vendredi 17 juillet 2009
Individu - individualité - individuation
INDIVIDU
L’individu est l’être pris à part; l’individu psychologique est caractérisé par sa psychologie singulière et, jusqu’à un certain point, unique en son genre. L’originalité de la psyché individuelle se reconnaît moins à ses éléments qu’à ses productions complexes. L’individu, l’individualité psychologique, existe inconsciemment a priori; elle n’existe consciemment que dans la mesure où le sujet a conscience de son originalité, c’est-à-dire de ce qui le distingue d’autrui. L’individualité psychique est une donnée corrélative de l’individualité physique; mais, comme je l’ai déjà dit, elle est tout d’abord inconsciente. Un processus conscient de différenciation, l’individuation, est nécessaire pour rendre consciente l’individualité, autrement dit, pour la faire ressortir de l’identité à l’objet. L’identité à l’objet équivaut pour l’individualité à l’inconscience; or tant qu’elle est inconsciente, il n’y a point d’individu psychologique mais une simple psychologie collective du conscient. L’individualité inconsciente est alors identique à l’objet, elle est projetée sur lui; par suite, l’objet a une valeur exagérée et son influence déterminante est trop puissante.
(J'ajouterais que ce processus d'individuation est un processus naturel, et je pense que pour certaines personnes cette conscience d'eux-mêmes est innée; je pense notamment aux enfants Indigo. Michelle)
INDIVIDUALITÉ
C’est l’originalité et la particularité de l’individu sous tous les rapports psychologiques. Est individuel tout ce qui n’est point collectif, ce qui n’appartient qu’à un seul et non à un groupe. On ne saurait parler de l’individualité des éléments psychologiques, mais seulement de celle de leur groupement, ou d’une combinaison d’éléments originale et unique en son genre.
INDIVIDUATION
Le concept d’individuation est particulièrement important en psychologie analytique. Généralement parlant, c’est le processus de formation et de particularisation de l’individu ; plus spécialement de l’individu psychologique comme être distinct de l’ensemble, de la psychologie collective. L’individuation est donc un processus de différenciation qui a pour but de développer la personnalité individuelle. Cette individuation est une nécessité naturelle, puisque l’entraver par des réglementations rigides ou même exclusives, selon des normes collectives, porterait un grave préjudice à l’activité vitale de l’individu. Or l’individualité est déjà donnée physiquement et physiologiquement ; de là découle son expression psychologique correspondante ; entraver son développement équivaut à estropier artificiellement le sujet. Or un groupe social composé d’unités estropiées ne pourrait être une institution sainte ni viable ; seule la société qui peut à la fois conserver sa cohésion intime, ses valeurs collectives et accorder à l’individu la plus grande liberté possible peut espérer une vitalité durable ; l’individu n’est pas seulement unité, son existence même présuppose des rapports collectifs ; aussi le processus d’individuation ne mène-t-il pas à l’isolement, mais à une cohésion collective plus intensive et plus universelle.
Le processus psychologique d’individuation est étroitement lié à la fonction dite transcendante qui détermine les lignes individuelles de développement que l’on ne saurait atteindre par la seule voie des normes collectives...
L’individuation est toujours plus ou moins en opposition avec la norme collective, puisqu’elle est séparation et différenciation de l’ensemble, formation de l’originalité, non d’une originalité recherchée, mais de celle qui est donnée à priori dans la disposition du sujet. Cependant son opposition à la norme collective n’est qu’apparente : à y regarder de plus près, on remarque que le point de vue individuel n’est pas opposé à la norme collective ; il a simplement une autre orientation. D’ailleurs, une voie individuelle ne peut à vrai dire jamais s’opposer à la norme collective ; seule une autre norme pourrait le faire. Or une voie individuelle n’est jamais une norme ; celle-ci est toujours le résultat de l’ensemble des voies
jeudi 16 juillet 2009
Le fil d'Ariane - Regarder la mer

Par la suite, jamais cette guidance ne m'a fait défaut. Si j'avais une interrogation, si j'avais besoin d'un conseil, je posais ma question intérieurement, et la plupart du temps, j'avais une réponse, sous une forme ou une autre. Et c'est encore le cas aujourd'hui. L'inconscient ne demande qu'à établir un contact, c'est nous qui bloquons involontairement ce contact, parce que le mental en nous prend souvent toute la place. J'ai compris après de nombreuses années que cet état d'être, ce lâcher prise, qui permet de faire place au flux vivant de l'inconscient est ce qu'on appelle la méditation. Mais contrairement à ce qu'on préconise la plupart du temps quand on parle de méthodes de méditation, loin de laisser passer les images et le verbe sans m'en préoccuper, j'ai pris l'habitude de noter tout ce que je pouvais noter. La nuit, j'avais toujours à côté de moi de quoi écrire. Pendant quelques années, je pouvais souvent, le matin surtout, être dans cet état pendant une heure, et noter à mesure ce qui venait, pour ensuite me replonger dans cet état. J'ai plus de difficultés maintenant... Mais ce que Jung appelle le processus d'individuation proprement dit, je l'ai vécu jusqu'au bout, et ensuite, une voix m'a dit que je pouvais cesser de tout noter... ce n'était plus nécessaire.
