samedi 1 octobre 2011

Le chemin vers Ithaque

C'est moi en Gaspésie en juillet 1978, photo prise par mon ami Steve


Garde toujours Ithaque présente à ton esprit.
Y parvenir est ta destination finale.
Mais ne te hâte pas;
Mieux vaut prolonger ton voyage pendant des années
Et n'aborder dans l'île que
Riche de ce que tu auras appris en chemin.

N'attends pas d'Ithaque d'autres bienfaits.
Ithaque t'a offert un beau voyage.
Sans elle, tu n'aurais jamais pris la route.
Elle t'a tout donné, elle n'a rien de plus à t'apporter.

Et même si, à la fin, tu trouves qu'elle est pauvre,
Ithaque ne t'a pas trompé.
Car tu es devenu un sage, tu as vécu intensément,
Et c'est cela que signifie Ithaque.

Constantin Cavafis, à Alexandrie (1911)
Extrait d'un poème que j'ai trouvé dans "Le zahir" de Paulo Coelho

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J'ai retrouvé ce poème sur Internet, traduit différemment et commenté par Jacques Lacarrière. Voici le lien pour vous permettre de lire poème au complet et commentaires:
http://www.cles.com/dossiers-thematiques/cultures-du-monde/heureux-celui-comme-comme-ulysse/article/le-chemin-vers-ithaque

Extraits des commentaires de Jacques Lacarrière:

"Ithaque n’est ici que le prétexte d’un retour qui devient, par les épreuves traversées, un véritable retour sur soi-même. Loin d’être des obstacles ou des empêchements, ces épreuves deviennent des sources de salut ou de connaissance et c’est pour elles, par elles, que le voyage prend son sens."

"Tout retour vers Ithaque est donc aussi un retour sur nous-mêmes, un apprentissage du monde, des hommes et des monstres qui nous mène en son terme au seuil ou au coeur de la connaissance."

"Quelle que soit la terre qu’il abordera au bout de ses épreuves, elle sera, immanquablement, le pays de sa véritable origine."

Bonne route,


Michelle

5 commentaires:

  1. Merci pour ce partage en profondeur Michelle.

    Jean

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  2. Beau poème...

    Oui, le chemin est plus important que la destination...

    Cela me fait penser à la fin du livre "Les étoiles de compostelle" d'Henri Vincenot.
    Arrivé enfin à Saint-Jacques après un très long trajet à pied, le jeune Jehan est plutôt déçu des quelques pierres qu'il voit...et le vieux "Prophète" qui l'a entraîné dans cette aventure essaie de lui faire comprendre que ce qui compte, ce n'est pas ce qu'il a trouvé "au bout", mais tout ce qu'il a appris en chemin:

    "Ton chemin, tu l'as fait, hein ?
    Tu y a appris le tracé...
    Et tu y as trouvé l'amitié compagnonnique...
    Tu as fait le labyrinthe...et trouvé le métier...
    Tu y as appris à souffrir...et au bout de ta fatigue, tu as trouvé le courage...
    Et tu as trouvé l'amour de ton prochain..."

    Car tout chemin extérieur est avant toute chose un chemin vers nous-mêmes, vers le "bout" de nous-mêmes et vers notre origine.

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  3. Merci Jean!
    Merci La Licorne, je ne connais pas le livre dont tu parles, c'est en effet équivalent. Vérité difficile à accepter parfois, mais qui devient évidente quand on a fait une bonne partie du parcours!
    Michelle

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  4. Merci pour ce texte du retour sur soi même, parfois douloureux mais toujours utile. Amitiés.

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  5. Ithaque ne serait-il pas, tout simplement, notre temple intérieur, celui qui n'est pas de Pierre mais qui est la réponse à tous les mystères. Nous allons souvent très loin alors qu'il est là, si proche ... Amitiés.

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