propre, son individualité. Carl Jung dit que "L'individu est le vase de la vie, tout individu est porteur de la vie, et la vie n'est portée que par les individus." * "Il faut que l'individu soit complet et consistant, faute de quoi rien ne peut exister, car une somme de zéros, si grande soit-elle, ne fait rien de plus que zéro." **
La seule façon d'arriver à former une société équilibrée, vivante et évolutive, c'est que chacun de nous donne libre cours à sa propre originalité. Et pour ce faire, il est inutile d'aller chercher au diable vauvert les réponses à nos interrogations. Il faut ouvrir son âme, son coeur et son esprit le plus grand possible, pour se développer intérieurement et bien se connecter à sa propre réalité, à sa propre richesse... à sa propre vie!
Amicalement,
Michelle
16 mai 2010

P.S. Le 16 mai est aussi la date anniversaire de la naissance de mon grand-père Henri Lapointe, qui m'a transmis en héritage (avec ma mère) l'amour de l'écriture et de la lecture. Ma cousine Linda a créé un site en son honneur où vous pourrez lire une partie de ses mémoires: http://plabbe.com/hl/
* Tiré du livre "C.G. Jung parle - Rencontres et interviews", chapitre 54: Interview pour la Suisse à l'occasion du quatre-vingt-cinquième anniversaire (éditions Buchet-Chastel).
** Extrait du livre "C.G. Jung - Correspondance 1955-1957" tiré d'une lettre au Dr Hans A. Illing.

dimanche 2 mai 2010

Le petit bonhomme et l'Arbre


Il était une fois un très grand Arbre, un Arbre immense au Centre du Monde. Il était bien au Centre du Monde, oui, au carrefour des mille routes. Cet Arbre immense, on peut lui mettre un A majuscule, premièrement à cause de son âge vénérable, mais surtout parce que, à lui seul, il représentait tous les arbres, il était leur prototype. C'était un Arbre très vivant de bas en haut. Il avait été planté au début du Temps par Dieu pour donner à tous les hommes l'espoir de rejoindre le ciel un jour. Au bas de son tronc vivaient des centaines de petits animaux qui se réfugiaient dans ses racines-refuges. Tout au long de son Etre, des oiseaux venaient se percher sur ses branches hospitalières. Et là-haut, tout là-haut, l'Arbre si grand continuait à grandir, bien sûr. Jamais on n'en avait vu d'aussi grand, sauf au pays des légendes. Là-haut, ses plus hautes branches et sa cime saluaient en vibrant Dieu et les Anges en train de s'activer. Ils étaient là, bien qu'invisibles de la terre puisqu'ils étaient si haut. Ils étaient près de la cime, toujours, espérant qu'un de ces jours, un moyen soit trouvé de se servir de l'Arbre pour communiquer. Car n'est-ce pas sa mission, à cet Arbre, d'être un instrument divin permettant la communication entre Dieu et les hommes! Sans Lui, il n'y aurait plus de repère, l'axe du monde coupé, reviendrait le chaos.

Il était une fois, un petit, très petit bonhomme. Il n'avait pas de nom car il n'était qu'un signe hiéroglyphique sur un document très ancien qu'on nommait parchemin. Ce petit bonhomme, figé depuis des années dans une même posture, un jour, il lui a été donnée la chance de remuer à sa guise. Nommons-le Georges pour le nommer du nom d'un valeureux guerrier. Georges était si heureux d'être délivré, de pouvoir enfin bouger! Dieu avait enfin permis qu'il devienne vivant, pour accomplir un dessein quelque peu troublant. Car c'est à lui qu'est échue la mission de grimper à l'Arbre cosmique pour ainsi perpétuer l'Acte du commencement, où un héros divin parvenait à y grimper pour ne jamais en revenir. Lui, Georges, devait en redescendre pour annoncer la bonne nouvelle que Dieu ne manquerait pas de lui communiquer.

Brave petit Georges, qui avait été si figé, se mit en route sans plus tarder vers l'Arbre non loin de là. Il se mit ensuite à y grimper. C'était assez facile, il était si petit, mais il fallait s'agripper pour ne pas retomber. Il grimpa, grimpa, grimpa, devint invisible aux yeux de tous, en haut ou en bas. Mais il était bien là. Il se nourrissait en chemin de toutes sortes de fruits poussés là, il buvait de temps à autre de la sève prélevée à des petites branches. Cette sève était tantôt rouge, tantôt verte, tantôt bleue. Comme c'était curieux! Bien sûr l'Arbre était polyvalent, il résumait toutes les espèces végétales sur terre et même au-delà. Le petit Georges ne s'embêtait pas. Il grimpait, grimpait, et ça faisait déjà très longtemps, une éternité. Ce petit bonhomme anonyme ne se lassait pas, car il n'était pas humain, la fatigue ne le minait pas. Qui jadis l'avait créé dans le noble but de communiquer? Un message en images, c'est un message universel, et un bonhomme, ça se comprend bien. Mais il ne parlait pas, bien sûr. Un bonhomme ça parle en Soi, ça veut dire homme, simplement. Pour parler il lui faut tout son environnement hiéroglyphique, assurément. Alors, il s'inquiétait un peu. Comment le grand Dieu pourrait-il lui confier un secret puisqu'il ne parlait pas. Mais courageusement, il continua...

