samedi 15 août 2015

LE SEMEUR

Photo prise au biodôme de Montréal le 12 août 2015

Le 27 juillet dernier, une vision intérieure:  Je vois un personnage aux vêtements amples et de couleur claire, debout juste à côté d'une rivière, qui laisse tomber dans l'eau de fines particules qui ont l'air lumineuses.  Je ne sais pas si ce personnage est féminin ou masculin.  Les particules sont pour moi de toute évidence de la nourriture pour les poissons, je suis fascinée par leur luminosité, comme s'ils reflétaient la lumière du soleil.  Je pense aux paroles de la chanson "Maître Pierre":  "Le froment vole dans la lumière".  J'ai l'impression que cette scène se passe dans un coin caché, même si je ne vois pas ce qui me donne cette impression. 

Ce personnage me fait penser au semeur dans différentes peintures et dessins de Van Gogh.  Il n'est pas un semeur dans la juste signification du terme, mais il me semble en être un quand même ... Il pourvoit d'une nourriture riche les poissons qui nagent dans la rivière, symbole de l'inconscient personnel.  Le champ cultivé d'où provient cette nourriture est aussi symbole de l'inconscient.

Quelques jours avant, le 22 juillet, j'ai rêvé à un chat, mon chat (je n'en ai pas en réalité, mais j'en ai eu dans le passé).  Je me rendais compte tout à coup qu'il y avait longtemps que je n'avais pas pensé à le nourrir.  J'ai donc ouvert une boîte de sardines et avant que j'aie pu les disposer dans une assiette, il s'est jeté dessus avidement.  De toute évidence il avait grand faim.  Je me suis dit qu'il ne fallait plus que je l'oublie.  Je me suis promis d'acheter des boîtes de sardines pour lui à l'avenir.

Dans ce même rêve du chat, il était question d'un homme qui était mort et qui cherchait à entrer en contact avec des personnes de sa connaissance pour leur dire que son esprit était encore parmi eux.  Il avait eu un accident de voiture, il conduisait et il y avait une passagère aussi.  Ils avaient foncé sur ce qui semblait être un bloc sculpté au milieu de la rue.  Il y avait aussi un homme chez moi qui semblait indifférent à propos du chat et je me demandais comment couper les liens avec lui.

Après avoir eu la vision du semeur, j'ai pensé à mon chat.  Ces poissons nourris convenablement pourraient très bien lui servir de nourriture à leur tour.  Une riche nourriture qui le maintiendrait en forme.

Et pour compléter le tout, le 8 août, j'ai eu la vision d'un gros morceau de chair blanche qu'on coupait presque en deux et étendait ensuite.  Je l'ai pris en main, j'étais surprise de ne pas sentir que je le tenais, comme si le sens du toucher me faisait défaut.  Cette chair était à n'en pas douter la chair d'un gros poisson, bien que sous cet aspect ce n'était plus évident.

Le sens du toucher me faisait défaut:  le niveau sensitif n'est pas très développé chez moi.  Et c'est peut-être ce qui est représenté dans ce rêve où j'oubliais de nourrir mon chat.  La fonction sensation est notre contact avec la réalité.  La fonction la moins développée en nous est paraît-il la fonction qui fait le lien entre nous et l'inconscient.  Ainsi en est-il de l'animus, cet archétype masculin qui vit à l'intérieur de chaque femme.  Comment ces deux éléments sont-ils reliés, je l'ignore, mais dans ce rêve du chat affamé, il y avait aussi deux hommes, l'un qui était mort et cherchait à entrer en contact et l'autre indifférent à la situation.  Ce rêve parle donc d'inconscience et de besoins naturels qu'il ne faut pas oublier de satisfaire.

A suivre ... peut-être y aura-t-il d'autres indices dans les semaines à venir! 

En attendant, je vais tâcher de ne pas oublier mon chat!