Bien sûr, la fin de ce processus n'est pas la fin du cheminement, qui lui ne se termine jamais. On passe simplement à autre chose. Le processus d'individuation permet d'arriver à se connaître assez pour arrêter de projeter à l'extérieur ce qui se passe à l'intérieur de nous. C'est très long! Entre le moment où je me suis décidée à entreprendre seule mon cheminement et la période où j'ai vu deux images mentales à propos d'une cité qui était presque terminée, il s'est passé 25 ans.
Un jour, j'ai entendu ceci: "Si les hommes savaient ce qui arrive (OU * ce qui se passe) lorsqu'ils regardent la mer, ils la regarderaient tout le temps". Pour moi, cette phrase signifie: Si les hommes savaient ce qui se passe en eux quand ils sont en contact avec l'inconscient, qui comme la mer regorge de richesses et de mystères (la mer est couramment un symbole de l'inconscient), ils entretiendraient ce contact précieusement... ils tiendraient solidement en matin ce fil d'Ariane qui nous permet de ne pas se perdre dans les dédales de la vie! C'est la grâce que je vous souhaite sincèrement!
Amicalement,
Michelle
lundi 13 juillet 2009
Le fil d'Ariane - Les fantômes de mon passé

"J'ai peur du hasard, peur d'être surprise dans ma fragilité, je voudrais être invisible et n'avoir rien à faire avec la société." "Chaque action que je fais me paraît une montagne, comme chaque opinion que j'émets. Une discussion prend l'allure d'une bataille où je prends l'autre pour un ennemi qu'il me faut soumettre pour ne pas me sentir méprisée, et si je me sens vainqueur, j'ai pourtant le même sentiment."
"J'ai tellement toujours peur de faire une erreur, si petite soit-elle, que ma vie est jusqu'ici un échec complet, une éternelle recherche pour devenir parfaite. Comme si devenir parfaite pouvait m'attirer l'amitié et l'amour." "Je ressens une terreur intense que les adultes m'en veulent et me rejettent, constamment je suis en proie aux remords et à l'angoisse d'avoir choqué quelqu'un. Je me sais inhumaine, je me ressens comme un contenant sans contenu et qui doit constamment guetter ses réactions; au lieu de me laisser aller à mes impulsions, je me sens toujours en danger de ne pas correspondre à l'image que je veux donner de moi. J'ai peur toujours peur de faire du mal autour de moi et cette peur me met dans une situation tragique, je me sens comme une enfant, qui doit constamment faire taire ses instincts, ses impulsions, pour ne pas choquer ses parents." "A l'école, je me sentais transparente, comme si chacune de mes réactions intérieures, chacune de mes pensées, était visible de l'extérieur."
Mais malgré tout il y a de l'espoir. Je vous ai parlé de mon rêve d'enfance.
Voici le poème que j'ai composé en 1974, inspiré par ce rêve.
Je l'ai un peu modifié en 1986, en vue de participer à un concours.
Laissant là mon passé et lui disant adieu,
Michelle
vendredi 10 juillet 2009
Symbolique - Le magicien d'Oz

Dorothée habite sur une ferme chez son oncle et sa tante. Elle s'ennuie. Soudain survient une tornade qui les emporte, elle et son petit chien Toto dans la maison, très haut dans un grand tourbillon. (Elément déclencheur d'un bouleversement intérieur). Dorothée se retrouve, en ouvrant la porte, dans un univers en couleurs, un pays très étrange... La maison en tombant a écrasé la méchante sorcière de l'Est. Peut-être ce mouvement hors de l'ordinaire a-t-il tué l'ennui, la monotonie, en propulsant Dorothée et son petit chien dans un monde étrange: Le monde de la psyché, quand on se met à l'explorer, nous révèle un univers insoupçonné.