Un jour, au bout d'une ou deux éternités, notre petit bonhomme enfin atteignit la cime et bien que celle-ci continuât à pousser bien sûr, il parvint à se camper tout au bout! Sa vision, de là-haut, s'émerveillait d'englober l'Univers. Il était campé à cet endroit où on peut réaliser que ce qui est en-haut est comme ce qui est en bas. Comment savoir ce que le grand Dieu lui a dit, au petit Georges venu ainsi en mission vers Lui. C'est un secret bien gardé, qui ne sera jamais profané. Il vécut un bout de temps avec ces hautes entités des Cieux. Puis il redescendit par le même chemin, tout au long de l'écorce du grand Arbre. Il ne fut pas plus connu des humains, mais quelque chose avait changé dans les relations entre la terre et les divinités. Et Georges en avait le crédit tout entier!

Mes commentaires

Georges: Il représente le genre humain tout entier, sans distinction de race ni de langue surtout. Petit bonhomme très âgé, sans particularités, sinon d'être un être vivant, humain, terrien (t'es rien), et qui, bien qu'âgé, ne vieillit pas. Et ne mourra pas avant... une éternité. J'ai vu en image mentale quelques signes, quelques hiéroglyphes. Dans une seconde image, j'ai vu un petit bonhomme (aussi hiéroglyphe) se mettre à bouger. Représentation de l'homme tout entier, il se met à bouger, il se met à vivre! Qu'est-ce à dire?

Le prénom Georges, ça me fait toujours penser aux articles de Sélection du Reader's Digest: Le nez de Georges, l'intestin de Georges, etc. Et une phrase m'est venue à l'esprit: "La vie de Georges". Cet être qui sans être réellement se retrouverait vivant, comme le petit bonhomme! Le petit bonhomme est un prototype du commun des mortels. Alors que Dieu, tel que vu par l'homme, est un prototype de l'Homme déifié, une image idéale de ce que l'homme est appelé à être au bout de son périple de mortel, quand il sera enfin sorti de son enfance et que son esprit s'ouvrira enfin aux vibrations de l'univers. Entre les deux, il y a tout un monde, déchiré, attendant trop passivement l'éternité. Dieu et le diable son éternels. Le diable s'ingénie à garder l'homme dans l'enfance, en perpétuant en lui la peur, l'anxiété et la non-confiance en soi, ou il attise son orgueil et l'empêche d'en sortir.

L'arbre cosmique: prototype géant de tous les arbres, surtout les grands, les gros arbres. Dans certaines cosmogonies, il représente le lien entre l'homme et Dieu, entre le ciel et la terre. Il pousse, pousse ses branches de plus en plus loin dans le ciel et il pousse, pousse ses racines, de plus en plus loin dans la terre. Il est un exemple pour nous tous par sa ténacité, cette impulsion constante qui l'anime sans faiblir, sans compter, sans rien attendre en retour. L'homme gémit sur son sort sans cesse ou il se glorifie sans cesse, dans les deux cas, ça l'empêche de grandir et d'atteindre enfin son Dieu.

Le petit bonhomme de mon histoire, si anonyme, est forcément humble puisqu'il n'est pas un individu séparé mais une représentation de l'Homme en général. Il ne peut ainsi avoir l'orgueil d'être ce qu'il est. Ce petit bonhomme anonyme peut devenir vivant puisqu'il représente, en général, l'humanité... vraiment vivant je veux dire, comme la nature, vibrant d'une entière harmonie au diapason de l'univers qui l'entoure. Il est un axe cosmique, lui aussi, lien entre les hommes et leur Dieu.
Michelle
3 août 2000
P.S. Petite synchronicité. J'apprends que c'est aujourd'hui l'anniversaire de George Moustaki, né le 3 août 1934, et je retrouve cette belle chanson "Les mille routes" (comme mon Arbre qui est au carrefour des mille routes; bien sûr, l'expression m'est venue de cette chanson)

jeudi 22 avril 2010

Quand j'étais petite...