Michelle


mercredi 5 août 2015

La montagne

Pic de l'Aurore, en Gaspésie


J'étais très jeune quand j'ai fait mon premier grand rêve. Je devais avoir 8 ou 10 ans. J'ai fait ce même rêve au moins deux fois, peut-être trois:
Je quittais l'endroit où je vivais à la campagne.  Dans un de ces rêves, je disais adieu à mon cheval.  Et je me retrouvais au pied d'une haute montagne accompagnée d'un compagnon poilu: un ours qui marchait comme un humain mais ne me parlait pas.  Et là commençait un long périple. 

Je n'escaladais pas cette montagne, j'entrais dedans.  J'entrais dans un tunnel et marchais à quatre pattes à l'intérieur.  L'ours me suivait.  Après avoir ainsi rampé dans le noir un bout de temps, nous arrivions à une pièce creusée dans la montagne où se trouvaient un ou des bureaux anciens et sur ces bureaux je découvrais des petits coffrets, des fioles.  Et j'ouvrais chacun de ces petits contenants.  Chaque fois, j'avais un merveilleux sentiment en découvrant ce qui se trouvait là.   Le rêve ne me montrait jamais le contenu.  Et le périple continuait.  De nouveau, je rampais dans le noir, l'ours derrière moi, et puis je découvrais une nouvelle pièce où se trouvaient un ou des bureaux sur lesquels reposaient des petits coffres, des fioles.  Et chaque fois que j'ouvrais un de ces contenants, je ressentais un nouvel émoi.  Et le rêve continuait ainsi.  Je découvrais toujours de nouvelles pièces, de nouveaux trésors, quatre fois, cinq fois, six fois ...  C'était magique!

J'ai compris plus tard que ce rêve préfigurait mon cheminement intérieur, avec ses moments pénibles dans le noir, mais aussi toutes les petites découvertes qui ont jalonné ma vie et m'ont permis peu à peu de me connaître et de m'aimer comme je suis.
Michelle


dimanche 17 mai 2015

J'ai rêvé à Jung


Le matin du 11 mai, j'ai rêvé à Carl Jung.  Dans mon rêve, il avait à peu près cette apparence.  Depuis plusieurs semaines, il me semble qu'il ne se passe rien d'intéressant dans mon cheminement, et voilà que je fais ce rêve: 

J'avais acheté des pilons de poulet pour le repas, en souvenir d'un événement qui était arrivé avant.  J'étais assise en train d'enlever la peau sur les pilons. Je pense qu'il y avait une femme à ma droite.  J'en ai le sentiment mais je ne l'ai pas vue.  L'événement que je voulais célébrer c'est que j'étais en analyse avec Carl Jung et il en était ressorti le chiffre 5.  Pour souligner ça, nous étions allés tous les deux au restaurant dans l'intention de choisir le menu numéro 5, qui consistait en des pilons de poulet.  Pendant que je dénudais les pilons, Jung est arrivé (à ma gauche), comme s'il était mon conjoint venu pour souper.  Et il apportait deux pilons de poulet.  Ceux-ci étaient différents des miens, plus pâles.  (A mon réveil je me suis dit qu'ils ressemblaient à des pénis non-circoncis.)   Il les avait apportés pour la même raison, en souvenir de l'événement du chiffre 5.  Je lui ai demandé s'il préférait manger du steak à la place du poulet.  J'en avais une bonne quantité dans un emballage rectangulaire ... à peu près 5 livres, à vue de nez.  Je me suis mise ensuite à lui raconter ce qui était arrivé le jour du restaurant.  En même temps, je revoyais la scène:  je m'étais assise à une table.  Jung n'était pas avec moi à ce moment-là.  La serveuse est venue me dire que je devais faire comme les autres clients, aller me servir au buffet.  Alors je me suis mise à lui expliquer qu'en analyse, le chiffre 5 avait été mis en évidence.  Et que nous voulions donc manger seulement le repas qui correspondait à ce numéro.  Elle m'a demandé où était mon analyste en ce moment.  Je me suis rendue compte que je me sentais de plus en plus animée en racontant à Jung ce qui s'était passé ce jour-là.