La bonne sorcière du Nord l'accueille dans ce pays, et comme Dorothée lui exprime le désir de rentrer chez elle, au Kansas, elle lui dit qu'elle n'a qu'à suivre la route de briques jaunes jusqu'à la cité d'Emeraude, et là demander à rencontrer le magicien d'Oz, qui pourra sûrement l'aider. (Route de briques jaunes, cheminement de l'esprit, la couleur jaune représentant souvent la spiritualité) Alors Dorothée, confiante, se met en route. Je reviens une seconde sur Toto, son fidèle compagnon canin, qui bien sûr représente son instinct, le point commun entre l'animal et nous, bien que certains hommes en fassent peu de cas.
Sur leur chemin, ils rencontrent un épouvantail, qui se plaint à Dorothée qu'il aimerait bien avoir un cerveau, qu'il n'est fait que de paille. Elle le détache donc du poteau où il était lié (On est bien pieds et mains liés quand on se sous-estime à ce point, et on a la tête bien vide quand on est immobile à ce point!) et lui propose de l'accompagner chez le magicien.
Ensuite, ils rencontrent un homme tout en fer. Ses jointures ont rouillé depuis longtemps, ils le délivrent de cette immobilité en le huilant soigneusement. L'homme de fer se plaint de n'avoir plus de coeur, puisqu'il est tout de fer blanc. (Dans le livre, l'explication est bien plus longue, il a aimé jadis, le père de sa belle lui a fait couper les membres et tout le reste, et son corps a été remplacé progressivement par une carcasse de métal.) On l'invite donc à se joindre au groupe pour essayer d'obtenir du magicien d'Oz qu'il lui donne un coeur. (Quand on se sous-estime grandement soi-même, on a de la difficulté à aimer les autres aussi... On ne s'en vante pas, mais on en souffre, on se sent coupable de ne pas être vrais.)
Un peu plus loin, un lion surgit et se met à rugir. Alors Toto se rue sur le lion et celui s'apprête à l'attaquer, quand Dorothée court à la rescousse de son Toto et se met à le gronder. Le lion alors baisse la tête, tout dépité. Pauvre lion, il souffre de manquer de courage. Un tel animal se doit d'être fort et courageux, mais il n'y peut rien, il a peur... Il se joint donc à la compagnie pour aller demander au magicien s'il peut faire quelque chose pour lui aussi. La peur fige, c'est bien connu.
Les trois personnages rencontrés en chemin étaient tous les trois malheureux et immobiles, faisant écho à l'ennui de Dorothée quand elle vivait sur la ferme... où elle rêve pourtant de retourner. Retourner chez soi, c'est symboliquement très important, on en rêve tous. Retourner chez soi, c'est se connaître et s'accepter au point qu'on devient à l'aise intérieurement. Et le chemin pour y arriver peut être très, très long. Ainsi, quand on se sent mal à l'aise, on n'est jamais chez Soi; mais de retour chez soi, on garde cette certitude intérieure n'importe où.
Donc nos quatre amis, sans oublier aussi Toto, se dirigent maintenant ensemble vers ce grand être puissant qui pourra peut-être les aider (un thérapeute, un gourou, un dieu?). Quand on commence à se connaître, ce n'est pas très encourageant, on prend conscience de ce qui nous manque pour être heureux. Par contre, c'est bien un commencement, avec l'espoir qui le sous-tend. Ils ont failli, presque arrivés au but, s'endormir à cause d'un grand champ de pavots. On peut se décourager parfois, et beaucoup rebroussent chemin, il ne faut pas. Ça vaut tellement la peine de continuer!
Arrivés dans la cité d'émeraude (qui représente bien sûr le Centre, le Soi), le magicien leur accorde une audience. Il use d'artifices pour les impressionner. Et il leur dit que pour être exaucés, ils doivent tuer la méchante sorcière de l'Ouest. Voilà nos amis bien avancés. Eh oui, c'est comme ça! Nous seuls connaissons intuitivement notre chemin. Un thérapeute, aussi savant et expérimenté soit-il, ne peut que vous orienter, vous conseiller, vous placer face à vous-mêmes, mais il ne peut absolument rien pour vous sans votre collaboration. Chaque être humain est un mystère, un individu original et à nul autre pareil, au fin fond de soi. Alors voila, le magicien leur montre la direction, ils devront affronter la méchante sorcière, obstacles, adversité, agressivité, tout ce qui fait peur dans la vie! Et voilà nos amis repartis, bien découragés.