Quand j'étais petite... j'étais grande et riche, comme le sont les enfants. Chaque enfant a son originalité et ses rêves, il est entièrement lui-même. Vous voulez vous connaître, observez l'enfant que vous étiez! Les souvenirs qui nous restent sont ceux qui comptent; idem pour les rêves importants, on ne peut passer à côté. Et en parlant de rêve, je vous ai déjà raconté celui que j'ai fait plusieurs fois quand j'étais enfant:
A l'école en première année, je me revois encore en classe devant mon cahier, écrivant le mot "locomotive". J'aurais voulu étirer le mot d'un bout à l'autre de la page (de taille modeste). Une locomotive, bien sûr, ça va plus loin, et quand on est petit, on a des rêves d'aventures de grand. J'avais aussi un disque de Puff'n'toot, cette petite locomotive dont le chemin passait par une colline, qu'elle avait toutes les peines à franchir. Et un autre où on entendait les bruits de préparatifs du départ d'un train, aussi le cri "All aboard", l'ébranlement un peu laborieux et puis le vrai départ. J'adorais ça!
Comme tous les enfants de ma génération, j'ai beaucoup joué avec des poupées à découper et leurs vêtements. Mais ce que j'aimais plus que tout, c'était de découper les vêtements de papier des plus grandes poupées pour les ajuster à une qui était plus petite, et même Louise (ma soeur aînée de 2 ans) et moi, nous en avions fabriqué une en prenant comme modèle cette petite poupée: c'était notre préférée (j'en ai un vague mais tenace souvenir). Ajuster, transformer, ce qui existe déjà et le tailler sur mesure pour notre "création", quelle joie.
J'aimais dessiner d'abord une forme qui revenait à son point de départ. Un nuage qui prenait à chaque fois une forme différente. A l'intérieur de cette forme, je traçais une ligne parallèle juste à côté. Et puis une deuxième. Et ainsi de suite jusqu'à ce que j'atteigne le centre. Et j'observais le résultat, la forme de ce centre. C'était le but de l'exercice que je recommençais sans me lasser. Trouver le centre de Soi. Et un autre exercice que j'aimais tout autant était de faire une forme semblable à la première (décidément j'aimais les nuages) mais cette fois, je laissais l'intérieur blanc, mais j'essayais de trouver la couleur de ciel alentour ou simplement de son contour qui rendrait ce nuage encore plus blanc. J'avais réalisé que le bleu foncé donnait ce résultat, et ça me fascinait, de rendre ce blanc plus blanc. J'ai réalisé ce matin en y repensant combien ces deux exercices étaient complémentaires. Trouver le centre d'une part, et aussi trouver des moyens extérieurs (le bleu est la couleur de la spiritualité) de rendre le blanc plus blanc.
Pour continuer avec le dessin, j'avais dans un de mes livres un petit dessin tout simple que j'aimais beaucoup, et que je reproduisais souvent. Quand j'étais enfant je le reproduisais assez fidèlement et quand j'ai recommencé à dessiner à 23 ans, j'ai refait ce dessin de temps en temps, mais dans une version différente à chaque fois. Deux collines se rejoignaient. Un sentier montait sinueusement entre les deux. On y voyait des traces de pas. Et puis, en-haut du chemin, le haut d'un clocher d'église avec la croix. Il y avait aussi un sapin d'un côté... ou de chaque côté de ce sentier. Bien sûr l'église représente la spiritualité, dans le sens large de ce mot. Le reste se passe d'explications, je crois bien!
J'avais inventé un jeu. Je plaçais un drap sur ma tête en guise de voile et m'assoyais sur mon lit. J'étais une reine et mon frère Gilles était à mon service. Je lui demandais de parcourir mon royaume et de me ramener tous les enfants perdus qu'il trouvait. Il me les ramenait (poupées? enfants imaginaires?) et je les couchais près de moi sous les pans de mon voile pour les protéger. J'ai souvent joué à ce jeu. Bien sûr, je suis la "reine" de mon royaume où se trouvaient beaucoup d'éléments à ramener au centre de mon attention. Le travail de toute une vie... qui a commencé comme ça, durant ces tendres années.
