dimanche 8 novembre 2009

Labyrinthe

Labyrinthe de la Cathédrale de Chartres
Extraits à propos du symbole du labyrinthe - Le dictionnaire Marabout des symboles
"Lieu où il est facile de s'égarer, de se décourager, le labyrinthe évoque le désespoir de ceux qui errent sans avoir entendu l'appel intérieur vers la spiritualité ou privés de doctrine extérieure. Il représente aussi la complication, les difficultés et épreuves du parcours initiatique que tout individu doit suivre dans la recherche du Soi, le centre de sa personnalité où s'effectue la seconde naissance. Traditionnellement, le labyrinthe comptait 3 chemins, l'un n'aboutissant nulle part, symbole de l'errance du Fou du Tarot, de l'inconscience; le second comportant de nombreux détours où l'on s'égare, symbole des fardeaux superflus dont nous nous chargeons; et enfin le troisième, conduisant directement à l'extérieur, symbole de la Connaissance directe."

"Sur le plan individuel, le Minotaure du labyrinthe représente les aspects néfastes de notre personnalité, les instincts réprimés et refoulés devenus des complexes paralysants, les scrupules... Tout ce magma épuisant doit être détruit (mis à mort) si l'on veut retrouver ce troisième chemin pavé d'espoir, menant à la liberté et à la réalisation totale. Il suffit de suivre le fil d'Ariane (suivant le mythe, Ariane permet au héros, Thésée, de sortir du labyrinthe après avoir tué le monstre, en lui remettant un écheveau de fil de lin) symbole de l'imagination. Là où nous pensions tuer l'autre, c'est notre propre ego que nous sacrifierons; là où nous pensions cheminer vers un monde extérieur, nous atteindrons le centre de notre propre existence; là où nous pensions être seuls, nous serons avec le monde tout entier."

"Nous rejoignons ici l'idée de la spirale, du mandala, diagramme élaboré autour d'un centre, celui atteint par l'initié."

La sorcière de Portobello - Synchronicité


"Je crois qu’il y a en ce moment un grand conflit entre les personnes qui nient complètement la possibilité de quelque chose au-dessus d’elles, et celles qui croient ; et parmi les personnes qui croient, il existe un conflit encore plus grave, il y a celles qui veulent simplement se rendre à une manifestation religieuse au sens classique de la religion, et celles qui vont à une manifestation spirituelle, et là, finalement, un choc se produit, tout le monde voulant reporter sa responsabilité sur la religion et oubliant sa responsabilité, tandis que l’être humain présent à ce moment-là est responsable de ce monde. Alors c’est ce côté spirituel qui est le fil conducteur de « La Sorcière de Portobello », ou leurs propres conflits dans la quête de ce côté spirituel, et je crois que c’est le mode central du livre."
Ainsi s'exprime Paolo Coelho dans une entrevue au sujet de son livre "La sorcière de Portobello", livre que j'ai lu dernièrement.

Vous trouverez l'entrevue au complet ici: http://www.lasorcieredeportobello.fr/interview_portobello.php

Il m'est arrivé une synchronicité alors que je lisais "La sorcière de Portobello". Ce livre parle d'une femme qui découvre peu à peu ses capacités d'entrer en contact avec la Grand Mère. Sa façon d'entrer en contact est d'agir de façon contraire à son impulsion naturelle. Elle se découvre des dons de guérisseuse, de medium, elle anime des réunions qui deviennent très populaires. Un révérend d'une secte très traditionnelle porte plainte contre elle et ses disciples, disant qu'elle répand des pratiques diaboliques.

