samedi 30 juin 2012

LE RETOUR



Me voici revenue dans le quartier où j'habitais quand j'étais toute jeune, de l'âge de 7 ans à 14 ans. J'ai emménagé ici sur la rue Dorion le 30 mai dernier. 


Beaucoup d'événements sont venus bouleverser ma jeune vie durant ces sept années. J'ai dû être opérée deux fois. Rien de grave, mais ces séjours à l'hôpital m'ont beaucoup marquée. Un de mes cousins à l'esprit dérangé, plus âgé que moi de plusieurs années, m'a fait voir les hommes d'une drôle de façon, par son exhibitionnisme, son approche sournoise et ses baisers forcés. Pas très agréable comme préambule pour une belle sexualité. 


A 10 ans, j'ai franchi la frontière entre l'enfance et l'adolescence. Je suis devenue grande fille, comme on disait dans le temps. Et puis un jour je suis tombée en amour. Il avait les cheveux rouge feu et les yeux verts. J'avais 11 ans, il en avait 18 je crois. Je ne le connaissais pas. Il habitait sur la même rue que moi. En trois ans, il m'a adressé la parole deux fois, ce qui m'a plutôt refroidie qu'enflammée. J'étais en amour avec l'amour, comme on peut l'être à cet âge-là. 


Quand je revenais de l'école ou de l'église, je marchais sur la rue Saint-Georges jusqu'à la rue Dorion. Rendue à ce carrefour, mon coeur s'emballait car au bout de la rue Dorion, je voyais la maison de Gérald et sa fenêtre. Souvent il était là, me regardant arriver. J'étais dans tous mes états. Je viens de déménager juste là, au carrefour, au coin des rues Saint-Georges et Dorion, comme si le passé était venu me chercher, me prendre par la main et par le coeur, et me ramener là où mon coeur s'est emballé tant et tant de fois. 


Le quartier a beaucoup changé depuis ce temps-là, 50 ans se sont écoulés. La maison de Gérald a brûlé il y a longtemps. Beaucoup de souvenirs surgissent en moi quand je marche dans ces rues, superposant d'étrange façon les lieux de mon enfance au quartier présent. Plusieurs petits commerces ont disparu. Entre autres le magasin "Chez mémère Goudreau" où j'allais dépenser mes 35 cents hebdomadaires: pour ce prix-là, je pouvais acheter pepsi, chips, chocolat et beaucoup de bonbons. 


Dans son livre "Parfum de rose et de tabac", Lysette Brochu écrit:

"Les lieux de notre enfance forment notre géographie intérieure, trament même notre destin. Ce sont des points de repère pour nous permettre de retrouver les odeurs de la vie." 


"Je suis certaine que le bonheur est dans la souvenance des choses, dans notre capacité d'accueillir notre passé, de l'assumer, d'en faire un tremplin pour notre avenir. Le passé et l'avenir se cristallisent dans notre présent, notre intemporelle conscience du jour." 


Une image m'est venue en tête le 20 juin: une clé attachée à un porte-clés rond, mou et rouge, qui me semble organique. Ça bouge, ça fait des mouvements dans les airs, des mouvements de pénétration. Je n'ai pas le sentiment de diriger ça, mais je sais que ces mouvements ont un rapport direct avec moi et se produisent malgré une certaine réticence de ma part. Cette clé et ce porte-clés, ils sont intimement reliés à moi. Ils représentent tout ce que j'ai vécu et ce que j'ai à vivre encore. Le porte-clés est organique, rouge, mou, comme la chair, comme la vie humaine, pétrie d'émotions et de sentiments. 


Tous ces événements qui jalonnent notre vie 
sont reliés à une clé. 
Une clé pour entrer en soi, 
une clé pour entrer chez soi! 