Nos parents aimaient les livres et par conséquent nous en avons eu depuis notre prime enfance. Dans mes livres illustrés, je me souviens entre autres de l'histoire de Souris, qui était moins belle que ses deux soeurs, mais plus futée. Des géants vivant sur une île avaient volé le soleil, le roi se désespérait de cette situation qui plongeait son royaume dans le noir. Souris est partie en barque et avec courage est allée récupérer le soleil pour que chacun puisse en jouir. Il y avait aussi la fille aux mains coupées, un conte ô combien symbolique, et très impressionnant. Plus tard, j'ai écouté une conférence de Germain Beauchamp, thérapeute jungien, sur ce thème de la fille aux mains coupées. Je vous reviendrai sur ce thème plus longuement une autre fois. La fille aux mains coupées parle bien sûr de sentiments d'impuissance qui ne sont pas signes de faiblesse mais souvent des étapes à traverser au contraire courageusement sur le chemin de la vie.
Le souvenir le plus étrange de ma prime enfance est sûrement celui-ci. J'aimais accompagner ma mère quand elle allait faire l'épicerie, dans un but précis. J'étais fascinée par les poissons entiers et particulièrement par leur oeil grand ouvert (je n'en voyais qu'un dans l'emballage, bien sûr). J'étais terriblement déçue les jours où il n'y en avait plus dans le comptoir. (Ma mère n'achetait pas ces poissons mais toujours des filets). Fascination on ne peut plus bizarre! Bien des années plus tard, j'ai lu dans un livre de Jung (je ne sais plus lequel) que l'oeil du poisson était assimilé à l'oeil de Dieu, parce qu'il est toujours ouvert. Même durant notre sommeil, le grand Oeil est toujours en éveil, on peut compter sur Lui.
Vers l'âge de 10 ans, je rêvais d'avoir une bicyclette. J'en empruntais une aux voisins, enfin, ce qu'il en restait: elle n'avait pas de pneus, pas de banc, il manquait une partie des pédales.. hi, hi! Elle faisait un train d'enfer en roulant sur le trottoir... mais j'aimais ça quand même. A 11 ans, je participe à un concours trouvé sur une boîte de céréales Kellogs. Il fallait observer un dessin et répondre "vrai" ou "faux" à quelques questions. Quelque temps plus tard, maman me remet une lettre: j'avais gagné une bicyclette! Wow, j'étais enchantée. Une bicyclette ça représente l'autonomie, on me défendait d'aller bien loin... mais chevaucher ma bicyclette était exaltant.
Un souvenir à l'école. J'étais en 4e année. (Au Québec, on commence par la 1ère année, à 6 ou 7 ans) Je n'ai jamais su pourquoi, on m'avait emmenée et moi seule dans une classe de 6e année, à l'étage au-dessus. On m'avait installée avec une feuille de papier et un dessin à copier au milieu de la classe. C'était le dessin d'un flambeau dont la base était torsadée, en spirale, portant une belle flamme, et en-dessous le mot: LUMEN. Je trouvais ce dessin génial. Je m'étais bien appliquée pour le copier, je ressens encore mon plaisir quand j'y repense. Et je l'ai re-dessiné bien plus tard de mémoire. LUMEN, lumière, conscience. De plus, une grande de cette classe m'avait accompagnée un bout de mon chemin de retour à la maison; elle était gentille avec moi. Une journée très spéciale dont je me souviendrai toujours avec bonheur.
En 1962, j'avais 11 ans, inspirée et incitée par maman, j'ai commencé à écrire mon journal. Oh, j'écrivais seulement trois ou quatre lignes, mais le principal y était, comme par exemple, le jour où j'ai gagné ma bicyclette! En date du 2 janvier, j'ai appris à jouer au piano: "Twinkle, twinkle, little star". Premier morceau que m'a appris maman. Début d'écriture, début du piano. Débuts très modestes dans les deux cas, bien sûr! Brille, brille, petite étoile, comme je me demande qui tu es!
Comme l'a écrit notre grand poète Vigneault: "Les îles de l'enfance dorment sur l'eau du temps, on ne saurait y revenir qu'avec des pas d'enfant. On ne saurait tout retenir, l'eau et le vent sans vent devant, sans emporter un souvenir. Puisque c'est ton tour, vogue, rêve et cours dans les anciens jours et remplis ta tête. Regarde avec soin secrets et grands foins, prends-en plus que moins, et remplis ton coeur."
Michelle
22 avril 2010
P.S. Un grand merci à André de m'avoir insufflée cette idée. Il m'a dit dimanche dernier: Tu veux savoir qui tu es? Regarde l'enfant que tu étais et ses rêves!