Je venais de lire ça, j'étais assise dans le métro, et je me disais que ce sujet rejoignait mon article sur Dieu (article précédent sur ce blog), quand tout à coup un jeune homme s'asseoit à côté de moi avec une bible des Mormons dans les mains. Il s'adresse à un autre jeune homme qui est assis juste à côté, le salue, et se met à lui parler de Dieu. (J'étais entre les deux, l'un assis à ma droite et l'autre juste en face de moi "de travers"). Le jeune homme l'arrête tout de suite et lui dit qu'il ne croit pas en Dieu. L'autre insiste... poliment son interlocuteur l'arrête. Le Mormon se lève et s'en va. Je n'avais pu m'empêcher de m'exclamer que je lisais justement à propos d'affrontements entre personnes de croyances différentes. Alors le jeune homme m'a parlé un peu après le départ de l'autre, m'a dit que c'était quelque chose, quand même, de pouvoir faire ça, en plein métro, s'adresser à un pur inconnu pour lui parler de Dieu. Il m'a dit que notre vision de Dieu est subjective. C'est bien vrai. Inutile de vouloir convaincre qui que ce soit que c'est notre vision qui est "la bonne". Ce qui est important c'est d'être soi-même, de suivre son intuition et sa propre évolution vers un mieux-être individuel... et collectif!

samedi 31 octobre 2009

Symbolisme divin

Collage - Dieu et l'homme et les fleurs - 19-08-2001

Dieu - Extraits du Dictionnaire des symboles, aux éditions Laffont
"Parce que l'étude de Dieu (théologie) est liée à celle de l'être (ontologie), ces deux termes ont été souvent confondus et chacun d'eux pris pour le symbole de l'autre en ce sens qu'ils se renvoient l'un à l'autre dans la connaissance imparfaite que nous pouvons en obtenir. Le nom de Dieu ne serait qu'un symbole pour recouvrir l'inconnu de l'être, tandis que l'être ne serait qu'un autre symbole pour renvoyer au Dieu inconnu. Il n'est pas d'autre nom de Dieu que celui qu'il se donna à lui-même: "Je suis celui qui est."

"On ne s'étonnera pas que, dans leur effort pour décrypter l'énigme, dès ici-bas, les hommes soient parvenus à des représentations de Dieu infiniment variées, ni qu'ils aient transféré sur leur idée de Dieu la connaissance qu'ils avaient d'eux-mêmes et de leur rapport avec le monde. Frappés par un sentiment de dépendance impuissante, ils ont projeté leurs désirs et leurs craintes en un Etre supérieur qui fût capable de les satisfaire et de les défendre."

"Suivant le symbolisme anagénétique de Paul Diel, les divinités symbolisent les qualités idéalisées de l'homme. L'épanouissement des qualités s'accompagne de joie, leur distinction engendre l'angoisse, l'inhibition, l'impuissance, le tourment... Le mythe, pour extérioriser ce combat intérieur, montre l'homme en lutte avec des monstres, symboles des penchants pervers. Les divinités sont imaginées aidant l'homme ou lui prêtant des armes. Mais, ce qui vient réellement au secours de l'homme, ce sont ses propres qualités (symbolisées par la divinité secourable et par les armes prêtées par les divinités). Sur le plan des conflits d'âme, la victoire est due à la force inhérente de l'homme."

................................................................................

Dans Psychologie et alchimie, Jung écrit: "...la science commença par les étoiles et l'humanité découvrit en elles les dominantes de l'inconscient, les "dieux", ainsi que les singulières qualités psychologiques du zodiaque: projection d'une doctrine complète du caractère humain... De telles projections se répètent partout où l'homme tente d'explorer un vide obscur qu'il remplit involontairement d'une forme vivante."

Dieu est agissant en tant que symbole... Existe-t-il? Une chose est certaine, il existe vraiment dans l'esprit des gens. Le royaume de Dieu est en nous; d'ailleurs c'est Jésus lui-même qui l'a exprimé ainsi. Comment répondre justement à la question: "Crois-tu en Dieu?" Nulle notion n'est plus subjective que cette notion de Dieu.

