samedi 4 septembre 2010

Lettre de Carl Jung à Mme R.



28 juin 1958 (Carl Jung avait alors 82 ans)

A Mme R.,
Suisse

"Chère Madame,

Si vous pensez qu'une expérience de la totalité (ein Erlebnis dei Ganzheit) équivaut à une "irruption dynamique de l'inconscient collectif", vous êtes indiscutablement dans l'erreur. L'expérience de la totalité est au contraire une occasion tout à fait simple de se sentir en accord avec l'intérieur et avec l'extérieur. Si vous arrivez à une telle simplicité, vous ne vous laissez plus perturber par les comportements désagréables de votre fils en famille ou par le fait d'avoir perdu votre "partition". Vos racines ne se trouvent pas dans cette partition, et vous n'êtes pas non plus votre fils, lequel doit vivre et vivra sa propre vie, même si votre participation à sa vie vous accroche à lui. Tout ce qui s'impose doit être vécu, si du moins vous voulez trouver votre propre position et supporter ce qui se présente sans rechigner. Il vous faut toujours vous dire: les choses sont ainsi, et je n'y peux rien. Tout ce qui se produit ou doit se produire arrive sans que vous y soyez pour quelque chose, et vous n'avez qu'à soutenir votre propre existence pour traverser les obscurités de l'existence humaine. Une participation trop forte à l'extérieur et une conception trop dynamique de l'intérieur relèvent en fait de votre désir, de vos intentions et de votre volonté, que vous devriez tenir un peu à l'arrière-plan au profit de ce qui vraiment importe, c'est-à-dire la façon dont vous vous affirmez dans le chaos du monde.

Avec mes meilleurs voeux,
votre dévoué"
(C.G. Jung)

C.G. Jung - Correspondance 1958-1961

mercredi 4 août 2010

Tours et détours

Jardin de Louise - 21 juillet 2010 - Enfin arrivée à bon port!

Je devais prendre le train pour me rendre chez ma soeur Louise, enfiler ensuite la rue Aurora (joli nom) à Pointe Claire jusqu'à l'avenue de la "Vallée du soleil". Je suis déjà rendue sur le quai 30 minutes d'avance. Je dois prendre le train vers Rigaud-Dorion. On annonce que le train pour Vaudreuil arrivera sur le quai No 1 plutôt que le No 2. On m'a mise en garde (d'abord Louise et aussi une pancarte sur le quai) de ne pas me tromper de train, il en passe plus d'un. Donc je ne bouge pas! Bizarre tout de même, deux trains à la même heure: c'était le même, et je le manque. Grrrr! (Un récent changement d'itinéraire, ce train ne va plus aussi loin qu'avant, mais les indications ne sont pas encore au point.)

Il me reste deux solutions: revenir 2 ou 3 stations avant et prendre l'autobus, et rendue à Pointe Claire descendre à la rue St-Jean. J'ai peur de manquer l'arrêt, de me tromper. Je me dis que le plus simple est plutôt de prendre un taxi pour me rendre directement. J'aurais dû réfléchir plus longuement... Bien mal m'en prit!

Donc j'ai pris un taxi, sans penser qu'un chauffeur de taxi de Montréal ne connait pas les dédales des autres villes. Il était asiatique. Il m'a demandé quel chemin prendre. Mon ton de voix montait: "Je ne sais pas, je ne sais pas". Il savait comment se rendre, voulait me donner le choix... "Je ne sais pas". Je lui dis que j'ai raté mon train, je veux lui expliquer... Il prend la parole, me disant qu'il ne veut entendre que de courtes phrases, très courtes... Re-grrr! C'est parti et mal parti. Son attitude, ses commentaires, me tombent sur les nerfs tout au long du trajet. Je vois le compteur monter, monter... et voilà qu'il veut savoir où je veux me rendre exactement, ça je sais, mais comment: "Je ne sais pas!..." On arrive à Pointe Claire, je trouve que ça m'a coûté assez cher comme ça, je ne veux pas "zigoner" dans la ville. Il me propose de sortir de l'autoroute à la rue Saint-Jean. Je mentionne la rue Aurora: connait pas. Il insiste, sortie Saint-Jean. Je lui demande de me faire descendre juste là, près d'un centre d'achats. La course me coûte 40 dollars, incluant le pourboire, généreux. Il dit "Merci, merci, merci".

Donc pour m'éviter un inconvénient mineur, facilement contournable, je me suis plongée dans une situation pénible et onéreuse pour en arriver au même point. Ce qui me fait penser à cette citation qui dit grosso modo: soit tu vas dans le sens du courant, soit il t'entraîne malgré toi. Pour moi, ce chauffeur oriental, il représente le Soi, qui nous paraît toujours étrange dans son langage et sa façon de nous interpeller. Le chiffre 40 est souvent employé dans un contexte d'attente et/ou d'épreuve: quarantaine, 40 jours de déluge, 40 jours dans le désert, etc. etc.