dimanche 18 avril 2010

SOL


Un sol sous mes pieds

pour danser et faire germer la vie

Un Sol là-haut dans le ciel

Soleil chaud, intense

qui réchauffe le sol et la vie

A Sol *, des amis qui me côtoient

et dansent avec moi

pour me garder en vie

Un sol dans ma tête, il éclate de joie

Do ré mi fa sol jouent une mélodie

pour me faire danser

sur le sol, sous le Sol, à Sol

et faire vibrer ma vie

Un sol, c'est aussi un sou

et dans mon sous-sol

vous ne trouverez peut-être pas le Pérou,

mais sûrement une petite pièce d'or

qui joue en sol mineur

un refrain pour tous les petits sols

rêveurs de quatre sous

dansant sous le Soleil.


Michelle
31 mars 1983

* Sol, c'est le diminutif du nom d'un groupe dont j'ai fait partie pendant bien des années, un groupe d'entraide en santé mentale: Solidarité-Psychiatrie

lundi 12 avril 2010

La femme en blanc

Carte du psycho-tarot de Hurley & Horler

Hier matin, j'ai vu une image hypnopompique qui m'est restée en tête de façon persistante au courant de la journée. (Hypnopompique: relatif à la phase de réveil partiel qui succède au sommeil)

J'ai vu une jeune femme toute vêtue de blanc. Sa robe blanche ajustée à la taille devait être soit en dentelle, soit en tissu texturé, non lisse. Elle portait sur la tête un long chapeau pointu. Ce chapeau était blanc aussi. C'est ce qui m'a le plus frappée, ce chapeau de magicienne ou de fée. Elle était habillée comme pour une fête, un événement spécial, une cérémonie. Et venant de sa droite (donc de ma gauche en tant que "spectatrice" de la scène) un homme que je n'ai pas vu lui tendait une boîte carrée ou légèrement rectangulaire blanche elle aussi et déjà ouverte. Dans cette boîte, un peu masqué par autre chose, j'ai vu un morceau de tissu rouge foncé: un accessoire pour compléter le costume? Un foulard peut-être ou une capeline! Comme un cavalier qui offre un élément de plus pour compléter une robe de soirée et lui ajouter un élément coloré!

En alchimie, l'oeuvre au blanc représente la lune qui reflète le soleil, donc l'intuition, l'imagination, la "réflexion" qui nous permet peu à peu de connaître et de comprendre qui nous sommes. L'oeuvre au rouge (rubedo) par contre représente le soleil lui-même, donc la mise en oeuvre, l'activité, l'expression de ce qui a mûri dans la phase albedo.

Cette femme est toute de blanc vêtue, et on lui offre donc un élément rouge pour compléter sa belle tenue. Une phrase que j'ai écrite dans un de mes poèmes décrit bien mon sentiment face à cette image: "Se peut-il que je sois invitée au banquet de ma vie?"

Ces jours-ci, j'ai fait la connaissance d'un homme qui a un coeur d'enfant et une plume fantaisiste et profonde: un homme qui aime le bonheur et la vie. Une rencontre stimulante pour moi et ma créativité en veilleuse. Il dit que je suis une belle rivière souterraine. Souterraine? Eh oui, cette image me parle beaucoup. Et aussi celle de cette jouvencelle prête pour aller au bal!

Michelle
12 avril 2010

dimanche 11 avril 2010

Le petit ver mordoré


LE PETIT VER MORDORÉ
Bien sûr, il vivait sous le sol, comme tous ses pareils.
Il grignotait la terre par petites bouchées,
puis la redonnait à la Terre après l'avoir digérée,
et la terre était belle grâce à lui,
grâce aux unis vers, qui labouraient la terre, sans se lasser.

Vers mi-sots sous le sol sans cesse remuez,
pour faire respirer la terre, qui a besoin d'air,
comme tout ce qu'elle produit.
Nouvelle façon de voir les vers et ce qu'ils trament dans la vie.
Nouvelle façon de voir les gens qui, mine de rien,
se taillent une petite vie à leur portée.
Tendresse au fil des jours, grandes âmes aux habits parfois usés;
chacun de nous aide l'Esprit à respirer, peu à peu, plus à l'aise.

Quant aux petits vers casaniers, ils sont les plus incompris.
Ils labourent leur coin de terre et semblent ne rien apporter
au bien-être de la collectivité.
Mais attention, ce sont parfois les plus riches,
laissez-les émerger, vous serez étonnés.

Michelle
Mars 1986

Petit coeur après 9 heures


PETIT COEUR APRÈS 9 HEURES
Il s'en allait de bon matin,
il était 9 heures et trois
et le petit coeur était rempli d'énergie.

Ce matin, les oiseaux volaient bas,
quelques nuages s'amassaient ça et là
aux coins du ciel
et le soleil était présent,
s'infiltrant par moments.

Le petit coeur saluait intérieurement
cette douce énergie qui le remuait si profond.
A ce moment même le soleil tout à coup aviva ses rayons
répondant aux salutations venant de la terre.

Le petit coeur tressaute... puis il se rassure.
Le petit coeur re-salue le soleil
et "salue terre" en même temps!

Michelle
17 août 1986
(Dis, c'est tout!)