Dans le livre, la sorcière leur envoie des loups pour les mettre en pièces, des corbeaux pour leur crever les yeux, des abeilles pour les tuer à coups de dards, il serait trop long de vous en faire le récit. Je vous invite à le lire! Mais sachez que nos amis ont usé de toute leur astuce et leur courage pour venir à bout de tous ces ennemis. Mais enfin, ils ont été vaincus, du moins provisoirement. Dorothée et Toto se sont retrouvés dans le château de la sorcière.
C'est alors que, la sorcière ayant menacé Toto (l'instinct contrarié se révolte), Dorothée s'est emportée et a lancé sur la sorcière un seau d'eau qui se trouvait là... Quelle ne fut pas sa surprise de voir la sorcière fondre devant ses yeux. L'eau est un symbole très riche. Elle représente entre autres la purification, et aussi la connaissance. Prendre conscience, élaguer son être peu à peu de tout ce qui l'empêche d'être vrai, prendre connaissance de tout ce qu'on trouve sur son chemin qui peut nous aider à grandir, travailler sur soi, tout ça est important pour éliminer notre sorcière intérieure. Comme dit le Yi-King, la seule façon de combattre le mal est une poussée énergique dans le bien. Donc, ouf, la sorcière est vaincue. Il reste à se réunir de nouveau et cette fois-ci, forts de leur bon droit et de leur nouvelle hardiesse, les quatre compagnons retournent voir le magicien pour réclamer leur dû.
Quand ils retournent à la cité d'émeraude, le magicien ne veut pas les recevoir, et remet au lendemain de jour en jour leur audience. Et quand il accepte enfin de les recevoir, il use d'artifices encore une fois pour les impressionner, mais le petit chien, qui fouine partout (ah, l'instinct!) découvre la supercherie. Ce supposé grand magicien est un homme ordinaire, c'est même un charlatan. (Bon, bon, les thérapeutes ne sont heureusement pas tous des charlatans mais beaucoup d'hommes bardés de leur charisme, profitent de la naïveté humaine!) Comment va-t-il donc accéder à leurs désirs?
L'épouvantail lui dit: Vous ne pouvez pas me donner de cervelle? Le "magicien" répond: Vous n'en avez pas besoin. Chaque jour vous apprend quelque chose de nouveau. Un bébé a une cervelle, mais il ne connaît pas grand-chose. Seule l'expérience instruit, et plus vous vivrez sur cette terre, plus vous acquerrez d'expérience.
Et, en ce qui concerne mon courage? dit le lion. Le "magicien" lui dit: Je suis sûr que vous en êtes bourré. Ce qui vous manque, c'est la confiance en vous-même. Tout ce qui vit a peur en face du danger. Le vrai courage consiste donc à braver le danger qui fait peur, et cette sorte de courage ne vous fait pas défaut.
Et, pour ce qui est de mon coeur? demanda le bûcheron en fer blanc. Le "magicien" lui répond: Alors, là, je pense que vous avez tort de désirer un coeur. La plupart des gens s'en trouvent fort malheureux. Si seulement vous saviez ce que c'est, vous vous réjouiriez d'en être dépourvu. (J'aurais fait une autre réponse... mais enfin! - Le bûcheron a fait preuve au contraire de beaucoup de coeur durant ce périple. Comme la cervelle, le coeur se développe à mesure que notre être se décante de ce qui le mine.)
Par la suite, après y avoir réfléchi d'abord, le magicien leur donna tout de même chacun ce qu'il voulait, symboliquement. Il a forgé un cerveau fantaisiste et l'a logé dans la tête de l'épouvantail, il a trouvé un petit coeur de soie, l'a bourré de sciure de bois, et installé dans le torse de l'homme de fer, et il a fait boire au lion un lait de courage.
Pour ce qui est du souhait de Dorothée, de retourner chez elle, le magicien lui a fait faux bond en partant à bord d'une montgolfière avant que Dorothée ait pu y embarquer. Il voulait lui aussi retourner chez lui, en Omaha. Pauvre Dorothée! Mais la bonne sorcière lui donne le truc pour se rendre chez elle. Grâce aux souliers d'argent qui appartenaient à la méchante sorcière de l'Est, elle pourra retourner au Kansas. Enfin chez soi! Des souliers, ça sert à cheminer, bien sûr, ça sert dans les démarches... donc au bout de l'aventure, ils servent à enfin rentrer chez soi!