Michelle

mercredi 16 mai 2012

Contrastes


"Tout ce qui est humain est relatif, en tant que reposant sur des contrastes intérieurs; car tous les phénomènes sont de nature énergétique.  Or, sans un contraste, sans une tension préexistante, il ne saurait y avoir d'énergie.  Il faut toujours que préexiste la tension entre le haut et le bas, le chaud et le froid, etc. pour que prenne naissance et se déroule ce processus de compensation qui constitue précisément l'énergie.  Tout ce qui est vivant est énergie et, par conséquent, repose sur la tension des contraires."

"Plus grand est le contraste, plus grand est aussi le potentiel.  Une grande énergie ne peut sortir que d'une tension correspondante des contrastes."

Carl G. Jung - L'âme et la vie



jeudi 10 mai 2012

Devenir

Jardin botanique de Montréal - Photo prise dimanche dernier


"Ce qu'il y a de meilleur est inexprimable et ce qui, ensuite, vient de mieux ne pénètre pas dans les esprits.  Il faut pouvoir laisser venir.  L'Orient m'a appris ce qu'il exprime par Wu Wei, c'est-à-dire le non-agir (et non le rien-faire), laisser venir.  D'autres aussi l'ont compris.  Ainsi Maître Eckhardt quand il parle de "se laisser".  L'endroit obscur auquel l'on se heurte n'est point vide; on y rencontre la "mère dispensatrice", les "images" et la "semence".  Quand la surface est déblayée, tout peut venir de la profondeur.  Les hommes croient toujours qu'ils se sont trompés quand ils y aboutissent.  Mais s'ils ne savent aller plus loin, la seule réponse, le seul conseil qui ait un sens, c'est "d'attendre ce que l'inconscient a à dire sur la situation".  Une voie, c'est uniquement la voie que l'on ouvre soi-même et que l'on suit.  Il n'y a par conséquent pas d'indications générales qui disent "comment on doit faire".


"Il faut pouvoir laisser le psychique se dérouler sans entraves.  C'est pour nous un art véritable auquel bien des gens ne comprennent rien; leur conscience intervient continuellement pour aider, corriger et supprimer et ne peut laisser tranquille le devenir simple du processus psychique.  La tâche serait pourtant assez simple.  Si la simplicité n'était pas ce qu'il y a de difficile parmi tout."


"Le public commet l'erreur fondamentale de croire qu'il existe des réponses déterminées, des "solutions" ou des conceptions qu'il suffirait d'exprimer pour répandre la clarté nécessaire.  Mais la plus belle vérité ne sert de rien, - comme l'histoire l'a mille fois montré - tant qu'elle n'est pas devenue l'expérience première, profonde de l'individu.  Toute réponse univoque, celle que l'on dit "claire", reste cependant toujours fixée dans la tête, et il est extrêmement rare qu'elle pénètre jusqu'au coeur.  Ce dont nous avons besoin, ce n'est pas de "savoir" la vérité, mais de l'apprendre.  Non pas d'avoir une conception intellectuelle, mais de trouver le chemin qui conduit à l'expérience intérieure irrationnelle et peut-être inexprimable en mots.  Voilà le grand problème.  Rien n'est plus stérile que de parler de ce qui devrait ou pourrait être, et rien n'est plus important que de trouver la route qui mène à ces buts lointains."