Cette petite aventure m'est arrivée pour vrai, un matin où je rendais grâce au soleil si doux. Il s'est infiltré simultanément entre les nuages pour me faire un petit coucou. Quand on est attentif à ces petits événements, ils se multiplient: doux petits clins d'oeil de la vie.

jeudi 8 avril 2010

Printemps

Jardin botanique - 5 avril 2010
PRINTEMPS

Je vis avec joie des pousses plus vertes autour de moi.
Le printemps peut-être allait pour de bon venir,
le printemps en-dedans je veux dire!
Paradis permis?
D'abord avaler un peu de sable comme le serpent,
ramper malgré soi.
ET THEN... pour chacun, la fin est différente.
La suite de sa vie, on l'invite dans le présent,
on y invite aussi le passé,
on tourne autour des pots cassés
et des souvenirs, des rêves aussi.
On doit re-susciter la vie qui meurt en soi.

Michelle
Mars 1986
Dans ce poème, je parle de la fin différente pour chacun: fin du processus d'individuation. En fait, plus tard j'ai réalisé que cette "fin" est le début d'une autre étape, et ainsi de suite. Telle l'aventure de Jonathan Livingstone, celle-ci ne saurait avoir de fin. Comme dans un vieux film quand apparaît le mot "fin", en fait le scénario se termine là, mais on espère qu'après "ils vécurent heureux pour toujours" (pour emprunter la formule en anglais: "they lived happily ever after") En réalité, c'est notre centre qu'on a réussi à ancrer solidement, après avoir remplacé peu à peu le miroir de nos projections par une vitre sans tain. "Et then"... chaque aventure est unique et ne saurait être découverte que par soi!

Brindilles poétiques


Couleurs et douleurs crient dans le soleil
Hâte-toi, c'est plein jour
Rassure-toi, un abri est là
derrière la tourmente du tournant!

o o o o o o o o

Avec un haut-écouteur
une âme acteur
et une lampe-lune
je capte et transmets
au fil du temps
mon âme!

o o o o o o o o

Quand mon chemin aura été creusé,
il me sera facile de l'emprunter
pour y faire ce que je veux
en toute liberté
Et ce que je veux
c'est aimer et être aimée
toujours!

Michelle

mercredi 7 avril 2010

Faire feu de tout bois

Photo prise dans le jardin de ma soeur Louise, à Pointe-Claire

J'ai écouté grâce à mon amie Laurence des extraits d'une entrevue avec M. Arnaud Desjardins. Une femme un jour lui a demandé: "Comment peut-on progresser malgré les difficultés quotidiennes?" Et il rétorque: C'est comme si on disait: "Comment monter au premier étage malgré les marches de l'escalier?" La question n'est pas: Comment progresser malgré les difficultés quotidiennes, mais bien: Comment progresser grâce aux difficultés quotidiennes?

M. Desjardins affirme: "La démarche spirituelle proprement dite est la seule entreprise humaine qui ne rencontre jamais d'obstacle ou d'empêchement. Toute situation peut être utilisée pour progresser sur la voie."

C'est tellement vrai! Je l'ai expérimenté durant toutes ces années où le processus d'individuation s'est actualisé en moi, depuis que je tiens en main le fil d'Ariane * de mon cheminement intérieur. Et curieusement, j'en ai pris pleinement conscience... quand soudain je me suis butée sur un mystérieux obstacle, qui s'est exprimé symboliquement ainsi: J'ai d'abord fait un rêve: "Je suis dans un autobus. Il y a là un tout petit bébé. J'ai peur qu'il lui arrive quelque chose parce que sa mère n'est pas là pour le moment. Mais il est très "vif-argent", il court vite. Je l'attrape dans mes bras, mais il s'échappe et court jusqu'en arrière. Je suis à la hauteur du conducteur qui me parle dans une langue étrangère (espagnol?) à propos de l'enfant! Je n'y comprends rien." (23 fév. 2000) Le lendemain, multiple synchronicité toute la journée à propos des langues étrangères. Le 1er mars, à mon travail, un homme me parle au téléphone, il veut nous envoyer son père sourd-muet pour remplir un formulaire sur son état de santé, il viendrait seul et il est illettré!!! Je réfère cet appel à Info-Santé. J'écris ces commentaires: "Ça me fait penser à ces rêves et paroles, dernièrement, en langues étrangères. Décidément, je me trouve présentement, temporairement, dans une fâcheuse position. Heureusement que j'ai aussi l'espoir de dépasser cette "impasse"... mais de quelle façon? L'avenir (proche j'espère) me le dira!" L'homme est venu le lendemain avec son neveu, il s'appelait M. Paradis (para-dit: en effet c'est du para-dit que le langage des signes... surtout sans aucune autre possibilité.)

