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Le grand lama et le petit être noir
La semaine dernière, deux personnages sont venus me visiter en esprit. Le premier, d'après son apparence était un moine, un lama: crâne rasé, vêtement blanc ou crème, ample et sobre. Il était très, très grand. Et très, très pâle. Et très réservé malgré, peut-être même à cause de son envergure. Mal à l'aise, il s'est heurté la tête au plafond semble-t-il (je n'ai pas vu ce plafond) et a fait une grimace. Il était question d'opération. Il a tenté de dire le mot "chirurgic..." et s'est enfargé dedans.Après j'ai vu André (mon nouvel amoureux) avec une fillette et une flaque de "kool aid" sur le plancher. Tout de suite après, je vois un lit d'enfant drapé de noir. Un être sombre surgit brusquement du coin supérieur gauche du lit, visiblement piqué au vif. Ces deux êtres si contraires m'ont interloquée, alors j'ai écrit, ce qui m'aide grandement à réfléchir. De toute évidence, ce lama c'est moi, je me reconnais en lui. Très intérieure, j'attache une grande importance à la spiritualité. Introvertie bien que sociable, je me sens toujours un peu mal à l'aise dans l'expression de ce qui me tient à coeur. J'ai besoin de dire ce qui m'habite, mais me cogne à mes limites (réelles?).Il m'arrive pourtant de m'épancher. Voyez: le lama se cogne, blessure, sang? Et tout de suite après, une fillette a renversé du "kool aid": Aide cool. Epanchement: ce n'est pas ma spécialité. C'est plutôt celle d'André, très coloré et qui s'exprime spontanément. Je suis toujours un peu gênée de m'exprimer, je ne le fais pas d'emblée. Et ici surgit du petit lit noir (inconscient) le petit être noir. C'est lui qui m'intrigue le plus. Il a l'air très contrarié. Alors, je lui ai parlé (eh oui, c'est la meilleure façon d'entrer en contact). Je l'ai interrogé et voilà ce que j'ai appris (j'ai un peu condensé ici):Moi: Que fais-tu là? Qui es-tu?Lui: Je bondis. Qui je suis? Sais pas, ... suis pas, suis suie et énergie concentrée là et endormie au creux de cette noirceur bénie. Energie en suspens. Ce soir, je t'ai fait peur, tu n'as rien vu en fait. Comme quand ta soeur te lisait un livre en ajoutant un loup dans les coins noirs, tout droit sorti de son imagination.Moi: Je vois... je ne te vois pas vraiment, petit être condensé, pas maléfique malgré les apparences!Lui: Tu me demandes ce que je fais là (il se gratte la tête). Tu m'as appelé, il me semble. Je dormais et soudain il y avait cette flaque sucrée. Grrr! Débordement. J'ai débordé. Débordé de la tranquillité de cette intimité. Pas sereine cette intimité, toujours inquiète, aux aguets, oui, inquiète cette enfant, inquiet ce lit, pourtant refuge, abri, "fort" intérieur. Moi: Hum, un loup qui n'y est pas vraiment. Loup, y es-tu?Lui: Je ne suis pas un loup. Je suis suie noire et énergie. Je suis ce qu'on fera de moi au fil du temps. J'ai la vivacité de l'écho dans les montagnes. Je réponds aux cris de l'esprit quel qu'il soit. Je suis "présent" forcément.Moi: Connais-tu le lama?Lui: Je le connais bien. Il m'appelle depuis longtemps. Il m'entend, il m'écoute. C'est un bon gars, écho lui aussi. Echo des autres, si souvent. Echo de la nature aussi. J'aimerais qu'il teigne ses vêtements de vives couleurs, pour que je puisse répondre à son chant bruissant devenu puissant! Demain peut-être? quand il sera... plus grand? Ah, ah!Michelle29 juin 2010P.S. A propos de vêtements pâles et de flaque rouge, je vous invite à relire cet article de mon blog où je racontais une autre image de mon esprit, survenue aux tout débuts de ma relation avec André. http://le-chemin-au-dela.blogspot.com/2010/04/la-femme-en-blanc.html
Quelle imagination ou plutôt quelles images venues du plus profond de ton subconscient,je pense que ton esprit a été éveillé par André qui t'oblige à penser d'une autre façon,comme dirait Bachelard,ce que tu racontes est un rêve éveillé qui fait naître en toi certaines images enfouies au plus profond de toi-même et en rapport direct avec ta propre culture.Quant à la difficulté d'exprimer tout cela ,moi tout au contraire je pense que tu le fais assez facilement!!!JOCELYNE
RépondreSupprimerBonjour Michelle,
RépondreSupprimerJe vous lis avec plaisir et intérêt depuis que j’ai découvert votre blog. Ma sympathie pour l’œuvre de Jung et pour celle d’Étienne Perrot, entre autres choses, y trouve son compte.