"Au début, la personnalité n'est jamais ce qu'elle sera plus tard.  C'est pourquoi il existe, au moins dans la première moitié de la vie, la possibilité d'agrandissement de la personnalité.  Cela peut résulter d'un accroissement venu de l'extérieur, en ce sens que de nouveaux contenus vitaux se déversent du dehors dans la personnalité qui les assimile.  On peut ainsi obtenir un considérable accroissement de la personnalité.  Aussi admet-on volontiers que cet accroissement ne vient que du dehors et l'on fonde sur cette idée le préjugé que l'on parvient à la personnalité lorsqu'on absorbe le plus possible de ce qui vient du dehors.  Mais plus on obéit à cette recette, plus on s'imagine que c'est du dehors que vient l'accroissement de la personnalité, plus on s'appauvrit intérieurement.  Par conséquent, si une grande idée nous empoigne de l'extérieur, il nous faut bien comprendre qu'elle ne nous empoigne que parce que quelque chose en nous va au devant d'elle et lui correspond.  La possession d'une disposition mentale constitue une richesse, nullement l'amas de butin de chasse.  Car tout ce qui entre en nous de l'extérieur ne devient notre bien propre que si nous avons en nous un espace qui corresponde à la grandeur de l'extérieur.  Le véritable accroissement de la personnalité, c'est la venue à la conscience d'un élargissement venant de sources intérieures.  Sans l'ampleur intérieure, nous ne saisissons jamais la grandeur de notre objet.  C'est pourquoi l'on dit avec raison que l'homme grandit en même temps que la grandeur de sa tâche.  Mais il faut qu'il ait en lui ce pouvoir de grandir; sinon la tâche la plus lourde ne lui est d'aucune utilité.  Tout au plus se brise-t-il contre elle."

Carl G. Jung - Extraits de "L'âme et la vie"

dimanche 8 avril 2012

A chaque rêve sa réalité

Photo du magnifique film "Ashes and snow":  http://www.ashesandsnow.org/


C'est une phrase qui m'est venue en tête le 5 mars dernier:  A chaque rêve sa réalité.   J'ai compris le mot rêve dans son sens le plus large: visions, images, idées spontanées.  Je pense que Carl Jung aurait aimé.  Voici quelques images, paroles, idées spontanées qui me sont venues à l'esprit depuis le début de l'année 2012:


2 janvier


Un homme se retrouve dehors, nu, dans l'espace.  Il est face à une ouverture d'un vaisseau spatial.  J'entends:  "Vers l'autre".


(Pauvre homme, ce doit être froid, dans l'espace intersidéral.  Brrr!  Vulnérabilité vis-à vis des autres?  Il semble qu'il est question de rapports humains.) 


5 janvier


Un oiseau foncé, en plein vol, porte dans son bec la tête d'un oiseau noir mort dont le corps pend.


(Ces deux oiseaux se ressemblent mais l'un est vivant et supporte le poids de son jumeau mort:  la vraie vie d'une part, ce qui n'est pas vivant de l'autre.  Comment lâcher prise?  Pourquoi continuer à porter ce poids mort?)


18 janvier


Des personnes sont assises tranquillement, elles ont les mains occupées à une activité.  Peut-être peignent-elles?  Au-dessus d'elles, des auvents de formes arrondies.  Le soleil les baigne dans sa douce lumière.  Je vois parmi ces personnes une femme qui ressemble à une collègue de travail, Pierrette, grande femme très avenante, visage tourné vers la droite. Cette femme a l'air inspirée.  J'entends:  "Dans les plats du soleil".


21 janvier


Je vois une grande porte grillagée.  Il y est écrit, je crois, "La porte - UNBREAKABLE".
Je suis certaine du mot "unbreakable", je l'ai vu très clairement, en lettres ajourées.


(Entrée vers un endroit secret?  La porte est incassable, sécurité assurée ... est-ce qu'elle s'ouvre?)


23 janvier


"Aquiesum" sur le devant d'une bâtisse qui semble ancienne.


(A qui est-ce?   Aquiesce?   Homme ou OM)

29 janvier


Paroles:   "Déclarer un bateau, un beau bateau"


Idée spontanée:   Plus c'est difficile, plus on y regagne, plus c'est profitable.


(J'ai appris quelques jours avant que je devrai déménager pour le 1er juin, alors je prends cette idée spontanée pour un encouragement au sujet de mon déménagement)


1er février


"Ramener à l'un"  (Approximatif.  L'idée est certaine mais la formulation peut-être un peu différente)  Et je vois des empreintes de pas ensuite.


(Chevaucher la vie pour la suivre sans renâcler là où elle s'en va).


8 février


Un joli petit chien blanc au milieu d'une piste d'empreintes de pas humains dans la neige.