Le 3 mars, j'ai rêvé que je recevais une femme en consultation comme si j'étais un médecin. C'était pour un suivi de grossesse. Il était question du degré d'ouverture du col de l'utérus, donc l'accouchement était imminent. Une femme médecin est arrivée. Ouf, je me suis sentie soulagée et en même temps mal à l'aise en réalisant que j'avais fait une gaffe en me prenant pour un médecin, que ça n'avait aucun bon sens. Une infirmière m'a dit que certains patients avaient justement des doutes sur notre organisation et que ça n'aiderait pas. Je me suis réveillée, heureuse que ce ne soit qu'un rêve!

J'étais décontenancée mais comme jamais rien n'avait fait entrave à mon progrès, et ce depuis presque vingt ans, je me suis dit que quelque chose ou quelqu'un forcément surviendrait pour me guider. Je ne voyais pas d'autre explication. Et c'est exactement ce qui arrivé quelques jours plus tard. Une femme, une collègue de travail, est entrée en contact avec moi et j'ai vécu grâce à elle ce que j'appellerais une initiation. En parler dépasserait mon propos sur ce blog, qui est de raconter mon cheminement psychologique... Après cette étape singulière qui a duré plusieurs mois et a eu des répercussions permanentes en moi, ma démarche a continué naturellement de la même manière qu'avant.

N'est-il pas éminemment rassurant de savoir qu'il est possible de réellement faire feu de tout bois et de faire confiance à la vie qui sculpte chacun de nous sans relâche à sa façon, si surprenante parfois!

Michelle
7 avril 2010

* A propos de ce fil d'Ariane, je vous invite à lire "Le fil d'Ariane - Regarder la mer"

samedi 3 avril 2010

Mystère

Fractale créée par mon frère Gilles: Oeuf (Glyph) *

"Enfant, je me sentais solitaire, et je le suis encore aujourd'hui, car je sais et dois mentionner des choses que les autres, à ce qu'il semble, ne connaissent pas ou ne veulent pas connaître. La solitude ne naît point de ce que l'on n'est pas entouré d'êtres, mais bien plus de ce que l'on ne peut leur communiquer les choses qui vous paraissent importantes, ou de ce que l'on trouve valables des pensées qui semblent improbables aux autres. Ma solitude commença avec l'expérience vécue de mes rêves précoces et atteignit son apogée à l'époque où je me confrontais avec l'inconscient. Quand un homme en sait plus long que les autres, il devient solitaire. Mais la sollitude n'est pas nécessairement en opposition à la communauté, car nul ne ressent plus profondément la communauté que le solitaire; et la communauté ne fleurit que là où chacun se rappelle sa nature et ne s'identifie pas aux autres.

Il est important que nous ayons un secret, et l'intuition de quelque chose d'inconnaissable. Ce mystère emplit la vie d'une nuance d'impersonnel, d'un "numinosum". Qui n'a pas fait l'expérience de cela a manqué quelque chose d'important. L'homme doit sentir qu'il vit dans un monde qui, à un certain point de vue, est mystérieux, qu'il s'y passe des choses, dont on peut faire l'expérience - bien qu'elles demeurent inexplicables, et non seulement des choses qui se déroulent dans les limites de l'attendu. L'inattendu et l'inhabituel font partie de ce monde. Ce n'est qu'alors que la vie est entière. Pour moi, le monde, dès le début, était infiniment grand et insaisissable."

Carl Gustav Jung - "Ma vie" Souvenirs, rêves et pensées

* Voici le lien pour visiter les galeries de fractales de mon frère Gilles. Bonne visite!http://www.mathsong.com/casaraku/index.htm

samedi 6 mars 2010

L'enfant que je suis

Je vous ai dit dans un précédent article que je reviendrais vous parler des aspects positifs de l'enfant, si vivant en moi. J'aime les énigmes, y compris ma propre énigme. J'aime le jeu, je dirais même que j'ai beaucoup de difficulté à faire ce qui ne m'apparaît pas amusant. Je joue d'ailleurs sérieusement, comme les enfants, surtout quand il s'agit d'exprimer mon imagination. Et tout ça est important pour arriver à mieux se connaître, mieux se comprendre et, par conséquent, évoluer.

Parlons d'abord des énigmes. Le chemin de l'individuation est parsemé d'énigmes, comme si la vie voulait nous inciter à jouer avec elle. Et c'est bien ce qu'elle fait. Un exemple parmi des centaines d'autres: Un matin, une image me vient à l'esprit: je place une queue de poisson enveloppée dans le frigo. Etrange! J'ai failli laisser passer sans m'y arrêter, mais ma curiosité a été attisée, alors j'ai réfléchi. Qu'est-ce qu'on peut bien vouloir conserver, qui est pourtant si impropre à la consommation! Je me suis dit que je conservais parfois des attitudes qui me nuisent, des idées qui ne me font aucun bien, des illusions qui tournent en queue de poisson.