J'ai eu peur de manquer l'arrêt si je prenais l'autobus, moyen de transport collectif qui oblige à une part d'autonomie (il m'est arrivé un jour, justement dans ce carrefour, de me tromper de direction). J'ai pris un taxi dans l'idée de remettre la responsabilité au chauffeur pour me rendre à bon port. Il m'est arrivé souvent dans la vie de vouloir éviter l'anxiété, le flottement, que provoquent en moi beaucoup de situations. Je réalise bien pourtant à chaque fois que, tout compte fait, il y a toujours quelque chose de positif à retirer de ces événements. J'y trouve mon compte et ça me grandit chaque fois d'un iota.

J'ai lu justement récemment dans la correspondance de Carl Jung: "... l'on peut aisément faire un pas dans une fausse direction... On peut alors se voir incité, sans trop de douceur, à changer d'attitude." Sans trop de douceur, en effet. Dans les jours qui ont suivi, il m'est arrivé une fois d'employer une expression qui ne m'est pourtant pas familière: "De Charybde en Scylla" et dans un livre de Robert Silverberg, j'ai eu peu de temps après l'explication de l'origine de cette expression. J'ai trouvé l'équivalent sur internet:
http://www.expressio.fr/expressions/tomber-de-charybde-en-scylla.php

Une synchronicité qui collait très bien avec cet événement que je venais de vivre! En voulant éviter un danger, se précipiter dans un autre plus grand. Ici, on parlera plutôt de désagrément, bien sûr. Mais ce désagrément prend pour moi valeur de leçon pour la vie en général. Le mot-clé, celui qui me paralyse trop souvent: autonomie. Le Soi nous incite toujours à une rectification de notre attitude consciente quand elle n'est pas adéquate. Le Soi est toujours présent, j'ai la chance d'en avoir des preuves constamment et ça me rassure grandement. Mais chacun de nous est unique et défriche à mesure son chemin à nul autre pareil. Ne dit-on pas très justement: Aide-toi et le ciel t'aidera!

Un grand merci à ce chauffeur de taxi exaspérant qui m'a fait réfléchir à tout ça!

Michelle

mardi 27 juillet 2010

Si un jour...


Si un jour tu vois

Qu'une pierre te sourit,

Iras-tu le dire?


Guillevic

mercredi 14 juillet 2010

Les rêves d'abondance


Bonjour,
Je vous invite à écouter une chronique de Guy Corneau sur le site "Les repères de Languirand". Cette chronique fait suite à la précédente sur "La loi d'attraction" et la complète. Une très intéressante réflexion: à la recherche des vraies valeurs!


Amicalement,

Michelle

mardi 29 juin 2010

Le grand lama et le petit être noir


La semaine dernière, deux personnages sont venus me visiter en esprit. Le premier, d'après son apparence était un moine, un lama: crâne rasé, vêtement blanc ou crème, ample et sobre. Il était très, très grand. Et très, très pâle. Et très réservé malgré, peut-être même à cause de son envergure. Mal à l'aise, il s'est heurté la tête au plafond semble-t-il (je n'ai pas vu ce plafond) et a fait une grimace. Il était question d'opération. Il a tenté de dire le mot "chirurgic..." et s'est enfargé dedans.

Après j'ai vu André (mon nouvel amoureux) avec une fillette et une flaque de "kool aid" sur le plancher. Tout de suite après, je vois un lit d'enfant drapé de noir. Un être sombre surgit brusquement du coin supérieur gauche du lit, visiblement piqué au vif.

Ces deux êtres si contraires m'ont interloquée, alors j'ai écrit, ce qui m'aide grandement à réfléchir. De toute évidence, ce lama c'est moi, je me reconnais en lui. Très intérieure, j'attache une grande importance à la spiritualité. Introvertie bien que sociable, je me sens toujours un peu mal à l'aise dans l'expression de ce qui me tient à coeur. J'ai besoin de dire ce qui m'habite, mais me cogne à mes limites (réelles?).

Il m'arrive pourtant de m'épancher. Voyez: le lama se cogne, blessure, sang? Et tout de suite après, une fillette a renversé du "kool aid": Aide cool. Epanchement: ce n'est pas ma spécialité. C'est plutôt celle d'André, très coloré et qui s'exprime spontanément. Je suis toujours un peu gênée de m'exprimer, je ne le fais pas d'emblée. Et ici surgit du petit lit noir (inconscient) le petit être noir. C'est lui qui m'intrigue le plus. Il a l'air très contrarié. Alors, je lui ai parlé (eh oui, c'est la meilleure façon d'entrer en contact). Je l'ai interrogé et voilà ce que j'ai appris (j'ai un peu condensé ici):

Moi: Que fais-tu là? Qui es-tu?