13 février


Une voix dit:  "On n'a pas pu vous sortir..."
Une autre voix complète:  "De l'inconnu, non."  (Voix d'homme)


28 février


Je vois de gros éléphants placides les pieds dans l'eau au bord de la mer et des rochers où les vagues se brisent.  


29 février


Je vois une croix dans la nature, fichée en terre à l'envers (les bras plus bas que le milieu).  Je pense qu'il y a un rapport avec le rocher Percé!  La croix est épaisse et très lisse, en bois je pense.


Ensuite, je vois de grandes croix filiformes, très différentes de celle vue juste avant.  Il y a un personnage sur la première croix que j'ai vue.  Jésus?


5 mars


"A chaque rêve sa réalité" 


J'aime cette phrase qui dit beaucoup en quelques mots.  Je ne peux pas dire qu'elle est de moi, puisqu'elle m'est arrivée spontanément à l'esprit.  Mais je la chéris!


15 mars


Je parcours des yeux une bibliothèque sans voir les titres, jusqu'à la rangée du milieu, où un titre me saute aux yeux:  "Le courant des fleuves".


16 mars


Paroles:  "Ah je trouve" ou "Ah je l'trouve" dit deux fois et ensuite:  "Ah j'me trouve".


Plus tard, une longue phrase dite par moi en espagnol.  Ça a rapport avec l'empaquetage de boîtes.   (Du moins ça ressemble à de l'espagnol - Je ne parle pas l'espagnol!)


20 mars


Des morceaux de carton sont regardés, on les bouge.  Quelque chose de petit les bouge et les observe, j'ai l'impression d'une souris.  Ces morceaux de carton formaient un contenant.  Une grande poupée au sourire figé, est dégagée par un homme de son contenant, de l'emballage où elle se trouvait.


(Le sentiment que j'ai c'est que ce qui examine le contenant, les morceaux de carton, est vivant, tandis que la poupée est non-vivante et dégage une mauvaise impression.  C'était le contenant de la poupée?  Les morceaux de carton ont une valeur?  Le sourire de cette poupée correspond à une attitude qui m'est familière, et que j'essaie de cerner depuis plusieurs mois.  J'en suis de plus en plus consciente, c'est agaçant, mais bien sûr c'est la seule façon de finir par m'en départir. - Je pense au mot contenance, se faire une contenance, il s'agit de ça!)


23 mars


Un grand éléphant blanc et un petit éléphant noir, face à face.  Le blanc est aux prises avec le noir.


24 mars


Un grand éléphant, tête levée, trompe dressée en l'air.  Il montre ainsi sa joie devant une réussite.  C'est l'impression que j'en ai.


30 mars


Je vois écrit plusieurs fois:
"Vous avez choisi un macramé, votre coeur"
"Vous avez choisi un macramé, votre coeur"
"Vous avez choisi un macramé, votre coeur"
(etc.)


Ça me fait penser à des lignes écrites par une enfant en guise de punition.


Je reçois de ma soeur Louise le même matin dans mon courriel le lien d'un montage vidéo accompagné du son d'un battement de coeur:   
http://www.herbig.net/


2 avril


Je vois Barack Obama de face, puis il présente sa maison (une belle maison blanche mais ça ne ressemble pas à "la" Maison blanche) et pour ce faire il me tourne le dos.  J'entrevois aussi son épouse Michelle à sa gauche.


(Je trouve incongru qu'il mette l'accent sur sa maison, comme si au lieu de se mettre en valeur lui-même, il donnait plus d'importance à sa maison. - Je pense que cette image est un indice concernant l'image de la poupée au sourire figé.  Il est question des valeurs intérieures et extérieures, de la réalité et des apparences.)


6 avril


Paroles:  "L'éternel ne tremble pas".


Autres paroles:  "C'est une affaire à boire debout".


(Mélange de deux expressions:  "affaire à dormir debout" et "il pleut à boire debout".)


---------------------------------------


A chaque rêve sa réalité,
donnons-lui la chance d'exister
en l'examinant de tous bords tout côtés
avec curiosité!