Vous voyez comment une banale image peut receler une leçon. C'est très amusant de constater combien la vie a le sens de l'humour dans ses "réparties". Et quand on se penche sur ce qu'elle nous dit et qu'on lui répond, elle se fait un plaisir de continuer le jeu, encore et encore. Je ne me lasse pas de découvrir un sens à ces petites énigmes qui parsèment mon chemin.

Quand j'ai commencé à dessiner, je l'ai fait comme un enfant. Je n'ai pas pris de cours pour apprendre à le faire "correctement". J'ai juste dessiné, pour mon plaisir. Les premiers résultats étaient bien sûr décevants; mais j'ai persisté, et mon inconscient s'est fait un chemin jusqu'à mes doigts sur le papier. Les résultats ont été étonnants, et mon enthousiasme à l'avenant. Il y a même eu un temps où je dessinais, sans m'en rendre compte de prime abord, deux dessins en même temps. En tournant ma page, quelque chose d'autre apparaissait montrant le paradoxe qui m'habitait: Une branche portant un nid d'oiseau, et l'autre côté montrait un vautour, la branche étant son cou.

Il m'est arrivé souvent de dialoguer (à l'aide de l'écriture) avec un petit "être" que je venais de dessiner, un "bonhomme" tout simple. Avez-vous déjà essayé ça? Bien sûr, il faut le faire sérieusement! C'est amusant, mais c'est aussi très instructif! Evidemment, cet échange est un dialogue avec soi-même, mais avec le recul nécessaire pour laisser libre cours à son imagination. Et l'imagination peut être la source d'une libre expression de ce qui est en partie inconscient en nous. Prendre conscience n'est pas une mince affaire, mais il y a des moyens à la portée de chacun de nous pour enclencher et maintenir un dialogue avec notre inconscient. L'écriture est un outil privilégié pour creuser dans la mine de notre esprit. En anglais "mine" ressemble beaucoup à "mind" et j'aime chanter en anglais la chanson des sept nains de Blanche-Neige: "In the mine, in the mine, where a million diamonds shine". Cette chanson est magnifique quand on la comprend symboliquement:

La semaine dernière, cette image m'est venue à l'esprit: un jeune garçon d'environ sept ans marchait vers le milieu d'une salle. Je dis le milieu, mais je n'en voyais pas les limites, ça ressemblait à un gymnase d'école. Arrivé "devant moi", il s'est arrêté et a étiré ses bras vers le haut, exactement dans la position que prend un enfant devant son père qui vient à sa rencontre et qui s'apprête à le prendre dans ses bras. C'était une attitude de parfaite confiance. J'ai mis en parallèle cette attitude avec celle que j'adopte parfois quand je me couche le soir: je m'abandonne entre les "mains" de ce qui est plus grand que moi. Je ne l'appellerai pas Dieu, parce que ce nom, employé à toutes les sauces, a une résonance très subjective différente pour chacun, ce qui prête à des interprétations. J'ai pensé au Tao ("l'être simple qui n'a pas de nom").* Quelques jours plus tard, une discussion sur Facebook m'a amenée à y repenser. Je me suis dit que la meilleure façon de nommer simplement, pour être comprise de tous, cette puissance, c'était simplement la Vie (avec un grand V). C'est alors que j'ai vu la lettre V deux fois sur un objet à ma droite, dans une haie (je marchais vers mon lieu de travail). C'était un sac de plastique tout chiffonné dans le buisson, et il portait ces mots: "Vive la VIE". J'ai raconté cette anecdote sur Facebook, et cherchant une image pour illustrer mon article, j'ai trouvé celle-ci (placée au début de ce texte), qui illustre magnifiquement bien l'image de l'enfant qui tend les bras vers un personnage invisible, qui bien sûr le prendra dans ses bras et le fera peut-être tourner comme ça.

Vive la Vie et les mille et une surprises qu'elle nous réserve en nous faisant tourner dans ses grands bras!

Michelle
6 mars 2010

P.S. Un merci spécial à Ariaga qui dans son commentaire à mon article "Dégager de l'enfance", m'a écrit: "Après cet angle de vision, j'attends l'autre", ce qui m'a incitée à tenir ma "promesse" et venir vous parler des aspects positifs de l'enfant en moi.
* A propos du taoïsme, je vous invite à lire cet article sur mon blog: