samedi 9 novembre 2013

TROIS RÊVES

Rêve du 23 septembre

Je suis dans une maison cossue.  L'homme qui vit dans cette maison parle ou on lui parle d'un objet qui lui appartient dont on a découvert qu'il avait moins de valeur qu'on le croyait.  Ensuite, je vois une servante de la maison en train de frotter un couvercle métallique, qui ressemble à une cloche à gâteau rectangulaire.  A l'endroit où elle frotte, le couvercle de couleur argentée prend la couleur de l'or.  Elle continue de frotter.

Commentaire:   L'objet dont on découvre qu'il a moins de valeur qu'on le croyait est entre les mains des maîtres de la maison, mais l'objet qui se révèle être en or est dans les mains de la servante.   Question d'attitude:  Un égo trop fort et on ne voit pas la vraie richesse autour de soi.  Une attitude plus humble, réceptive, permet de mieux "changer" ce qu'on touche en or.   La tendance qui pointe parfois de s'identifier au Soi doit céder la place à une attitude d'ouverture aux expériences que la Vie nous amène.  Jung écrit:  "L'abandon de soi donne à l'inconscient sa chance, aussi grande qu'indispensable."

Rêve du 1er octobre

J'attends des invités et soudainement, je me retrouve avec le poids d'un double de moi-même sur l'épaule et le dos, avec le sentiment qu'il est très important que je le supporte.

Commentaire:   Suite de la citation de Jung du précédent commentaire:  "... Mais comme l'inconscient est fait d'oppositions:  nuit et jour, clair et sombre, positif et négatif et même bien et mal, comme il est ambivalent, donc, le moment ne peut pas manquer de venir où l'être humain doit tenir bon ... et suivre fidèlement la ligne qui est la sienne, afin d'éviter la catastrophe, le déraillement; et ce moment, c'est celui où la vague reflue.  Or seule une volonté consciente, c'est-à-dire le moi, est en mesure de tenir bon.  C'est là la grande, l'irremplaçable importance du moi; pourtant elle n'en reste pas moins relative ... Mais tout aussi relative est cette conquête, cette élévation que représente l'intégration de l'inconscient.  On ajoute à sa clarté et à ses ténèbres; plus de lumière signifie aussi plus de nuit."   Carl Jung - L'âme et le soi

Rêve du 6 novembre

Je suis avec une autre personne.  Je ne sais qui, mais c'est un garçon il me semble.  Nous avons peur d'entités étrangères.  Nous sommes relégués à un petit espace, une pièce dans une maison, et tâchons de garder un "profil bas" pour ne pas attirer l'attention.  Nous cherchons des moyens d'être le plus en sécurité possible malgré la menace qui plane.  Et puis nous voyons par la fenêtre tout près un personnage, debout sur le balcon, qui nous tourne le dos.  La personne qui est avec moi est tout près, derrière le rideau.  Et puis nous reconnaissons une femme que nous connaissons bien, que j'identifie comme la mère (pas la mienne, une mère dans le sens large du mot).  Nous éprouvons immédiatement un grand soulagement.  La menace est tombée, il n'y a pas de menace.  Il n'y a que cette femme, qui s'était abritée ici avant nous. 

Commentaire:  Ce rêve est très récent, je vais continuer à y réfléchir.  Pour le moment, voici les idées qui me sont venues.  La menace est plurielle, elle est partout à l'extérieur.  La Mère, unique, est arrivée avant nous.   Je pense à la Mère-Nature, notre source.  Le sentiment d'être reliée au Tout me protège des "extra-terrestres", ces menaces irrationnelles familières à beaucoup d'introvertis comme moi.

