samedi 16 juillet 2011

POP CORN


Le 12 juillet, j'ai vu mentalement cette image: un grand nombre de grains de maïs serrés les uns contre les autres et au-dessus d'eux, un drapeau. Image qui fait immanquablement penser à une foule homogène sous l'égide d'une même allégeance, d'une même croyance. Et une voix a dit: "Si vous trouvez ..." la suite m'a échappée.

J'ai aussitôt pensé au "pop corn" (maïs soufflé) que j'avais mangé en quantité la veille et je me suis dit: quand les grains de maïs éclatent, ils deviennent tous différents les uns des autres, originaux. Alors m'est revenu en mémoire ce que j'avais entendu (mentalement) un matin (le 18 juin) et qui me disait en substance: Si tu entretiens ton feu, tu vas y arriver. Le feu de l'athanor, en alchimie, qu'on doit surveiller pour qu'il ne s'éteigne pas, autrement dit garder toujours l'esprit ouvert. Le même matin, sur mon calendrier 365 jours, l'expression du 18 juin était: "Avoir un grain". Je ne connaissais pas cette expression, qui signifie "être un peu fou", "avoir un grain de folie". Sympathique!

A la fin de juin, j'ai terminé la lecture du livre "Le symbole un messager". Je vous en ai présenté des extraits dans mon article "La pensée symbolique". Dans ce même chapitre de Jean Desclos, il parle de la théorie des trois mondes du philosophe M. Karl Popper. Voici le lien qui vous amènera à ce passage, qui s'intitule "Les trois mondes de monsieur Karl": http://books.google.ca/books?id=vMYb2K1DzTcC&pg=PA139&lpg=PA139&dq=karl+popper+le+symbole+un+messager&source=bl&ots=waYOMcbzMl&sig=_paFiRZ2-2EHKW18FWnHcWV1kSU&hl=fr&ei=lnUhTp7DNoXq0gG06dWVAw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CBcQ6AEwAA#v=onepage&q&f=false

Quelques jours plus tard je suis allée au cinéma avec mon amie Micheline voir le film: M. Popper et ses manchots. Ce M. Popper il a vraiment un grain de folie. Très conventionnel pourtant au départ, comme le grain de maïs avant qu'il "s'éclate", il se trouve coincé avec six manchots (bientôt huit avec deux bébés) et là, il craque, il éclate, il lâche son fou, à la manière de Jim Carrey, expert en la matière!


Popper: Celui qui fait éclater les grains!


Attisons nos esprits au feu de la vie


La fantaisie naturellement, spontanément s'épanouit


Laissons éclater nos grains de folie!


OUI!


Je suis en vacances!


Michelle


P.S. Juste une petit post-scriptum pour vous dire que pour les photographier j'ai placé les pop-corns sur le livre rouge de Carl Jung.

mardi 12 juillet 2011

Un rêve étrange

Le 28 juin, j'ai fait un rêve étrange! D'abord, une femme avec une petite chenille ou petit ver blanc ou crème, qui est son bébé. Je prends ce petit être entre mes doigts, me déplace tout en le regardant attentivement. Quand je reviens pour le remettre à sa mère, il y a dans la pièce où elle se trouvait avant quatre femmes qui, avec un air narquois, me disent que la mère est partie. Elle s'est éclipsée en laissant le bébé avec moi. Plus tard, ce petit invertébré est devenu un poisson qui ouvre la bouche très grand en poussant des cris ou des gémissements très désagréables. Il est blanc ou crème, comme le ver qu'il était avant. Je n'ai pas très envie de le garder avec moi. Plus tard, il est devenu un grand chien, brun je pense, mais un chien très étrange, à l'expression et à l'intelligence humaine. Un chien qui réagit beaucoup et de manière critique aux humains. J'ai peur de lui. Ma soeur Louise et son chum Reg sont avec moi mais pas pour longtemps. Je me demande comment je vais me sentir quand ils n'y seront plus, que je serai seule avec ce gros chien trop humain. J'ai peur de me sentir très mal à l'aise. Je pense aussi qu'il doit sûrement manger beaucoup. Je le vois dans une voiture de métro, il réagit vivement et sévèrement en entendant une conversation. Et tandis que je m'interroge, cherchant une échappatoire pour ne pas le garder, le chien me regarde en face et me dit: "Je suis ta conscience".