Quand je me suis réveillée, j'ai d'abord pensé que le premier événement, je l'avais rêvé quelques jours avant, mais j'ai vite réalisé qu'il n'en était rien.

A propos du chiffre 5, j'ai pensé tout de suite au Yi-King.  L'hexagramme No 5 est Su: L'ATTENTE  (nutrition):

"Tous les êtres ont besoin de la nourriture d'en haut. Mais les aliments sont administrés en leur temps, qu'il faut attendre. L'hexagramme montre les nuages dans le ciel répandant la pluie qui réjouit tout ce qui croît et pourvoit l'homme de nourriture et de boisson. Cette pluie viendra à son heure. On ne peut la faire venir de force, mais il faut l'attendre... Face au danger, la force ne se précipite pas mais sait attendre, tandis que la faiblesse tombe dans l'agitation et n'a pas la patience d'attendre."

"L'attente n'est pas un espoir vide. Elle a la certitude intérieure d'atteindre son but. Seule cette certitude intérieure donne la lumière qui conduit à la réussite. Celle-ci mène à la persévérance qui apporte la fortune et confère la force de traverser les grandes eaux... La faiblesse et l'impatience sont impuissantes. Seul celui qui est fort viendra à bout de son destin, car il peut tenir ferme jusqu'à la fin grâce à son assurance intérieure. Cette force se révèle dans une sincérité inflexible. Ce n'est que lorsque l'homme est capable de regarder les choses telles qu'elles sont, sans illusion ni duperie à l'égard de lui-même, qu'il se dégage des événements une lumière grâce à laquelle on peut discerner la voie du succès. Une telle connaissance doit être suivie d'une action résolue et persévérante, car c'est seulement lorsque l'homme affronte résolument son destin qu'il peut en venir à bout. On peut alors traverser les grandes eaux, c'est-à-dire prendre la décision qui s'impose et tenir tête au danger."

"Des nuages montent dans le ciel:  Image de l'ATTENTE.  Ainsi l'homme noble mange et boit; il est joyeux et de bonne humeur."

"Quand les nuages montent dans le ciel, c'est le signe qu'il va pleuvoir.  Il ne reste alors plus rien à faire que d'attendre que la pluie tombe.  Il en est de même dans la vie quand un destin se prépare.  Lorsque les temps ne sont pas encore accomplis, on ne doit pas se mettre en souci et s'efforcer de façonner l'avenir par son activité et son intervention propres, mais il convient de rassembler paisiblement ses forces en mangeant et en buvant, pour ce qui est du corps, et en étant de bonne humeur, pour ce qui concerne l'esprit.  Le destin vient de lui-même et alors on est prêt."

Commentaires:

Le lien entre mon rêve, ma situation actuelle (impression qu'il ne se passe rien) et cet hexagramme me paraît évident.  Je dois d'abord faire cuire ce repas, ce qui nécessite quelques étapes, en commençant par enlever la peau sur les pilons, et ensuite l'attente du résultat. - A propos de circoncision, dans le dictionnaire des symboles (Laffont), j'ai trouvé ceci:  "Dans les régions polynésiennes, comme chez les Juifs, elle répète la section du cordon ombilical pratiquée à la naissance de l'enfant et symbolise une nouvelle naissance, c'est à dire l'accès à une nouvelle phase de la vie." - Dans mon rêve, la première étape de la préparation de mon repas est d'enlever la peau sur les pilons et ceux que Jung m'apporte me font penser à des pénis non-circoncis - Quant au chiffre 5, dans le même dictionnaire des symboles, on dit ceci entre autres:  "Le nombre 5 tire son symbolisme de ce qu'il est, d'une part, la somme du premier nombre pair et du premier nombre impair (2 + 3); d'autre part, le milieu des neuf premiers nombres.  Il est signe d'union, nombre nuptial disent les Pythagoriciens; nombre aussi du centre, de l'harmonie et de l'équilibre." - Signalons en passant que les hexagrammes du Yi-King sont formés de lignes continues (Yang, correspondant au chiffre 3) et de lignes interrompues (Yin, correspondant au chiffre 2).


La serveuse du restaurant me reproche de ne pas aller me servir au buffet comme les autres clients.  Un peu mal à l'aise, comme toutes les fois où on me réprimande, je m'explique.  A situation spéciale, procédure spéciale.  J'attendrai qu'on nous serve plutôt que de me servir moi-même.  Le repas sera moins copieux peut-être, mais ce qui a le plus de valeur pour moi c'est ce qui est significatif en ce moment symboliquement et donc me concerne personnellement.  Je suis certaine que mon comportement est légitime, c'est pourquoi je me sens de plus en plus animée quand je raconte cet incident à Jung.

Se nourrir de ce qui advient pour attiser notre feu intérieur, telle est la partie qui nous incombe dans l'alchimie de notre vie.

Michelle

P.S.  "Par hasard", en cherchant autre chose, je retrouve dans un cahier d'il y a deux ans un extrait du livre "Les sept plumes de l'aigle" d'Henri Gougaud, où on parle de circoncision  (quelques heures après avoir écrit cet article):

- Est-ce qu'El Chura t'a circoncis?

- Circoncis?  Dieu du ciel!  Pourquoi l'aurait-il fait?  Il s'est mis à rire.  Il s'est empoigné l'entrejambe.
 
- Pas là.  Et cognant son front de l'index - Ici!

Et plus tard il explique ce qu'il a voulu dire:

- Tu vois, le monde, lui n'a pas de capuchon. Il capte tout du ciel, du soleil, des étoiles. Si ton crâne était circoncis, il pourrait accueillir mille choses qu'il ne peut percevoir parce qu'il est couvert, comme ton sifflet. Ton trou est tout petit et ce qui vient d'en haut a du mal à passer.

- J'aimerais être grand ouvert, don Benito, comme le monde.  Dites-moi comment faire.

- Oublie tes peurs, tes opinions.  Sens les choses et laisse venir.  Accueille tout, ne pense pas.

 


dimanche 18 janvier 2015

Le trou dans la pierre



J'ai eu une vision intérieure le 13 janvier dernier, que j'ai reproduite hier dans ce montage.

D'abord, j'ai entendu la voix d'un homme qui parlait d'une femme.  Il disait qu'elle croyait que sa vie serait différente (dans le contexte d'un voyage intersidéral) mais qu'il n'en serait rien, étant donné que ce voyage serait bien plus long que la durée de sa vie.  Elle n'arriverait donc pas elle-même au but du voyage. 

Et moi je me suis dit que sa vie serait quand même différente intérieurement, à cause de l'attitude nouvelle qui serait la sienne, dans la perspective du but, même lointain, de ce voyage.

C'est là que j'ai vu un trou rond dans un mur de pierre.  Un hublot, en quelque sorte.  Et à travers ce trou, j'apercevais des tissus de couleurs pastelles.  J'ai surtout remarqué le rose.  Ces tissus m'ont fait penser irrésistiblement aux robes des personnages féminins des dessins de Disney, les robes de Cendrillon et d'Aurore (la belle au bois dormant) entre autres.

Et puis le trou s'est un peu agrandi, et en plein centre de ce trou, de cette fenêtre, est apparu un petit cœur de pierre.  Ce qui, dans mon esprit, a résonné comme une confirmation de la justesse de mon point de vue.

J'ai commencé depuis peu à méditer.  En fait, je connais cet état de méditation depuis très longtemps, mais j'ai récemment assisté à un cours de méditation sur mon lieu de travail, qui m'a incitée à méditer sur une base plus régulière.  Et quel grand bien ça me fait!
  