Lui: Je bondis. Qui je suis? Sais pas, ... suis pas, suis suie et énergie concentrée là et endormie au creux de cette noirceur bénie. Energie en suspens. Ce soir, je t'ai fait peur, tu n'as rien vu en fait. Comme quand ta soeur te lisait un livre en ajoutant un loup dans les coins noirs, tout droit sorti de son imagination.

Moi: Je vois... je ne te vois pas vraiment, petit être condensé, pas maléfique malgré les apparences!

Lui: Tu me demandes ce que je fais là (il se gratte la tête). Tu m'as appelé, il me semble. Je dormais et soudain il y avait cette flaque sucrée. Grrr! Débordement. J'ai débordé. Débordé de la tranquillité de cette intimité. Pas sereine cette intimité, toujours inquiète, aux aguets, oui, inquiète cette enfant, inquiet ce lit, pourtant refuge, abri, "fort" intérieur.

Moi: Hum, un loup qui n'y est pas vraiment. Loup, y es-tu?

Lui: Je ne suis pas un loup. Je suis suie noire et énergie. Je suis ce qu'on fera de moi au fil du temps. J'ai la vivacité de l'écho dans les montagnes. Je réponds aux cris de l'esprit quel qu'il soit. Je suis "présent" forcément.

Moi: Connais-tu le lama?

Lui: Je le connais bien. Il m'appelle depuis longtemps. Il m'entend, il m'écoute. C'est un bon gars, écho lui aussi. Echo des autres, si souvent. Echo de la nature aussi. J'aimerais qu'il teigne ses vêtements de vives couleurs, pour que je puisse répondre à son chant bruissant devenu puissant! Demain peut-être? quand il sera... plus grand? Ah, ah!

Michelle
29 juin 2010

P.S. A propos de vêtements pâles et de flaque rouge, je vous invite à relire cet article de mon blog où je racontais une autre image de mon esprit, survenue aux tout débuts de ma relation avec André. http://le-chemin-au-dela.blogspot.com/2010/04/la-femme-en-blanc.html

dimanche 20 juin 2010

La loi d'attraction

Chronique de Guy Corneau sur le site "Les repères de Languirand"

La part du soi - La loi d'attraction - Ce qu'on est vs ce qu'on attire à soi, une loi naturelle en action, la synchronicité!

http://www.repere.tv/?p=7179

Amicalement,

Michelle

samedi 12 juin 2010

Dans ton jardin

Jardin de Louise et Reg - Pointe-Claire -Août 2009
Dédié à ma soeur Louise
J'ai rêvé, il y a bien des années, que tu me prenais par la main, ma soeur, pour me guider dans un bois. Cette fois tu m'emmènes parcourir ton jardin (votre jardin, à Reg et à toi). Par une torride journée d'été, tu m'as invitée dans cet oasis tranquille. En y pénétrant, tout de suite je constate que l'air y est plus frais qu'ailleurs. Ici on peut respirer à l'aise. Et le temps ralentit dans cet espace tranquille.
Peu à peu, mes sens émus s'éveillent. C'est rempli de multiples couleurs, de sons, d'odeurs, d'une vie intense, riche, paisible. Tu me montres tous les recoins, tu m'incites à humer, à toucher parfois, à écouter le chant des oiseaux, des cigales, à admirer ton potager. Vivacité, fragilité, force, vigueur, odeurs douces, ténues, épicées. C'est chez toi!

Un lieu bien ordonné, mais avec un aspect un peu sauvage qui me surprend. Des tiges s'élancent plus haut que moi. Tu m'expliques: après avoir bien pensé, organisé, choisi, semé avec amour, la nature prend la relève et vous réserve quelques surprises au fil des jours. Je pense aux enfants. On les éduque, on les guide, on les "élève", et puis peu à peu, ils s'éveillent à leur propre nature et un beau matin, voilà, ils vous dépassent en hauteur, déploient leur originalité!

Les plantes ont besoin pour grandir d'une bonne terre, d'eau, de soleil et de beaucoup de patience et de soins. La graine contient en elle toute la plante, encore faut-il lui donner ce qu'il faut pour croître. Comme la vie qui se déploie en chacun de nous a besoin de soins et d'expériences, de patience et d'attention. Et parfois elle nous surprend. On sème, on cultive, on récolte ce qu'on a semé, avec quelques surprises à la clé.

Notre jardin, enfin, on peut en jouir et ce dans la mesure où on a pu le découvrir et l'aimer assez pour continuer toujours à le cultiver.

Michelle
12 juin 2010