Commentaires:

Ma conscience! Alors pas question de m'en défaire, bien sûr!

D'abord une conscience larvaire. Quand on se sépare de sa mère et de son autorité, on fait un premier pas vers l'autonomie. Mais cette séparation ne se fait pas aisément ni rapidement. Le poisson pousse des gémissements: ça me fait penser quand j'ai commencé à écrire. J'exprimais souvent mes états d'âme, mes déchirements de conscience, la souffrance qui me tiraillait. Ça a duré quelques années. Ensuite, c'est devenu autre chose.

Le chien, sévère surmoi. Il ne me laisse rien passer. Je me souviens de tous mes manquements avec acuité. Les chiens sont souvent des guides, symboliquement et dans la vie. Vers où me mène cette vive conscience de mes fautes? J'ai interrogé ce chien et voilà ce qu'il m'a dit:

"Comme tu as pu le constater, je réagis vivement à tout ce qui est détonnant dans mon environnement. Je suis naturel, spontané. Pas hargneux, non, mais sévère parfois, je dirais plutôt sérieux, très sérieux. Ton sens de l'humour ne m'atteint pas ... C'est peut-être ce qui te met mal à l'aise. Tu as l'habitude d'entrer en contact souvent grâce à cet humour. Comme beaucoup de gens. Je suis instinctif et intelligent. Je suis comme je suis. Et tel quel je pense pouvoir m'entendre avec toi. Si tu ne triches pas! Après tout, je fais partie de toi.

Tu as peur que je mange beaucoup? Tu ne t'es pas vue t'empiffrer? Laisse-moi rire... ou plutôt pleurer, moi je ne ris pas! Je suis ta conscience ... impitoyable. Tu aimerais mieux m'oublier mais je suis toujours là. Imperturbable. De quoi je me nourris? De tout ce que tu apportes au moulin: tes "prises" de conscience, ce qui émerge de ton inconscient et qui te fait vibrer. Ce qu'il y a de bon en toi, de vrai."

Je continue à y réfléchir! Ma conscience, tour d'ivoire, tour d'y voir?

Michelle

samedi 2 juillet 2011

Qu'est ce qu'un archétype?




Extraits du livre "Les rêves et leur interprétation" d'Ernest Aeppli

Un livre oh combien précieux pour moi depuis plus de 30 ans!

"Nous sommes entourés par un milieu; nous avons même l'impression de nous trouver en son centre. Nous contactons journellement les objets de ce milieu et nous les utilisons selon leurs possibilités. Pourtant nous ne lui sommes pas identiques; nous faisons bien plutôt face à ce monde extérieur, même si celui-ci se prolonge dans notre conscient et notre inconscient. Ainsi les faits et les images de ce monde sont à la disposition de chaque individu dont ils forment l'expérience; ils sont une des grandes sources dont se sert le rêve. L'autre source est constituée par le monde intime de notre âme, l'inconscient collectif, dans lequel notre moi plonge ses racines. Il appartient également à tous et se prolonge dans chacune des âmes individuelles. Pourtant, là non plus, nous ne faisons pas un avec ce monde; lui aussi nous fait face, même si sa richesse émerge jusque dans notre inconscient personnel, notre imagination et nos rêves et influence ainsi le moi à son insu. C'est ce monde intime et collectif à la fois qui constitue l'autre réservoir dans lequel le rêve puise son matériel merveilleux; celui-ci prendra corps dans une image archaïque nommée archétype."

"Dans ces images archaïques, comme Jung les appelle d'après une expression de Jakob Burckhardt, toutes les expériences faites par le psychisme humain depuis l'origine, sont représentées au moyen d'images: la croissance et le déclin, le bonheur, les dangers, les rencontres avec les forces de la nature, les animaux et les êtres humains. Les archétypes contiennent également les images traditionnelles et les images perdues symbolisant les rapports humains avec les puissances "d'en haut" et les puissances "d'en bas"; il s'agit là des grands symboles religieux. De tout temps, les hommes ont fait l'expérience de la lumière du jour et de l'obscurité de la nuit, et ce rythme incessant a profondément marqué l'âme. Les hommes ont fait connaissance avec les saisons riches et les saisons pauvres. Ils sont restés profondément unis au devenir de la végétation. Ils ont apprivoisé le feu, dompté les animaux pour les mettre à leur service; ils ont durant des millénaires craint l'hiver et les animaux restés sauvages. A l'intérieur de la communauté plus ou moins étendue de la famille, du clan ou de la tribu, l'homme était entouré par la vie et la mort de ses parents, par la jeunesse et la vieillesse; il éprouvait sa détermination sexuelle et son rapport de dépendance dans le couple; la maternité et la paternité étaient des formes de vie importantes et acceptées comme telles par la majorité. Le miracle de l'enfant, l'épanouissement des jeunes gens et jeunes filles comblaient les adultes de bonheur.

La communauté, mais aussi la lutte des individus et celle des grandes associations spontanées, créaient sans cesse des situations dans lesquelles un certain comportement humain typique prenait forme. Au moyen de la roue et de l'animal, la culture naissante s'étendait dans les environs; la barque et les bateaux traversaient les eaux redoutables, la voûte des ponts s'élançait sur les fleuves, tout d'abord d'une façon primitive, puis avec un art de plus en plus achevé. Des formes de vie naissaient et se conservaient à travers le temps malgré des modifications superficielles.

On pourrait multiplier les exemples, mais pas indéfiniment; car il n'existe qu'un nombre limité d'événements humains fondamentaux, tout comme l'individu qui ne fait jamais que quelques expériences typiques. Celles-ci sont condensées en archétypes qui représentent comme un produit de la distillation de tout l'existant, de ce qui a pu se produire et se produira encore. Il semble que par une répétition incessante, ces images archaïques se soient chargées d'une énergie interne au moyen de laquelle elles sont véhiculées de génération en génération.

Le nombre des archétypes est donc limité. Mais ils n'en sont pas moins de véritables centres énergétiques. Dans une petite remarque, Jung indique qu'il y a analogie entre les formes typiques de l'inconscient et la répétition morphologique ou fonctionnelle de certaines ressemblances dans le domaine de la nature. Ce sont à première vue des "formes existantes ou des normes biologiques de l'activité psychique". Le moi n'en dispose pas; elles sont dès le début données à chacun comme un héritage ancestral.
Nous nous conformons à leurs règles sans le savoir; et dans ce cas nous sommes dans le vrai. Ce n'est pas seulement le fonctionnement corporel qui s'accomplit pour la plus grande partie en dehors de notre volonté et selon des lois biologiques transmises, mais également la vie mentale; celle-ci nous est tracée depuis des temps immémoriaux et nos ne pouvons l'abandonner sans par là même occasionner des troubles. Grosso modo, nous faisons ce que l'homme a toujours fait dans le bonheur et dans la peine, à l'ouvrage ou parmi les siens et surtout lorsqu'il se trouve placé devant une décision inhabituelle. Le fondement de la vie et le comportement caractéristique de l'homme sont identiques alors même qu'ils peuvent prendre la forme la mieux appropriée à chaque individu. Ceci, soit dit en passant, nous permet de comprendre les messages laissés par les hommes d'autres époques, c'est-à-dire leur histoire, et en particulier les grandes épopées qui reflètent une activité humaine universelle.

Une comparaison encore plus adéquate, bien que ressortissant à un domaine inconnu de certains lecteurs, est celle de forces qui, obéissant à des lois précises, obligent certains liquides à prendre la forme déterminée de cristaux qui sont typiques; par exemple, l'eau qui se transforme en cristaux de neige. Il en va de même de la vie psychique qui obéit aux lois invisibles de certaines forces directrices. La psychologie essaie de les comprendre explicitement; images miraculeuses et vivantes de l'inconscient, elles nous sont présentes dans le rêve et dans la vision.

Fait significatif et particulier, ces grandes représentations apparaissent dans le rêve lorsque le rêveur se trouve devant une situation qui ne met plus seulement en jeu des intérêts privés et qui lui sont personnels.

Le rêve répond aussi aux petits événemens quotidiens, comme on a pu s'en rendre compte. Il le fait au moyen d'un rêve appelé rêve quotidien. Il n'y a donc pas à rechercher des archétypes lorsqu'il s'agit de savoir s'il faut accepter une offre d'emploi; ils ne se prononceront pas pour ou contre un départ en vacances... Mais les images archaïques afflueront avec puissance lorsque seront en cause des problèmes humains fondamentaux, lorsque le développement de la personnalité même est mis en question. Ils font leur apparition lorsqu'un plan supérieur doit être atteint ou lorsqu'une difficulté vient d'être surmontée effectivement. Ces événements internes qui doivent avoir lieu chez la plupart des individus sont alors accompagnés par ces images éternellement jeunes. Ainsi "l'enfant" a toujours symbolisé survie et possibilités futures... A toutes les époques, les mères ont prodigué affection et soins, tout en continuant à rester attachées à ce qui naît d'elles; ainsi s'est immortalisée la figure universelle de la grande "mater". De tout temps, aussi, le "guerrier" a accepté ou a dû accepter la mort, de tout temps le "vagabond" a erré au hasard des paysages ou des groupements humains. On a toujours été "jeune", on a toujours été "vieux", la misère et la peur, mais également les fruits de la vie ont existé de tout temps. On a bâti la "maison", le "feu" l'a détruite. Fleuve et mer ont toujours été des symboles de l'existence.

Tous ces symboles sont originels. Quand nous arrivons à un endroit dangereux, soit en nous-mêmes, soit au-dehors, quand notre conduite est troublée par des conflits profonds, mais aussi lorsque s'épanouissent les quelques grandes joies de l'existence, les rêves reviennent aux images archaïques, aux pensées et actions types d'une humanité qui a toujours su trouver son chemin à travers le besoin et les désastres. Nous communiquons avec son savoir millénaire qui se formule par de grands symboles plutôt que par des énoncés clairs et conformes à la raison.

L'image onirique qui se rapporte à ces contenus internes ne nous devient souvent accessible qu'avec l'aide d'un interprète ayant l'habitude de reconnaître les symboles; avec ou sans cette aide, nous entrons en contact avec l'énergie qui s'est amassée dans ces symboles. D'après un mot de Nietzsche, qui d'ailleurs ne faisait que pressentir l'existence et la profondeur de certains rapports, "par le rêve et le sommeil, nous refaisons la tâche de nos ancêtres"; nous nous alimentons aux sources de la vie, c'est-à-dire à cette expérience que des milliers de générations ont amassée et qui devient perceptible sous forme de symboles."

jeudi 30 juin 2011

La pensée symbolique

Extraits du dernier chapitre du livre "Le symbole un messager"
La pensée symbolique, de Jean Desclos

« La hantise de l’explication claire procède d’un besoin de tout définir, d’inscrire le réel dans des frontières et des systèmes préétablis. Nous aimons les notions simples, les vérités définissantes et définitives, celles qui épousent l’architecture bien réglée des horloges redonnant au même rythme, sans surprise, les mêmes heures jour après jour. Nous sommes adeptes des formules toutes faites, des réponses apaisantes. Il n’est pas si facile de consentir à l’impensé, à l’ambigu, à l’incertain, voire à l’inutile.

Or, le symbole nous entraîne dans cette direction, à bonne distance de l’hyper-rationnel et du déterminisme, vers le méta-rationnel, le monde plus insaisissable qui est à la marge du langage simple, dépassant le fait de nommer les choses telles que vues, pour exprimer les choses telles que senties, inscrivant dans le rapport au monde une intelligence seconde et plus libre, le mot intelligence référant ici à cette activité qui consiste à lire-dedans le réel, à le saisir par en dedans, à s’y glisser dans toute sa richesse singulière et dans toute sa force d’évocation de l’universel. »

« L’histoire des sociétés et des religions nous instruit de l’omniprésence du symbole dans la vie de l’humanité. Comme l’air invisible et indispensable à notre survie, le Symbole nous imprègne, nous inspire et nous fait respirer, nous enveloppe et nous définit. L’être humain est un animal symbolique, façonné par les symboles bien plus qu’il ne les façonne. Le symbole est un bien donné, transmis, hérité… Il est donné dans un héritage qui nous est commun, en humanité, et par lequel nous continuons, inlassablement, de tisser les fils d’une longue histoire … le symbole, bien enraciné dans les éléments visibles du monde et les processus de la perception des humains, peut se vanter d’être le premier instrument de la mondialisation, en tout cas celle de la culture. »

« Le symbole donne, pour ainsi dire gratuitement, spontanément, sans effort ; il est source. Il donne à penser et provoque à l’effort d’interprétation. Il est donateur de sens dans la transparence opaque de l’énigme. En ce sens, il libère la pensée en la laissant aller à la rencontre des affects, des émotions, des intuitions. »

« … seul le cadre symbolique de l’expérience humaine peut en assurer la totale vitalité et liberté. Car le symbole donne également à vivre. Il provoque à chercher le sens, à se mettre au diapason de l’Autre puisque, en sa face première, tout symbole est relation.
Et cette relation construit le sens, le symbole faisant partie d’une architecture de sens dans laquelle chacun peut entrer comme dans une maison à la fois bien construite et toujours en construction, comme si le cerveau humain réussissait à capter les éléments positifs associés au symbole, pour en tirer le maximum de messages pour son développement, pour sa sécurité affective, pour sa vie. Parce que le flou symbolique laisse place à toute interprétation, le sujet s’y investit avec toute sa charge spirituelle ou éthique, pour trouver dans le mythos un logos riche, plus riche que le seul sujet lui-même.
Comprendre que le symbole donne à penser, c’est laisser entendre qu’il renvoie à l’herméneute qui l’entend ou le perçoit pour activer en lui sa capacité de se déplacer en direction d’autre que soi. Il l’entraîne à se penser dans le symbole, à s’introduire dedans, mais aussi à se laisser bousculer par lui, comme en un mouvement dynamique. S’il donne à penser, il donne à être pleinement. Le symbole fait danser l’esprit. Autant que c’est l’esprit qui fait danser le symbole. En son profil cosmique, selon la critériologie ricœurienne, dans le symbole « la manifestation par la chose est comme la condensation d’un discours infini » (Paul Ricoeur) : le jeu symbolique se prête à une infinité de possibles et fait éclater l’éternité dans le temps, il est « pont entre le visible et l’invisible, le temporel et l’éternel. »

« Le symbole est un messager de créativité ; il m’invite à devenir le poète de ma propre vie, du rayonnement à l’infini de mon univers singulier. »

Pour lire le chapitre au complet:
http://www.saintcharlesgarnier.org/conference/09-conf-penseesymb.html

dimanche 12 juin 2011

Synchronicité ... à 100 ans d'écart

Mes grand-parents maternels, Henri-Honoré Lapointe et Marie-Anne Drouin

Est-ce qu'on peut parler de synchronicité quand deux événements sont arrivés avec exactement cent ans d'écart? Hier, je faisais du tri dans mes favoris sur Internet: cette liste qui s'allonge, s'allonge de tous les sites qui nous intéressent et sur lesquels on veut revenir... Donc, je vérifie cette liste et j'y trouve: Chroniques 9! Il s'agissait du site où ma cousine Linda a écrit les mémoires de mon grand-père, à la page où Henri (dont le vrai prénom s'est avéré être Honoré) tombe en amour avec Marie-Anne. http://plabbe.com/hl/Chroniques9.htm


Ma curiosité m'a poussée à vérifier ce qu'il avait écrit au mois de juin 1911, donc il y a cent ans. Et voilà que ça concorde tout à fait avec le dernier article sur mon blog.


MAI - JUIN 1911: "Nous ensemençons."


JUILLET 1911: "La récolte de foin s'annonce très abondante."


J'étais un peu déçue qu'il s'agisse de foin, donc de nourriture pour le bétail plutôt que de blé, par exemple. Mais ensuite, j'ai pensé à la vache "Mou-Mou" qui chantait: "Je mange beaucoup de foin." L'animal symbolise pour nous la vie instinctive, naturelle, qui chez l'humain est parfois un peu trop négligée. Alors, nourrir l'animal en moi ne peut que m'être profitable.


"Dans toutes les civilisations, la vache est le symbole de la terre nourricière, de la fertilité et de l'abondance. Cet animal herbivore possède la capacité unique de transformer des végétaux sans grande valeur alimentaire pour l'homme en un aliment très nutritif." Trouvé sur ce site:http://www.lait.org/zone2/sacree-vache/nourr.asp


Je vous invite donc à lire ou relire l'article précédent pour vous rendre compte de cette incroyable coïncidence!


Michelle

vendredi 27 mai 2011

Champ et semailles


Le 19 avril, je vois un champ rectangulaire de terre noire (ou très foncée) qui a l'air tout remué, labouré, prêt pour les semailles. Une voix dit que je sais quoi faire avec ça.

Le 20 avril, je vois l'amputation d'une jambe et j'entends: "... faut-il être semailles?"

(Il s'agit d'images et paroles hypnopompiques, c'est à dire surgies dans mon esprit dans la phase de réveil partiel qui succède au sommeil)

Je me dis qu'il reste donc beaucoup à faire, puisque ce champ n'est pas encore ensemencé! Une terre labourée, travaillée, épurée, vierge de scories. Terre prête à recevoir les semences. La nature de la terre est réceptivité. Dans le grand commentaire du Yi-King, je trouve ceci, à propos du Livre des transformations:

"En levant les yeux, on contemple, avec son aide, les signes du ciel en une pleine intelligence; en abaissant le regard, on examine les lignes de la terre, on connaît ainsi les conditions de l'obscur et du clair... L'union de la semence et de la puissance opère les choses; l'amollissement de l'âme opère le changement..."


Et à propos de K'ouen, la terre: "Le réceptif de par sa nature est repos. Au moyen du repos ce qu'il y a de plus simple est rendu possible dans l'existence spatiale. Cette simplicité qui naît d'une pure réceptivité est alors le germe de toute multiplicité spatiale."

Il faut l'union de la semence et de la puissance pour opérer les choses. Donc à la question: "Faut-il être semailles?" je réponds: oui! Mais qu'en est-il de l'amputation? Je suis restée sans réponse jusqu'à ce que je relise dans mon cahier et réalise que juste après cette image et ces paroles énigmatiques, je me suis réveillée avec dans la tête une chanson qui me vient de mon enfance. Cette chanson fait partie d'une histoire gravée sur un disque vinyle, que j'ai écoutée et ré-écoutée quand j'étais petite. Il s'agit d'un petit train appelé "Puff'n Toot". Et plus précisément, ce matin-là, c'est la chanson de la vache qui m'est revenue en mémoire: "I'm Moo-Moo the cow..." J'ai cherché sur Internet et j'ai retrouvé ce disque. Quel bonheur! http://www.youtube.com/watch?v=XYpyDolY_qc&feature=related

Puff'n Toot est un petit train qui conduit des enfants vers un camp de vacances. Il est forcé de s'arrêter soudainement, car une vache lui bloque le passage. Couchée sur la voie, elle chante: "I'm Moo-Moo the cow, I eat lots of hay". (Hum! Sans commentaire!) Dans le Yi-King, la vache symbolise la docilité, la soumission et l'humilité. Mais sa passivité est proverbiale et, bien sûr, poussée au maximum, peut se révéler un obstacle à la progression!

La vache, après avoir poussé sa chansonnette, consent à se lever de la voie ferrée pour les laisser passer. Mais voilà qu'un peu plus loin, le petit train doit s'arrêter encore, car son trajet habituel se révèle temporairement impraticable. La seule façon de poursuivre le voyage est de gravir une haute montagne... Oh la la! Puff'n Toot n'a qu'une petite locomotive pas très puissante. Par contre, elle possède un enthousiasme et une persévérance qui compensent sa faiblesse. Premier essai... manqué, on revient tout en bas. Et puis, un élan plus puissant permet enfin à la petite locomotive de franchir cet énorme obstacle, et de conduire finalement les enfants à bon port.

Durant cette étape cruciale, quand j'étais petite, je joignais mes efforts à la petite locomotive, mimant les tentatives de Puff'n Toot pour arriver à franchir cette épreuve qui paraissait insurmontable.

Le semeur est l'intermédiaire entre la terre et le ciel, et les semailles, l'ensemencement, l'action, l'effort consenti pour arriver au résultat. "Faut-il..." me fait penser à une faux... qui sert à moissonner, pas à semer, ni à mutiler! Une jambe coupée empêche d'avancer, du moins complique les choses, en ce qui a trait aux démarches, à la mobilité, à l'autonomie. Dans les commentaires rattachés à l'hexagramme de la terre, on lit ceci: "Le cheval ... symbolise la vaste étendue de la terre. Le terme de "jument" est choisi parce qu'il unit la force et l'agilité du cheval à la douceur et à la soumission de la vache." "L'homme doit posséder la force intérieure, une nature massive et vaste pour être en mesure de supporter le monde sans être influencé par lui."

Je suis le petit train courageux rempli d'enfants vibrants d'énergie, mais je suis aussi la vache couchée sur la voie qui chante un joyeux refrain, mais préfère rester immobile, passive, regarder passer les trains en mâchant du foin et jouir d'une vie tranquille et sans surprises. La peur me coupe les jambes, m'empêche d'avancer, mais je suis semailles sur ma terre remuée!

Je suis le champ de terre labouré, travaillé, depuis tellement d'années, mais le plus important reste à faire. Bien sûr, il faut être semailles, sinon la terre reste vierge... belle, prête, disponible... mais vierge! On me dit que je sais quoi faire avec ce champ, donc rien de neuf sous le soleil. La tâche requiert force et persévérance, et aussi auto-bienveillance!

Ceux qui s'aiment sèment!
Michelle

dimanche 1 mai 2011

Synchronicité - Le festin



Le 2 avril, je regarde un film: "Le labyrinthe de Pan", qui se déroule en temps de guerre. L'atmosphère y est lugubre. Durant la nuit, une fillette, Ofélia, doit remplir une mission. D'abord tracer une porte à la craie dans sa chambre, afin de créer une ouverture vers une salle sombre. Là se trouve une longue table chargée de mets de toutes sortes. Un véritable festin! Mais il est absolument défendu d'y manger quoi que ce soit. Au bout de cette table, une redoutable créature est endormie: un ogre qui, d'après les tableaux sur les murs, a trucidé des enfants pour ensuite les manger. Ofélia subtilise un objet dans un coffre: une dague. Puis elle ne peut s'empêcher de manger un raisin ... Le monstre s'éveille. Elle le voit avec horreur manger les petits êtres ailés qui l'accompagnaient. Et puis elle s'enfuit et échappe de justesse à cet être horrifiant.