De plus, en ce moment, je suis en train de relire "Sri Aurobindo ou l'Aventure de la conscience" de Satprem, que j'ai déjà lu deux fois dans le passé, avec vingt ans d'intervalle à chaque fois (dans la vingtaine, dans la quarantaine, et puis maintenant... Dans ce livre, Satprem parle de la méthode de yoga intégral de Sri Aurobindo.  Je le recommande à tous sans restriction.  Quel trésor!

Je pense que cette vision intérieure (pour employer le terme de Sri Aurobindo que je vais adopter dorénavant, au lieu de parler d'image mentale ou psychique) fait référence à l'aventure intérieure que j'ai personnellement entreprise il y a bien longtemps, mais qui prend ces dernières semaines une nouvelle tournure pour moi.  Cette femme est consciente, dans son "fort intérieur", que l'aventure ne fait que commencer pour elle-même et aussi pour l'humanité.  Qu'à cela ne tienne, le jeu en vaut la chandelle.

Satprem écrit:  "Le vrai système de yoga consiste à attraper le fil de sa propre conscience, ce "fil brillant" dont parlaient les rishis, et de s'y accrocher et d'aller jusqu'au bout."

Oui, l'aventure de la conscience ne fait que commencer!  Quel magnifique voyage en perspective!  

10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, l ... Partons!

Michelle

lundi 1 septembre 2014

Dialogue entre le petit homme et le grand cervidé

 
Le dieu Cernunnos avec son immense serpent à tête de bélier
Photo prise au jardin botanique en août 2013
 
A la fin de mon précédent article, j'ai écrit qu'il serait intéressant de confronter ces deux personnages l'un à l'autre:  le petit docteur blanc et le grand cervidé, qui ressemble au dieu Cernunnos de la mythologie celte.  (Merci à Carole pour le rapprochement).  Je ne savais pas trop comment les amener à dialoguer.  Je les ai d'abord interrogés à tour de rôle.  Le petit homme blanc m'a exprimé le paradoxe qui l'habite.  Il a peur du monde extérieur, par contre il sait qu'il ne peut rien expérimenter dans son athanor sans contacts humains. 

J'ai demandé au grand cervidé ce qu'il faisait chez moi.  Il m'a répondu que d'une façon certaine, je l'avais appelé ... "et je pense que ça a un certain rapport avec l'isolement du petit homme blanc.  Je suis puissant naturellement, j'ai puisé cette énergie au fil du temps autour de moi.  Dans la nature et dans tous ses prolongements."

Et à la fin de notre rencontre, le petit homme blanc s'est adressé directement au grand cervidé  (H: petit homme - C: grand cervidé)

H:  Tu crois que j'ai besoin de toi?

C:  Tous ont besoin de moi.  Je suis le dieu de l'abondance et de la régénération.

H:  Et toi, est-il possible que tu aies besoin de moi?

C:  J'ai besoin de tout ce qui vit pour continuer le monde.  Chaque élément est important.

H:  Même un apprenti-sorcier comme moi, craintif et solitaire?

C:  Tu trouveras ton chemin bien plus sûrement qu'un homme arrogant et trop confiant.

H:  Quelle peut être la place d'un petit homme comme moi dans ce vaste monde?

C:  Celle où te mèneront tes pas.  Fais confiance à la vie, elle te conduira.

H:  Dieu de la nature, ne peux-tu me donner un indice qui raffermirait ma foi?

C:  Petit homme, c'est au fond de ton âme que niche le secret qui n'appartient qu'à toi.  Je ne peux plus t'aider.  A partir de ce point-là ... c'est toi qui m'aideras!


A la prochaine,
Michelle

1er septembre 2014



samedi 16 août 2014

Le petit docteur et le grand cervidé

Photo prise le 17 août au Parc Michel-Chartrand
Je sais ... ce n'est pas un mâle.
J'en ai vu un mais je n'ai pas pu le photographier clairement.
Voilà tout de même une belle synchronicité!