A la prochaine,
Michelle 

8 commentaires:

  1. Bonjour Michelle,

    Le contexte intérieur et extérieur au moment du rêve ainsi que les rêves qui ont éventuellement immédiatement précédé ou suivi sont souvent bien utiles sinon indispensables à l’interprétation d’un rêve et je ne les connais pas, toutefois, à propos du rêve du 23 septembre je me dis ceci :

    Le maître de maison représente peut-être le masculin de/dans la personnalité ou un aspect majeur de ce masculin qui en quelque sorte règne ou tendrait parfois à régner en maître sur la personnalité. L’objet qui lui appartient, c’est à dire ce qui lui est propre, pourrait alors être le logos, la faculté de discrimination intellectuelle.
    La servante serait tout naturellement une représentante (ou représentation) du féminin ou de l’un des aspects importants du féminin au sein de cette même personnalité. Le couvercle rectangulaire, qui est comme une cloche à gâteau qui recouvre et contient, évoquerait bien, lui aussi, le féminin. Le rectangle est proche du carré qui symbolise la terre Yin opposée au cercle du ciel Yang.

    Mais ce couvercle réunit l’or et l’argent, réunit le lunaire et le solaire, réunit le masculin et le féminin. Il évoque donc sans doute la réalité androgyne de la personnalité que le logos ne sait découvrir en usant de la faculté intellectuelle discriminante qui sépare les choses, tandis que l’humble et persévérante attention " carresssante" du féminin, l’éros en somme, la capacité à lier les choses, y parvient.

    Amicalement,

    Amezeg

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  2. P.S. - Ce rêve du 23 septembre serait donc peut-être un rêve de compensation qui viendrait revaloriser le féminin et l’éros face au masculin et au logos qui tendaient peut-être à prendre trop de place et d’importance, soit dans cette dans cette période de septembre, soit de façon plus large dans le fonctionnement habituel de la personnalité... ?

    Amezeg

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  3. Bonjour Amezeg, merci pour tes commentaires, toujours appréciés! Je sais que la veille de ce rêve, j'avais eu des pensées du genre "rêve de puissance". Ça ne m'arrive plus souvent, alors que pendant quelques années plus inflationnistes, ces rêves éveillés étaient chose courante. Je pense que ce rêve était un rappel au bon sens et à la patience sans attentes!
    Merci encore, amicalement,
    Michelle

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  4. Très intéressants tes rêves...Michelle !

    Je te dis ce qui me vient à leur propos...tu prends ou pas, bien sûr !

    Premier rêve :
    Le propriétaire de la maison (ego ? part masculine ?) ne voit pas la "valeur" des choses là où elle se trouve vraiment : il sur-estime certains objets (dans la maison = en lui) et il en "sous-estime" d'autres...
    Le couvercle banal est en fait précieux (or) mais pour le voir, il faut "frotter", c'est à dire enlever la couche superficielle et aller voir ce qu'il y a "sous "les apparences...
    Celle qui le fait, c'est la "servante", c'est la partie humble et féminine de la personnalité...celle qui n'hésite pas à "nettoyer" patiemment les objets et la maison.
    Il y a peut-être aussi dans ce rêve, une allusion à la transformation "alchimique" de l'être...(métal, or).
    Et puis aussi peut-être quelque chose en rapport avec des éléments "mis sous cloche" (le couvercle qui "cache" certaines choses, les met "hors de vue" ou d'atteinte).

    Deuxième rêve :
    "Supporter" certains aspects de soi-même qui paraissent "lourds" ? Ne pas les "rejeter" ?
    Le fait qu'ils soient "dans le dos" : ils sont inconscients ?
    Les invités : d'habitude, on veut faire "bonne figure" devant les inviter...appel à plus d'authenticité ? le "double" (la "deuxième face") demande, elle aussi, à être reconnue ?

    Troisième rêve :
    Peur...de l'inconnu ? (entités étrangères)
    Peur de "ce qu'on ne connaît pas" et qui semble pourtant être en nous (dans la maison).
    Peur finalement injustifiée car il n'y a rien de menaçant : le personnage n'est pas dangereux, c'est la "mère", l'aspect féminin, maternel qui est là...sur le balcon, donc pas vraiment "dans " la maison , mais tout près...
    La peur étant passée, faut-il lui ouvrir la porte ?