Michelle

dimanche 18 mars 2012

La Voie



"La Voie est telle que vous ne la trouverez pas en suivant quelqu'un. Ce n'est pas une autoroute; la Voie est comme un oiseau volant dans le ciel, ne laissant aucune trace derrière lui.  L'oiseau s'est envolé sans laisser de traces.  La Voie est un chemin sans chemin.  Il n'est pas préfabriqué, disponible; vous devrez le trouver selon vos propres critères.  Les critères d'un autre ne feront pas l'affaire.  Bouddha a cheminé.  Lao-Tseu a cheminé.  Jésus a cheminé.  Mais leurs chemins ne vont pas vous aider parce que vous n'êtes pas Jésus, vous n'êtes pas Lao-Tseu, et vous n'êtes pas Bouddha.  Vous êtes vous-même, un individu unique.  Ce n'est qu'en cheminant, qu'en vivant votre vie, que vous trouverez la Voie.  Ceci est d'une immense valeur.

C'est pourquoi le Taoïsme n'est pas une religion organisée - ne peut l'être. C'est une religiosité organique, et non une religion organisée.  Vous êtes un Taoïste lorsque vous vivez votre vie de façon authentique et spontanée; quand vous avez le courage de pénétrer dans l'inconnu, tout seul, en tant qu'individu; quand, sans vous appuyer sur quelqu'un et sans suivre quelqu'un, vous pénétrez dans la nuit noire, ne sachant pas si vous parviendrez quelque part ou si vous vous perdrez.  Si vous avez le courage, ce choix est là.  C'est risqué.  C'est aventureux.

Le Christianisme, l'Hindouisme et le Mahométanisme sont des autoroutes: vous ne risquez rien, vous suivez simplement la foule.  Avec le Tao, vous devez avancer seul, vous devez être seul.  Le Tao respecte l'individu, non la société.  Le Tao respecte ce qui est unique, non la foule.  Le Tao respecte la liberté, non la conformité.  Le Tao n'a pas de tradition.  Le Tao est une rébellion, c'est la rébellion la plus importante qui soit."

OSHO  -  LE TAO  -  L'Art et la Manière

dimanche 4 mars 2012

Gardienne de phylactères



J'ai écrit en novembre un article à propos de jumeaux et jumelles.  
http://le-chemin-au-dela.blogspot.com/2011/11/jumeaux-et-jumelles.html

J'ai continué ensuite à réfléchir à ce symbole.  Une des deux jumelles en moi s'extériorise.  Elle est naturelle.  L'autre se réfugie à l'intérieur.  Si elle avait le choix, elle ne bougerait pas d'un iota.  Elle a peur.  Elle pense, elle n'arrête pas de penser.  Je me souviens d'une image mentale du 22 janvier 2011.  Je recopie ici un extrait d'un article sur ce blog:   
http://le-chemin-au-dela.blogspot.com/2011/02/cogitations-dans-lathanor.html

"Une femme debout juste à côté de la maison où j'habite, ses bras derrière elle, elle a les mains jointes autour d'un espace vide. Son visage et son esprit sont tendus vers quelque chose qui est plus haut et à quelques pieds devant elle. Ce qu’elle regarde est abstrait, je sais que ça représente le 3D, qui la fascine. Une voix dit: "Elle va venir." J'ai beaucoup repensé à cette image. Cette femme a les mains occupées à tenir du vide - scénarios qui occupent mon mental et qui ne riment à rien - ce qui l'empêche d'agir dans la réalité. - Mains: agissements - La peur retarde ou bloque ses actions. Elle est fascinée par le 3D, l’imaginaire induit par la lecture, films ou photos en 3D, qui ressemblent à la vie mais restent des spectacles. Ce sont les deux pôles de l'inaction. La vraie vie, elle est autour d'elle, dans notre réalité physique!"