Dans cette dernière note relatant votre imagination, le Kool-Aid m’a intrigué. Je ne savais pas ce que c’était. Je le sais maintenant grâce à Wikipedia : c’est à l’origine une boisson sucrée à bases de fruits, si j’ai bien lu ce que j’avais sous les yeux. J’ai aussi noté qu’une expression populaire dit : « Do not drink the Kool-Aid » et qu’elle signifie : « Quoi qu’on vous dise, ne le croyez pas trop fort.»
Peut-on imaginer que l’attrait du fruit sucré ferait avaler n’importe quoi à la fillette ? Pour donner un peu de couleur au lama ?
Voilà la question que je me suis posée. Stupidement, peut-être.
Bonne continuation
Amezeg
A Amezeg, je ne sais si tu reviendras lire les autres commentaires, mais j'ai envie de te répondre. Le "kool-aid" était très apprécié par tous les enfants ici au Québec, surtout dans la chaleur de l'été (je ne sais pas si ça l'est encore), bien que ce ne soit pas très nutritif, saveur de fruits, sucre, et couleur attirante... Il m'est arrivé une fois il y a quelques années de voir, en image mentale, un contenant de kool-aid dans les mains d'une femme. Il ressemblait à une cornue (le vase). J'hésitais à assister à une conférence sur la ménopause à l'endroit où je travaille, et cette "vision" m'avait décidée à y aller. Je l'ai vue comme une réponse à mon interrogation... mais oui, pourquoi pas, ce sera une "aide cool"!
RépondreSupprimerMichelle
Ainsi, Michelle, la cornue serait débordante d’ « aide cool » qui se répand sur le sol et la fillette va peut-être lécher le plancher pour s’en régaler, et en bénéficier comme ce fut le cas il y a quelques années. Ou alors, version pessimiste, le vase s’est-il malencontreusement fendu laissant échapper un peu du précieux élixir et cela demande un petit réglage du feu pour éviter une trop grande montée en pression ? Le petit être noir n’a-t-il pas bien l’air d’être un pendant secret (ombre) du lama, bondissant, donc assez sous pression ?
RépondreSupprimerAmezeg
Salut Amezeg,
RépondreSupprimerOui, tout à fait. Et je me suis demandé si le lama a des difficultés à s'exprimer en fait parce qu'il a peur de laisser échapper le petit être noir, qui lui est trop prompt, ou si le petit est trop prompt parce que l'autre ne l'est pas assez. La petite fille n'aura pas à lécher le plancher, il y en a encore ailleurs. Laisser échapper hors de soi, c'est parfois maladroit, surtout quand on est peureux, et parfois carrément exagéré!
Bonne journée,
Au plaisir de te relire!
Michelle
Ah ! régler l’équilibre des pressions intérieures, ce n’est pas une mince affaire qu’on règle une fois pour toutes avec un manomètre ordinaire ! J’en connais qui ont des bouilloires sur-pressurisées en guise de pneumatiques pour leur automobile… c’est dire si la chose est délicate à ajuster...! Il faut rester constamment aux aguets et ne pas fermer l’œil (le bon ). Je n’y arrive pas toujours. Une petite somnolence est si vite arrivée ! Et puis, nous ne sommes pas toujours bien informés ni bien attentifs, ou bien la poignée de réglage du manomètre n’est pas à notre goût, trop grande ou trop petite, trop rouillée ou trop libre, ou bien ce n’est pas le bon jour…ou bien tant de choses qui nous arrêtent en si bon chemin… :-))
RépondreSupprimerEn tout cas, Michelle, je suppose que ce dialogue engagé avec le petit noiraud bondissant est un pas de plus dans la direction de l’équilibrage des pressions entre « grand l’âme a » et « noir je suis, je suie, je suis le blanc de près et lui donne du fil à retordre » ? :-)
Amicalement
Amezeg
Merci Amezeg pour tes commentaires qui m'ont fait approfondir ces images qui je le sens m'habitent depuis ma tendre enfance. Je suis certaine que la cruche n'était pas fissurée, c'est la fillette qui a échappé le liquide. Je sais a quoi ça fait référence, mais ne veux pas parler de quelque chose d'aussi personnel et actuel. Mais j'ai eu l'impérative impulsion de parler ici du grand lama et du petit être noir.
RépondreSupprimerSi tu as envie de m'écrire personnellement, n'hésite pas, il suffit de cliquer sur "afficher mon profil complet" et tu pourras m'écrire.
Au plaisir,
Michelle
C''est un plaisir, alors que je reviens doucement vers la vie des blogs, d'observer une si belle relation entre le conscient et l'inconscient. A bientôt.
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