J'ai lu il y a longtemps une biographie de Goethe où on parlait brièvement de son traité des couleurs. On disait que si dans une pièce sombre un peu de lumière entre, cette lumière sera bleue. Ce qui m'a amenée à penser que le ciel est bleu parce qu'il y a derrière un grand espace plongé dans le noir, et parce que nous avons un atmosphère autour de la terre. Si on compare le ciel à Dieu (royaume des cieux) et la terre à l'humain, l'atmosphère qui permet à l'homme de respirer lui fait voir le ciel bleu. Ce ciel bleu représente donc la frontière entre l'humain et le divin, rencontre du ciel et de la terre! Dieu, si tant est qu'il existe "réellement", est inconnaissable, absolument hors de portée de notre conscient. Chacun se le représente donc à sa façon.
L'archétype de Dieu est présent, consciemment ou inconsciemment, dans l'esprit des gens, et la relation (ou non-relation) qu'entretient chaque humain avec lui est personnalisée et individuelle. La majorité de l'humanité a besoin de lui pour éclairer sa lanterne et pour ne pas perdre espoir par un sentiment d'impuissance. (Et quand je dis lui, bien sûr, je pourrais aussi bien dire elle, ou eux, selon les croyances.) Dieu est en nous ce qu'il y a de plus vivant et régénérateur, du moins il devrait l'être! Dieu est un symbole très puissant dans la psyché de l'humanité, qu'on croie en un Dieu créateur ou non, quelle que soit notre manière de le concevoir et quel que soit le nom qu'on lui donne: Le Tao, l'Energie, le Soleil, le Grand Esprit, la Grande Mère ou Dieu, tout simplement :o)

Michelle
31 octobre 2009
P.S. Pour en savoir plus sur les symboles:

jeudi 29 octobre 2009

N'a vie que tout

Magie des lanternes, jardin botanique de Montréal, 21 septembre 2009

Le 10 septembre, un mot m'est venu en tête: "Naviktout". J'ai trouvé qu'il ressemblait à un mot en langage Inuit. En le décomposant selon l'usage de la langue des oiseaux, j'ai obtenu ceci: "N'a vie que tout". Et cette phrase, je l'ai comprise ainsi: Rien n'a de vie sans faire partie du tout. N'a vie que le tout, un élément isolé ne pouvant être viable. Et c'est vrai sur tous les plans, tout étant en interaction constamment.

La vie est un TOUT dont rien ne peut être soustrait

et qui est relié en énergie, formant une formidable cohésion:

inséparable vie qui se recrée continuellement!

Michelle

29 octobre 2009

dimanche 25 octobre 2009

Chercheur de vérité


Le vrai chercheur de la vérité
ne cherche jamais la vérité.
Au contraire, il essaie de se nettoyer
de tout ce qui est faux, inauthentique, pas sincère,
et quand son cœur est prêt, purifié,
tout arrive.

Dharmapa

jeudi 22 octobre 2009

Vers la simplicité


"L'homme a plusieurs peaux en lui, couvrant les profondeurs de son coeur. L'Homme sait beaucoup de choses mais il ne se connait pas lui-même. Trente ou quarante épaisseurs de peau aussi dures que celle du boeuf ou de l'ours couvrent son âme. Plonge-toi en toi-même et apprends-y à te connaître." Maître Eckart

Ces paroles de Maitre Eckart me font penser à un rêve que j'ai fait en 1979, alors que mon cheminement venait juste de commencer: Je voulais prendre une douche avant de partir pour le travail. Je commençais à me déshabiller; j'enlevais un vêtement, il y en avait encore un dessous, j'enlevais l'autre, il y en avait encore un, j'enlevais mes bas, il y avait une autre paire dessous; je pensais arriver au bout, et j'avais encore et toujours quelque chose sur le dos. J'avais peur d'arriver en retard au travail, et soudain je me retrouve sur mon lieu de travail, épuisée, incapable de travailler. Un patron vient me demander si je veux aller à l'hôpital. Je dis non. J'ai peur qu'il m'y envoie quand même. Une compagne de travail et amie vient me voir, elle compatit à mon sort et me fait asseoir sur un banc de bois. Des collègues qui m'aiment forment une ronde autour de moi. Je suis un peu gênée et émue. A la fin de la ronde, une petite fille blonde s'avance vers moi, elle dit: "Michelle" et vient me faire un câlin.

Quelques années plus tard, j'ai écrit cette phrase qui résume le sens de mon cheminement: "Ce que je cherche, c'est la simplicité cachée sous la complexité des choses!" Cette simplicité est naturellement celle de l'enfant en nous, qui ne s'embarrasse pas de théories et spontanément s'ouvre à la vie. Mais comme le dit Carl Jung: "La simplicité est ce qu'il y a de plus difficile".