Et à partir de cette image, j'ai repensé à une bande dessinée qui m'avait fascinée il y a bien des années:  l'homme aux phylactères, par Serge Gennaux, dans la revue Spirou.  Et particulièrement un épisode où il était gardien de phylactères, comme d'autres sont gardiens de chiens.  Il les tenait au-dessus de lui, il y en avait beaucoup et ce n'était pas une mince tâche de les garder sous contrôle.  Je ne me souviens d'aucun détail mais de la vive impression comique suscitée en moi par ce gardien d'un genre inusité.


De fil en aiguille, ou plutôt de bulle en bulle, j'ai repensé à un rêve que j'ai fait le 18 août 1999:   J'étais dans un autobus.  Il y avait, à l'avant de l'autobus, une sirène.  En fait, je n'ai pas vu sa tête mais le corps moiré et une immense queue juste devant la porte.  Je suis descendue même si on me disait (des gens dans l'autobus):  "Attention".  Il y avait du trafic, on était au milieu de la rue.  Plusieurs automobiles ont passé vite, juste à côté de moi, avant que je descende et que le bus s'en aille.  Je n'ai pas eu conscience de descendre mais après la scène a changé du tout au tout.  J'ai rencontré à un carrefour (la rue était maintenant très tranquille et c'était la brunante) un garçon que j'avais déjà rencontré avant et qui s'appelait Roger.  Je me suis mise à jaser avec lui, c'était "cool", sa présence était apaisante.  


Il y a eu un contraste frappant entre la lumière vive, le bruit et le stress tant que j'étais à bord de l'autobus même la porte ouverte ... et ensuite la pénombre, la rue très calme et cet homme (qui me faisait penser à un homme que j'ai connu, tourmenté mais avec une attitude extérieure douce et ferme - qui ne s'appelait pas Roger).  


J'ai beaucoup repensé à ce rêve dernièrement.  Et puis il y a quelques jours, j'ai vu cette image:   J'étais à l'arrière d'un autobus.  J'y étais seule et il n'y avait pas de lumière artificielle à l'intérieur.  Je tournais mon regard vers l'avant où j'ai vu une énorme queue noire mais sans relief, plate comme une ombre chinoise, au milieu du passage.  Les choses ont évolué, cet autobus n'exerce plus la même fascination sur moi.  L'autobus représente mon mental, avec tous les personnages qui l'habitent, il est en lui-même une immense bulle qui me sépare de la vie naturelle.  Quoi de plus illusoire qu'une queue de poisson, surtout une queue de sirène.  Et puis qui conduit cet autobus qui ne mène nulle part?  La sirène elle-même?  Dehors, tout est calme, et le jeune homme se prénomme Roger.  "Roger" prononcé à l'anglaise "Rodger" est un terme employé par les aviateurs pour dire que tout va bien à bord. 


Douze ans plus tard.  Il en a coulé de l'eau sous les ponts depuis ce rêve.  Et voilà qu'il me revient sous une autre forme, au beau milieu d'une réflexion sur les bulles et leur raison d'être:  bulles de réflexion, bulles d'imagination, bulles d'illusions, bulles de rêves.  


Je vous laisse y rêver à votre aise,


Michelle  

samedi 25 février 2012

L'ORANGE - suite

Voyez le jeu de mots juste au-dessus de mon bureau.
Ce qu'on appelle le hasard fait grandement bien les choses!

Je vous invite à lire d'abord le précédent article, si ce n'est déjà fait.  
"Le pire lieu c'est l'orange... en-dedans aussi."  
L'orange c'est un symbole du soleil, un soleil microcosmique, au niveau de l'être humain. 