Cette semaine, le 14 août, j'ai vu deux images mentales de suite.

La première:  Un petit personnage debout vu de dos à l'intérieur d'un bain vide, au bout du bain.  Il porte ce qui m'a paru être un sarrau blanc.  Il mesure 3 ou 4 pieds.
Et j'ai entendu:  "J'suis absolument isolé".

La deuxième:  Un personnage sombre.  C'est un grand cervidé (chevreuil ou orignal) que je vois de face.  Il est debout comme un humain, il semble d'ailleurs plus humain qu'animal.  Il se trouve au fond d'une grande pièce qui me semble être un salon.  Derrière lui, un mur ou un sofa.  Il porte un vêtement d'apparat il me semble (je pense aux anciens vêtements de rois).   Il a l'air sûr de lui d'après sa stature et sa voix.  Il dit quelque chose que je n'ai malheureusement pas retenu, parce que je ne l'ai pas écrit tout de suite!

J'ai fait un parallèle entre ces deux personnages qui m'ont paru aux antipodes l'un de l'autre.  L'un est un homme, l'autre un animal.  L'un est petit, l'autre grand.  L'un porte un vêtement blanc et l'autre un vêtement sombre.  L'un m'apparaît de dos, l'autre de face.
 
Le premier dit qu'il est "absolument isolé", absolument donc complètement.  Ce qui me fait penser aux expériences qu'il pratique, en tant que docteur, chimiste ou savant, avec un athanor peut-être.  Il est seul et c'est ce qu'il veut.  Je pense à l'égo dans sa bulle.  Il porte un vêtement protecteur.  Il est dans une salle de bains, endroit très intime.

L'autre au contraire me paraît plutôt frondeur, ouvert au monde extérieur.  Il a confiance en lui, a du panache (littéralement aussi).  Il porte un riche vêtement.  Il se trouve dans un salon:  la pièce de la maison qu'on ouvre à la famille, aux visiteurs, l''endroit le plus ouvert au monde extérieur. 

Le petit docteur ne m'impressionne pas, il est vrai qu'on est rarement intimidé par quelqu'un qui se présente de dos.  Le grand cervidé par contre m'impressionne.  Il est de ces personnages qui m'intimident tellement ils sont sûrs d'eux.  Peut-être le petit docteur est-il plutôt rationnel, comme le sont les scientifiques et le grand cervidé plutôt instinctif, comme le sont les animaux.

Je n'apporterai pas une explication trop hâtive.  Mais bien sûr, ces deux personnages font partie de moi, consciemment ou inconsciemment.  Il serait intéressant de les confronter l'un à l'autre.   Tiens c'est ce que je vais tenter de faire ... et si le résultat est intéressant, je vous tiens au courant!

Michelle
16 août 2014

dimanche 8 juin 2014

La quadrature du cercle


Dans la nuit du 6 juin, je lisais dans "La poétique de l'espace" de Gaston Bachelard, à propos des rêveries de l'alchimiste:  "L'androgénéité du rêveur va se projeter en une androgénéité du monde.  En suivant dans leur détail les douze images (du Rosaria Philosophorum), en ajoutant toutes les dialectiques du soleil et de la lune, du feu et de l'eau, du serpent et de la colombe, des cheveux courts et de la chevelure longue, on reconnaît la puissance des rêveries associées qui sont aussi mises sous le signe de l'adepte et de sa compagne.  Là, s'égalisent deux rêveries de culture. Nous nous tenons en équilibre de rêverie en nous appuyant sur les deux transferts croisés qui suivent les projections de l'animus sur l'anima et de l'anima sur l'animus."  Pendant que je lisais, j'ai entendu mentalement:  "Oui, oui".  Quelques minutes plus tard, juste avant de m'endormir, j'ai entendu:  "La quadrature du cercle" et en même temps, j'ai vu une grande sphère de bois à l'intérieur d'un cadre cubique.  Le tout m'a semblé à la hauteur d'un humain.  Cette sphère m'a impressionnée.  Elle semblait étroitement contenue dans ce cadre de bois. 