Et voilà, c'était en abrégé la belle histoire du magicien d'Oz, vue sous l'angle de la symbolique. J'espère qu'elle vous a plu.
Au fait, savez-vous d'où vient ce nom: OZ? Frank L. Baum, racontant cette histoire qu'il venait de créer, s'est fait demander comment il appellerait ce pays fantastique, et qu'il n'avait pas encore nommé! Celui-ci, jetant un regard dans la pièce, a vu sur des tiroirs de classeurs:
O-Z (les lettres de O à Z), alors il dit que ce pays s'appelait Oz.
Dans le film, au début, j'aime beaucoup regarder et entendre Dorothée (Judy Garland) chanter: "Somewhere over the rainbow." En effet, au-delà de l'arc-en-ciel, symbole de l'alliance entre notre monde terrestre et celui de l'Esprit, le ciel est bleu et les rêves qu'on ose rêver deviennent réalité. C'est la grâce que je vous souhaite!
http://www.youtube.com/watch?v=F0-um0pHTAg
http://www.youtube.com/watch?v=UFpVsTuOpK8
Michelle
12 juillet 2009
jeudi 9 juillet 2009
Le fil d'Ariane - Début de mon aventure
Ce rêve était précurseur du cheminement intérieur que j'ai entrepris (ou qui m'a entreprise) à l'âge adulte. Enfin, ce qu'on appelle l'âge adulte! (Quant à moi, j'ai "grandi" sans jamais me sentir devenir une "madame"). A l'âge de 20 ans, j'ai quitté la maison familiale. Et c'est là que mes angoisses, mes peurs se sont amplifiées. Quand je pensais à mon avenir, je voyais un grand tourbillon noir, comme un cyclone. J'avais de drôles d'idées, comme un désir d'être paralysée, pour ne jamais avoir à prendre des décisions, qu'on me prenne en mains. J'ai consulté une psychologue, commençant une thérapie individuelle qui a duré environ cinq mois. C'est là que j'ai appris les rudiments de la psychologie. J'ai compris que je n'étais consciente que d'une petite partie de ce que j'étais, et que je me "bluffais" sur moi-même. Je me souviens que je sortais de ces rencontres plus légère. Enfin, je commençais à comprendre comment l'esprit humain fonctionnait, et le mien en particulier. On m'a proposé une thérapie de groupe, j'y ai participé quelque temps, mais ensuite j'ai quitté... bien décidée à entreprendre mon propre cheminement. La clé était de prendre conscience, de ne rien "laisser passer" dans la mesure du possible, de travailler sur soi.
Je venais de commencer à dessiner, à écrire. J'étais remplie de bonne volonté. Je suis autodidacte. Je n'ai pas pris de cours. J'y suis allée franchement, d'abord maladroitement, et ensuite j'ai trouvé peu à peu mon style. Par exemple, mes premiers dessins étaient ceux d'un enfant, je dessinais n'importe quoi, faisant fi de l'esthétique et de la perspective. C'est en dessinant que j'ai appris à dessiner, à ma manière. Et ce qui en est sorti m'a vite étonnée!
Un de mes premiers sujets d'écriture a été le rêve que je viens de vous raconter, mon premier long poème. J'écrivais aussi sur mes états d'âme, mes peurs, mes souhaits. Le dessin et l'écriture ont été très importants pour moi. Ma créativité m'a permis de me découvrir dans ma singularité, mon originalité et de commencer à m'aimer!
samedi 4 juillet 2009
La pierre philosophale
"L'oeuvre n'est pas un objet, mais un sujet. C'est un mouvement que l'on ne peut comprendre qu'en marchant, c'est un bain dans lequel il faut se plonger. Il faut avoir mis la main à la pâte pour acquérir le droit de parler. L'alchimie n'est pas une doctrine. Il n'y a pas de doctrine alchimique, mais une réalisation intime, subjective. Lorsqu'elle aura été menée à bien, les concepts ou les images seront données pour la traduire, s'il plaît à la Pierre, mais cette expression sera toute personnelle. Le concert des authentiques philosophes hermétiques est une symphonie dans laquelle il n'entre pas deux instruments identiques. Et chaque instrument doit d'abord être confectionné par la Pierre, il est la Pierre elle-même sous une forme individuée, unique."