Pourquoi difficile? Comme l'alchimiste de Paolo Coelho, nous cherchons aux antipodes le trésor qui se trouve en nous, dans notre maison; nous encombrons notre vie de méthodes, de principes et de raisonnements, alors qu'il nous suffit d'écouter la petite voix intérieure accordée à notre coeur, qui ne se trompe jamais.

Etienne Perrot écrit: "Cette voie est accessible à tous, riches et pauvres, savants et illettrés, mais pour y entrer il faut abdiquer la rigidité superbe de la raison et de la satisfaction de soi. Jung attestait que les patients qui lui avaient donné le plus de mal appartenaient à la catégorie dite des "intellectuels" pour qui toute expérience, toute donnée vitale peut être convertie, par un tour de passe-passe, en matière de discours et de discussion. Ce à quoi je vous convie est un bain de naïveté, de légèreté, de poésie. Le chant de l'âme profonde est poème."

"L'homme accompli n'est pas pour le monde un roi ou un puissant: il ressemble par plus d'un trait à la violette et au coquelicot." Tendre à la simplicité des fleurs des champs, rien n'est plus efficace pour se rapprocher de soi-même et des autres.

Michelle

P.S. Les citations d'Etienne Perrot sont tirées du livre "La voie de la transformation d'après C.G. Jung et l'Alchimie".

dimanche 18 octobre 2009

Le grand mandala

Un mandala est en train de se tisser, lentement mais sûrement, en nous et entre nous. Il grandit en beauté et en force chaque jour, et bien que jusqu'à maintenant on le voie parfois sous un jour défavorable, en le regardant sous un certain angle, les jours de cafard, je vous assure que, sous tous ses angles, il se construit. Tours sur tours, matière sur matière spirituelle, les bouts manquants se retissent, se refont, aux angles de la vie meurtrie, et chacun tisse avec amour et sans le savoir une petite partie très particulière, un bout de Soi, qui est relié subtilement aux autres vies, formant ce tapis géant sous l'océan.
Je dis tapis, mais vous comprendrez qu'il s'agit d'un "tapis" en trois dimensions, vivant et grandissant, qui est tissé par le présent, sans relâche. Oeuvre vivante qui se crée et se recrée dans un même mouvement familier, et sous des couleurs multiples, dont l'organisation et l'action se faufile dans la trame des émotions. Ce tapis, léger dans toutes ses belles parties, est plus lourd et presque délavé dans certains de ses quartiers. C'est que l'esprit n'y habite plus comme avant, et ce sont ces parties avilies qui rendent tout le tapis lourd et gris, du moins aux yeux aigris, qui portent en permanence des lunettes noircies.
Et la joie, comme un feu de l'esprit, vient s'insinuer dans les replis; c'est elle qui anime le beau mandala-tapis et lui rend son brillant, sa gaité, ses couleurs hardies. Bien plus, la joie imbibe d'une liqueur délicate et savoureuse toutes les fibres du grandiose ouvrage de la vie. C'est sans doute pourquoi, parfois, on se sent libéré comme un oiseau qui se sert du vent comme allié.
Car bien que prisonniers de ce grand mandala qui nous habite, son dessein collectif passionnant et captivant, son but qui ne sera atteint que lorsque chacun aura trouvé le sien, et sa parure qui prend toutes nos couleurs à mesure qu'on grandit, bien que prisonniers, en vérité, je vous le dis, c'est au sein de cet hétéroclite tapis qu'on peut sans contredit jouir de la vie, et libérer en nous tout un monde jadis figé et rabougri.
Allumez chacun la petite lumière de votre vie, pour éclairer la trame collective, l'histoire de nos milliers de vies réunies par un même appel: l'appel d'un vaste mouvement qui sans répit se construit dans la matière animée par l'esprit.
Ce mandala dont je rêve aujourd'hui, il devient visible petit à petit, il embellit, il s'ajuste, il se libère des noeuds dont il était rempli, et il se charge chaque jour de multiples connections qui le rendent plus léger et finement tissé dans les matériaux les plus subtils. L'oeuvre embellit de jour en jour, pendant qu'on le polit et le repolit, ensemble, lui faisant prendre un beau pli vers un destin béni, aux rebondissements infinis!
Michelle
1er janvier 1996