Hier, j'ai noté ceci dans mon cahier, sans plus.  J'étais dans un état de vide intérieur pendant quelques heures et me demandais comment y remédier, jusqu'à ce que je me mette à penser à cette sphère intensément.  Assurément, telle était la rêverie qui m'habitait et aspirait à être mieux ressentie. 

"Le vase doit être fabriqué (selon Dorn) à partir de la quadrature du cercle; il s'agit là d'une opération essentiellement psychique, c'est-à-dire de la réalisation d'une aptitude intérieure à recevoir l'archétype du Soi et à le faire apparaître (subjectivement)."

Carl G. Jung - Les racines de la conscience

"Le cube symbolise le monde matériel et l'ensemble des quatre éléments."
"La totalité céleste-terrestre s'exprime merveilleusement dans le couple cube-sphère."

Dictionnaire des symboles - Laffont

A propos du cube représentant les quatre éléments, j'ai pensé que le bois est pour les chinois un 5e élément.   Intéressant!  

Ces formes dans l'image que j'ai vue semblaient anciennes par l'aspect du bois.  J'ai été frappée par leur gabarit à hauteur d'homme.  La sphère m'a parue très serrée, n'ayant aucun "jeu" pour se mouvoir.  Je ne crois pas qu'elle avait la possibilité de bouger dans ce carcan de bois qui l'enserrait sans la couvrir complètement.   Un peu comme ceci.



La stabilité qu'on attribue aux cubes devient donc ici une propriété de la sphère .... mais est-ce que c'est en vérité sa volonté d'être aussi fortement enserrée et donc immobile.   Une sphère est tellement belle en mouvement même si sa liberté est conditionnée par son environnement.  Musique des sphères, peux-tu t'exprimer ainsi?  Le Soi est prisonnier des constructions humaines, comme la sphère isolée dans un navire au fond des eaux dans le livre de Crichton.  (Avant-dernier article sur mon blog)

Revenons au texte de Gaston Bachelard sur les rêveries de l'alchimiste.  Avant le passage que j'ai déjà cité, il écrit:

"Pour prendre la mesure de toutes les idéalisations de l'être aimé et paré de vertus dans une rêverie solitaire, pour suivre toutes les transpositions qui donnent une réalité psychologique à des idéalités formulées en rêvant la vie, il faut, croyons-nous, envisager un transfert complexe d'une toute autre portée que le transfert rencontré par les psychanalistes.  En considérant ce transfert complexe, nous voudrions donner toutes ses fonctions à l'Uebertragung, telle que l'envisage Jung dans ses travaux sur la psychologie des alchimistes... Ce transfert passe par-dessus les situations sociales, pour lier des situations cosmiques.  On est alors invité à comprendre l'homme non seulement à partir de son inclusion dans le monde mais en suivant ses élans d'idéalisation qui travaille le monde."  Et un peu plus loin:  "L'androgénéité n'est pas enfouie dans quelque animalité indistincte, aux origines obscures de la vie.  Elle est une dialectique du sommet.  Elle montre venant d'un même être l'exaltation de l'animus et de l'anima.  Elle prépare les rêveries associées du sur-masculin et du sur-féminin."

Gilles Vigneault a écrit:  "L'homme est carré, la femme est ronde".   La quadrature du cercle c'est aussi l'union du Roi et de la Reine en alchimie.  C'est l'homme et la femme réunis dans une exaltation androgyne rêvée, idéalisée, sur le chemin menant à l'Homme nouveau.  Puisse ce chemin s'élargir et nous permettre de vivre et de partager une plus grande liberté.

A tous les cubes et les sphères,

Michelle