    La peur du début faisait adopter un "profil bas" et se cantonner dans une toute petite pièce...
    Je ne dirais donc pas qu'il s'agit d'inflation, mais du contraire : un rétrécissement injustifié de la personnalité, dont on n'accepte pas "toutes les composantes", parce qu'elles paraissent (à tort) "étrangères", "menaçantes"...
    La présence du "garçon" est familière, celle du "féminin maternel" le paraît moins...intégration du principe féminin, dans toute son ampleur, en vue ?

    Ce qui rejoint les deux premiers rêves : supporter la totalité de soi...et accorder de la valeur à ce qui semble ne pas en avoir (les qualités féminines et maternelles)...
    Soulever la "cloche"...pour voir ce qu'il y a dessous...et habiter toutes les pièces de la maison...

    Amicalement.

    La Licorne




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  5. Voici, Michelle, quelques réflexions que m’inspire ton rêve du 1er octobre.
    En te remerciant de nous offrir ici de belles occasions de méditer rêves et visions (et de projeter peut-être notre propre situation sur tes rêves, bien entendu !) :

    Se prendre en charge dans l’élargissement de soi-même que représente la reconnaissance de la personnalité inconsciente*, reconnaître et accepter que nous sommes davantage que notre personnalité consciente. On peut dire qu’il est important que nous assumions la réalité et la charge de notre ombre* comme véritable part de nous-mêmes, car notre "totalité" est à ce prix.
    On peut également envisager que le Soi se tienne ou se tient, d’une certaine façon, dans l’ombre par rapport au petit point de lumière concentrée que représente notre moi conscient. Porter ce double serait alors accepter que le Soi nous gouverne, nous dirige tel le bon cornac porté par l’éléphant, que le Soi gouverne notre vie. Pas de cornac ici bas s’il n’y a pas d’éléphant pour le porter : pas de réalisation de Soi sans un moi qui L’accueille lorsqu’Il s’invite.

    Amezeg

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  6. Petit retour sur le rêve du 23 sepptembre... :

    Un gâteau peut évoquer le délice que nous goûtons lorsque nous goûtons à notre réalité la plus plus forte et la plus grande, la réalité de Soi. Lorsqu’une femme découvre l’or solaire que l’argent lunaire dissimulait à sa vue elle est en situation de réunir ces opposés, en situation de lever le couvercle qui s’interposait entre elle et la réalité "en elle" où s’unissent ces opposés.
    Il lui faudra alors accepter de porter, à la fois sur son épaule et dans son dos, cette réalité qui a d’une part percé à la conscience, sur l’épaule peut-être, mais qui d’autre part demeure aussi en grande partie "invisible", c’est à dire à l’arrière-plan, dans le dos.

    Amezeg

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  7. Merci La Licorne,

    Ce que tu écris à propos de mon premier rêve surtout me parle beaucoup, particulièrement ce que tu dis à propos de la signification de la servante.

    A propos du 3e rêve, il ne s'agissait pas de ma maison mais d'un endroit où je m'étais abritée. Est-ce que ce qui me fait peur fait aussi partie de moi? Je ne le sais pas, je suis au cœur du problème, ne l'ai pas dépassé ... je le saurai peut-être un jour!

    Merci beaucoup,
    Michelle

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  8. Rebonjour Amezeg,

    J'aime bien ton image de l'éléphant avec son cornac. Tu sais que le symbole de l'éléphant me suit depuis très longtemps! Quant au gâteau, je ne crois pas que la servante, bien qu'elle donne de la valeur à ce qui le couvre, puisse y goûter ... mais le maître de maison ne s'en privera pas, et c'est aussi moi!

    A La Licorne,

    A propos des invités et de l'appel à l'authenticité, le symbole de la fillette dont je parlais dans mon précédent article fait justement partie de ce que je sens non authentique en moi. La différence est très claire entre mon moi et ce masque de contentement, qui m'agace et qui d'ailleurs est en train de changer petit à petit.

    Merci pour votre visite, tous les deux,
    Bises amicales,
    Michelle

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