Tiré du "Dictionnaire des symboles" des éditions Robert Laffont

"Chez les peuples à mythologie astrale, le Soleil est le symbole du père, comme il l'est aussi dans les dessins d'enfants et dans les rêves de l'adulte.  Depuis toujours, également, pour l'astrologie, le Soleil est le symbole du principe générateur masculin et du principe d'autorité, dont le père est pour l'individu la première incarnation; il est aussi celui de la région du psychisme instaurée par l'influence paternelle avec le rôle du dressage, de l'éducation, de la conscience, de la discipline, de la morale.  Dans un horoscope, le Soleil représente ainsi la contrainte sociale de Durkheim, la censure de Freud, d'où dérivent les tendances sociales, la civilisation, l'éthique et tout ce qui est grand en l'être.  Son clavier de valeurs s'étend du négatif surmoi, qui écrase l'être d'interdits, de principes, de règles ou de préjugés, au positif idéal du moi, image supérieure de soi à la grandeur de laquelle on cherche à se hausser.  L'astre du jour situe donc l'être dans sa vie policée ou sublimée, il figure le visage qu'offre sa personnalité dans ses plus hautes synthèses psychiques, au niveau de ses plus grandes exigences, de ses aspirations les plus élevées, de sa plus forte individualisation, sinon dans un ratage fait d'orgueil ou de délire de puissance."


Et à propos du 19e arcane majeur des Tarots, le Soleil:

"Sur le sol sans végétation se tiennent deux jumeaux couleur chair, tête nue, un collier autour du cou, se touchant d'une main... les jumeaux ont un pagne bleu, comme si, dans la lumière, ils avaient déjà pris conscience de leur différence.  On a voulu voir en l'un l'esprit, élément solaire, positif et mâle et en l'autre l'âme, élément lunaire, négatif et féminin de l'entité humaine ou les deux principes opposés et complémentaires de l'actif et du passif."

"... le Soleil nous montre enfin, après toutes les illusions, la réalité, la vérité de nous-mêmes et du monde.  Après avoir reçu de lui l'illumination aussi bien matérielle que spirituelle, nous pourrons affronter le Jugement, 20e arcane majeur.  Le soleil aiguise la conscience des limites, c'est la lumière de la connaissance et le foyer d'énergie."

------------------------------------------


Dans le dictionnaire Marabout des symboles:

"XIXe arcane majeur du Tarot, le Soleil figure la double action de l'astre, lumineuse et calorique ... Ce soleil de midi crée la vie, mais écrase brûle et dessèche aussi si l'eau lunaire fait défaut.  La pluie d'or qu'il déverse représente la richesse spirituelle, celle du coeur, l'Or philosophique des alchimistes ... Cette lame évoque la conquête de l'Age d'Or par la saine raison solaire.  Elle nous rappelle que le bonheur terrestre est à la portée de ceux qui parviennent à résoudre les oppositions de leur nature, comme les Jumeaux qui, librement associés... contribuent à débrouiller le chaos humanitaire."

--------------------------------------------

Ça me parle beaucoup!  Ces dernières semaines, je fais de plus en plus la distinction des jumelles en moi.  Une partie de moi est passive, a peur de toute incursion dans l'inconnu, habite une grande bulle et est restée infantile, figée par mon surmoi.  L'autre partie est parvenue à s'épanouir, s'est réalisée, a grandi au fil du temps.  Elles sont tout à fait opposées!  En ce moment, je suis confrontée à une grand changement qui m'obligera à affronter l'inconnu.  Je suis obligée de déménager pour le 1er juin, de quitter le logement où j'habitais depuis 21 ans.  Inutile de vous dire que j'ai un méga-ménage à faire dans tout mon bagage accumulé.   Et beaucoup de démarches pour me trouver un nouveau logement, etc.  L'anxiété monte tranquillement.   Mais quel défi!


Une voix intérieure m'a dit que plus il y aurait de difficultés et plus ce serait profitable.  Je repense au livre "La valse lente des tortues".  Le personnage principal de ce livre, Joséphine, me ressemble beaucoup.  Les circonstances l'ont forcée à se réaliser, à devenir peu à peu la femme unique et intéressante qui dormait en elle, à colorer l'être effacé qu'elle pensait être.


L'orange, l'or-en-je, c'est le soleil vivant.   
L'intensité vibrante de l'énergie en soi
qui danse dans ce dense univers!

Michelle