"La pierre est la "chose simple" (res simplex), mais elle résume en elle la complexité de l'univers, elle est un monde en petit, un microscome. Le chemin qui y mène est, à son image, simple dans son dessin général et complexe dans son déroulement, puisqu'il serpente constamment d'un opposé à l'autre. Il faut viser à l'unité, mais sans rien sacrifier des contraires qui doivent être réintégrés en elle. L'esprit ne doit pas s'évader du corps, l'ascension au septième ciel n'est pas la réalisation de l'homme. Le corps doit au contraire capter l'esprit et le retenir fermement par des noeuds très forts... En termes jungiens, le moi conscient ne doit pas demeurer fasciné par les archétypes de l'inconscient, mais il doit les intégrer. C'est en cela qu'un travail matériel, quelle qu'en soit la forme, est un support des plus précieux de la réalisation intérieure."
"C'est la nature qui se charge elle-même, si nous lui demeurons attentive, des différentes corrections nécessaires. Pour parler comme Jung: la vie psychique est auto-régulation. L'athanor en fonctionnement ressemble aux machines à laver automatiques. Tout s'y passe sans intervention de l'opérateur... Il suffit de la mettre en marche."
"Nous ne devons pas tendre à connaître d'une façon distincte indépendamment de l'inconscient, mais demeurer aux écoutes de l'inconscient et traduire docilement ce qu'il nous enseigne, accomplir ce qu'il nous demande - y compris des aventures intellectuelles, étant entendu que celles-ci seront menées à partir du fond réalisé. L'homme qui est sur cette voie est un centre. Il renferme en lui la totalité, ou plutôt, il épouse la totalité et, comme celle-ci est par définition infinie, elle révèle à travers lui tel ou tel de ses aspects. C'est ce qui donne à chaque être réalisé sa place et sa nature spécifique. L'individuation n'est pas une uniformisation, une perte dans l'indifférencié, mais au contraire la capacité donnée à chacun de traduire l'aspect du Tout qu'il est dans sa vocation de révéler, une idée divine qu'il est seul à pouvoir réaliser. C'est là le nom nouveau dont parle l'Apocalypse: "Au vainqueur je donnerai un caillou blanc sur lequel est écrit un nom nouveau que personne ne connaît si ce n'est celui qui le reçoit."
"Les phénomènes de la voie sont variés à l'infini et c'est un sujet d'émerveillement constant pour le psychologue que de constater les prodigieuses richesses d'invention de la vie et la manière dont l'énergie créatrice fait éclater tous les schémas, ruine tous les programmes et se plaît à emprunter le moyen auquel précisément on ne s'attendait pas. Il comprend pourquoi les vieux Chinois, modèles de souplesse pratique, plaçaient la conduite de l'homme fidèle aux suggestions de la vie sous le signe de l'inattendu, qui est en même temps celui de l'innocence, c'est-à-dire de la spontanéité."
dimanche 28 juin 2009
L'âme de fond
des milliers d'êtres dorment ou s'agitent,
au plus profond des eaux.
Sous la surface de l'Esprit,
des myriades de mystères sont enfouis,
mais agissent dans la nuit.
Des milliards de gouttes forment la mer.
Des milliards de vies forment l'Esprit.
Que serait la mer sans ces milliards de gouttelettes
qui la forment, la transforment et gardent ses trésors?
Que serait l'Esprit sans ces milliards de vies
qui peu à peu prennent conscience
et dévoilent ses merveilles?
Les éléments en mouvement agitent de grand rêves:
rêves de transparence, rêves d'émergence,
rêves d'unité.
Un flot d'énergie se rassemble en secret:
mouvance irrésistible des âmes,
qui les pousse l'une contre l'autre
dans une large étreinte.
De grandes vagues surgissent, roulent,
se serrent, s'apprivoisent, se chevauchent,
s'affrontent, s'unissent.
L'irrésistible lame de fond brasse les esprits,
les bouleverse, les transforme, les rajeunit,
amenant hors de l'inconscient des trésors.
Il suffit que chacun participe
à ce grand mouvement d'Esprit
pour que surgisse de l'infini, petit à petit,
le plus étonnant des tsunamis!
Oh oui!
Michelle
28 juin 2009