Le matin du 7 avril, je lis dans les Chroniques de Narnia: L'odyssée du Passeur d'Aurore, un passage que je vous résume ici: le prince Caspian et son équipage sont partis à l'aventure sur un navire appellé le "Passeur d'aurore" dans le but de retrouver sept explorateurs qui ne sont jamais revenus de leur voyage vers le Bout-du-Monde. Lucy, Edmund et leur cousin Eustache se sont joints à eux en cours de route (il serait trop long de vous raconter les détails). Toujours est-il qu'un jour ils abordent une île, là où commence le Bout-du-Monde. Et sur cette île, au milieu d'anciennes ruines à ciel ouvert, ils trouvent une longue table chargée de mets de toutes sortes. Au bout de cette table, trois curieux personnages endormis depuis fort longtemps, puisque leurs cheveux et leurs barbes "avaient peu à peu recouvert la table, grimpant et s'enroulant autour des assiettes et des hanaps ... avant de déborder et de descendre jusqu'au sol, emmêlés jusqu'à ne plus former qu'une énorme tignasse." De toute évidence, un sort leur avait été jeté. Il s'agissait des trois derniers explorateurs qu'il leur restait à trouver.


Juste avant l'aurore, deux nouvelles personnes sont arrivées. D'abord, une femme très belle qui leur assura qu'ils pouvaient manger sans crainte, que les mets sur la table n'étaient pas la cause de l'endormissement de ces messieurs. Alors ils ont bu et mangé à belles dents, jusqu'à satiété. Après, le père de cette femme s'est avancé vers eux, brillant d'une lumière intérieure (Il avait été une étoile, jadis). Quand le soleil enfin a dardé ses premiers rayons, nos amis ont eu droit à un spectacle magnifique. Des milliers d'oiseaux blancs ont volé vers eux, chantant dans une langue inconnue, envahissant toute la table et la dépouillant de tous les restes de ce somptueux repas. Tous les soirs, un festin apparaissait sur cette table, qui s'est avérée être la table d'Aslan, mise à la disposition de tous les visiteurs qui se rendaient aussi loin, à l'orée du Bout-du-Monde. Et tous les matins, les oiseaux blancs nettoyaient la nappe de tout résidu.


Sur la table se trouvait un étrange objet, qui faisait contraste avec tout le reste. Une épée: celle-là même qui avait tué Aslan (l'équivalent de la lance qui a percé le flanc du Christ, puisque Aslan est une allégorie du Christ). Cette épée était responsable du sommeil magique des trois personnages. La seule façon de les délivrer de ce mauvais sort était de se rendre vers l'Est aussi loin que possible, au Bout-du-Monde, et d'y laisser un des membres de l'équipage, un volontaire pour se rendre au-delà, vers le pays d'Aslan.


Cette synchronicité m'a impressionnée à cause des similitudes entre ces deux événements, situés dans des contextes diamétralement opposés. Et aussi bien sûr parce que la nourriture, réelle ou symbolique, a toujours été pour moi quelque chose d'important: un refuge, un réconfort, un dilemme aussi.


Cette même journée du 7 avril, en ouvrant ma boîte de courriels, j'ai trouvé comme tous les matins un message du site Expressio.fr. L'expression du jour était "A bouche que veux-tu". De plus, quelques jours plus tard, en repensant à tout ça, j'ai eu cette image mentale: un chaudron noir est tombé par terre bruyamment, et quand on l'a ramassé, il était devenu tout doré. Opération transformation! C'est la grâce que je me souhaite!


Michelle
1er mai 2011